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Marina Foïs dans « Les Idoles » : « Le spectacle montre que le sida était une maladie politique »

[PREMIUM] Dix ans après le film "Non ma fille, tu n’iras pas danser", la comédienne retrouve Christophe Honoré pour une pièce sur des auteurs (et un réalisateur) morts du sida. Dans "Les Idoles", l’ex-Robin des bois se glisse dans la peau de l’écrivain homosexuel Hervé Guibert, un rôle surprenant et difficile. Du sur-mesure, pour celle qui passe du rire au drame, du cinéma au théâtre, avec une experte facilité.

Comment joue-t-on un homme quand on est une femme ?

C’est le fantasme de beaucoup d’actrices. Peut-être pour qu’il ne soit jamais question de nos attributs... Et c’était un peu le mien aussi. Il y a plein de moments dans la vie où j’aimerais être un homme. Pas pour le registre sexuel, ne vous en déplaise. Si j’étais un homme, je m’habillerais très bien. Dans le spectacle de Christophe Honoré, il n’est pas du tout question de faire un biopic. Donc on s’en fout que des femmes jouent des hommes. En relisant Guibert et À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, je me suis trouvé des points communs avec lui. Ce qui me touche, c’est le paradoxe entre la violence des sentiments qui l’animent et le fait que ça soit un grand sentimental. C’est un amoureux. Il y a chez lui une douceur dont il essaie de se défaire tout le temps. Comme lorsqu’il décrit l’agonie de Michel Foucault en disant: "Je pris longuement sa main…" Dans la bouche d’un autre, ce serait mièvre. Dans la sienne, comme ça vient entre deux descriptions de chiasse et de trou dans la colonne vertébrale, c’est bouleversant....


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