« Daho par Daho »: Etienne Daho se raconte dans un documentaire inédit

Dans un documentaire lumineux diffusé ce soir sur France 3, le chanteur Etienne Daho revient sur les grandes étapes de sa vie et de sa carrière. Un exercice difficile pour un artiste par essence extrêmement pudique.

C’est une de nos trop rares figures pop. Anomalie envoûtante dans un pays, la France, qui bande plutôt pour la variété. Etienne Daho, d’habitude si pudique, se fait violence et accepte de regarder dans le rétroviseur à l’occasion d’un documentaire télé. 40 années de carrière, d’un premier disque accueilli fraîchement (« Mythomane », paru en 1981) au succès de son dernier album « Blitz », ça se célèbre.

Un vrai-faux autoportrait en fait signé par un journaliste qui le connait par coeur, Christophe Conte. En confiance avec l’ex-critique du magazine Les Inrockuptibles, Etienne se livre un peu. Et se laisse même aller à quelques confidences.

Rumeur folle

De son enfance en Algérie à sa jeunesse rennaise en passant par son refuge londonien (où il a écrit ses deux derniers albums), de son histoire familiale complexe (mais ne le sont-elles pas toutes ?) à son rapport difficile au succès, Etienne nous promène dans ses vies et ses multiples résurrections. Il revient notamment sur cet épisode étrange dans les années 90, où une rumeur folle et dégueulasse le disait mort (ou mourant) du sida.

Entre les images d’archives et les confessions face caméra (dirigée par le réalisateur Sylvain Bergère), on cerne un peu mieux le personnage et l’énergie folle qu’il a fallu au chanteur pour ne pas rester « le jeune homme sautillant avec un perroquet sur l’épaule » qu’il était à ses débuts. En ombres chinoises, on voit également passer ses idoles (qui sont aussi les nôtres) qui ont quasiment toutes fini par chanter avec lui : de Dani à Françoise Hardy, en passant par Dutronc, Jeanne Moreau et bien sûr Jacno.

Documentaire au fusain

Si on en sait un peu plus de l’artiste, qu’apprend-on de la vie de l’homme ? Peu de choses. A 63 ans, Etienne reste encore blotti dans cette pudeur qui le définit si bien et lui confère cette aura de mystère qui fait son charme.

S’il évoque sa passion avec Elli Medeiros, il ne s’étend jamais sur ses autres amours. Définitivement, c’est dans sa musique qu’il faudra chercher ces clés de sa vie intime (« Etait-ce une quille ou un glaçon va savoir ? » chantait-il sur « Des Attractions Désastres », comprenne qui pourra). Même si avouons-le, reprendre avec Jeanne Morceau l’intégralité du poème de Jean Genet « Le Condamné à Mort » et ses vers aussi salaces que sublimes (« Il naîtra de son corps d’étonnantes splendeurs, Du foutre parfumé de sa queue adorable ») relevait d’une certaine forme de bravoure.

Un beau documentaire au fusain, donc. L’occasion de coincer un peu notre bulle dans sa bulle, avant de retrouver le chanteur sur scène en fin d’année, où il redonnera vie en live à son album « Eden », chef-d’oeuvre dance pourtant éreinté par la critique à sa sortie en 1996.

« Daho par Daho », diffusé ce Vendredi 22 avril, à 23 h 05 sur France 3.

Crédit image : Sylvain Bergère/No one

Puisque vous êtes ici… Nous avons une petite faveur à vous demander.

Vous êtes de plus en plus nombreux à lire TÊTU et nous en sommes très fier.e.s. Mais vous le savez sûrement, faire du bon journalisme, un journalisme LGBT différent, honnête, de qualité, et critique coûte de l’argent.Et contrairement à la majorité des médias, TÊTU n’appartient pas à un grand groupe de presse. TÊTU est un média indépendant. Si vous aimez ce que vous trouvez dans nos pages. Si vous pensez qu’un média LGBT+ doit exister en France. Si vous êtes exigeant et voulez découvrir des contenus plus ambitieux. Aidez-nous à faire un bon média.

Abonnez-vous à TÊTU à partir de 5,90€/mois. Merci !


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail