Coronavirus : « Il faut éviter tout contact sexuel dans les mois qui viennent »

Malgré les mesures de confinement prises par les autorités pour contrer le coronavirus, les applis de rencontres gays continuent d’être fréquentées. Le docteur Daniel Gosset, du 190, explique pourquoi il faut éviter tout contact sexuel.

Samedi 14 mars au soir, le Premier ministre Edouard Philippe a employé l’expression « distanciation sociale » pour venir à bout du Covid-19, dit coronavirus, après avoir consulté les autorités médicales. « Je ne vous dis pas que c’est un joli terme, a-t-il poursuivi. Je sais que c’est un concept qui nous rebute, nous, Français, parce que nous sommes un peuple qui aime se rassembler, un peuple joyeux, heureux de vivre ensemble, peut-être même encore un peu plus quand la peur commence à gagner les esprits. »

Un message qui passe difficilement, comme l’ont démontré ce week-end les images de Parisiens agglutinés au parc des Buttes-Chaumont ou au marché d’Aligre. Et les applications de rencontres gays ne font pas exception, et ce weekend encore, certains organisaient encore des « touzes« …

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Manque d’information ou déni de la réalité ? Au centre de santé sexuelle parisien Le 190, spécialisé dans la prise en charge des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), on est en pleine « cellule de crise » pour continuer de soigner malgré la pandémie. Le docteur Daniel Gosset, médecin généraliste qui exerce au 190 depuis son ouverture en 2010, a tout de même accepté de répondre à nos questions.

Avez-vous reçu beaucoup d’appels concernant la possibilité d’avoir des relations sexuelles pendant la pandémie ?

Pour l’instant, nous avons pas encore eu trop de demandes en ce sens. On l’a dit au téléphone aux personnes qui nous l’ont demandé. À l’heure actuelle, les recommandations sont d’éviter tout contact sexuel dans les semaines voire mois qui viennent, éviter les sites et les applications de rencontres.

De nombreuses personnes continuent d’aller sur les applications de rencontres. Comment l’expliquer ?

Peut-être que les gens y vont pour regarder ce qui se passe, fantasmer, dialoguer. Ce n’est pas toujours suivi d’effet. Est-ce qu’ils sont toujours en recherche ? Entre la semaine dernière et cette semaine, je pense que les utilisateurs vont adopter un comportement plus « responsable ».

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Il faut dire que le message du gouvernement n’était pas très clair jusqu’à samedi soir. S’il y a un confinement total, de toute façon, les rencontres vont devenir de plus en plus compliquées. En résumé, on peut expliquer la situation par un déni général et un manque de clarté dans le message.

Quels conseils donneriez-vous pour supporter l’abstinence sexuelle pendant la pandémie de coronavirus ?

On peut conseiller aux gens d’avoir des relations sexuelles à distance. Peut-être que ça peut remettre au goût du jour les parties de branlette comme ça l’a fait avec le VIH (référence directe aux « jerk off parties », ces séances de masturbation collectives organisées entre hommes gays durant crise du sida, avant l’apparition de traitements efficaces, pour éviter tout rapport de pénétration, ndlr), mais ça risque de devenir compliqué. Pourquoi pas pratiquer du sexe par webcam interposée ou par téléphone ?

Ce qui va poser problème, c’est pour les gens qui présentent une addiction au chemsex. Pour ceux qui n’en ont pas, il faut arrêter les applications, ou en tout cas les rencontres, tous les contacts sexuels, le plus possible. C’est le message à faire passer.

 

Crédit photo : Pexels


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