5 courts-métrages queers à voir sur MyFrenchFilmFestival

Jusqu’au 27 avril, MyFrenchFilmFestival.com vous propose de découvrir ou redécouvrir plus de soixante-dix court-métrages français gratuitement. Une aubaine pendant le confinement. Focus sur cinq très beaux courts LGBT+ du jeune cinéma français.

Cela fait 10 ans que le premier festival en ligne de cinéma francophone MyFrenchFilmFestival.com dévoile chaque année (de janvier à février) une programmation riche et diverse du jeune cinéma français. Confinement oblige, depuis le 27 mars et pour une durée d’un mois, la plateforme propose gratuitement et dans le monde entier (les films sont sous-titrés dans plus de 10 langues) la STAY HOME édition : une sélection des meilleurs courts-métrages qui ont constitué les dix dernières éditions de la manifestation. A travers 6 thématiques proposées aux cyber-festivaliers : Family Affair, Love and Feelings, Portraits of Women, Teen Spirit, What’s Going On? et Kids Corner, nous avons repéré cinq très beaux films qui nourrissent les représentations LGBT+ du cinéma français.

 

1992 d’Anthony Doncque (2016)

1992 © 10:15 Productions / Shortcuts

Martin a 17 ans. Il vit seul avec son père qui travaille de nuit. Plutôt introverti, il occupe son temps libre à filmer son quotidien avec sa caméra HI8. Un jour, il rencontre Dominique, 23 ans, le nouveau pion de son lycée. Dans ce très doux coming(out) of age film, le réalisateur Anthony Doncque mêle ses archives personnelles filmées à ses 17 ans, (en 1992 !) aux images mises en scène en 2016. Entre journal filmé et autofiction, 1992 accompagne les premiers instants de chair d’un jeune homme solitaire et rêveur. Entre images volées de basketteurs transpirant et premiers baisers devant Step by Step des New Kids le réalisateur décrit tout en pudeur son initiation sentimentale ainsi qu’une relation père/fils aussi bienveillante que compliquée.

 

Ceci n’est pas un film de cowboys de Benjamin Parent (2012)

Le Secret de Brokeback Mountain est diffusé à la télévision. Le lendemain, le western homoérotique anime les discussions de quatre collégiens. D’un côté, Vincent (Finnegan Oldfield) fait part de son bouleversement à son meilleur ami Moussa, tous deux aux urinoirs ; de l’autre, Jessica en profite pour poser de nombreuses et maladroites questions à Nadia (Garance Marillier), dont le père est homosexuel. Le film de Benjamin Parent parle d’amour, de tendresse, d’homosexualité et d’homophobie grâce à un habile montage parallèle des deux discussions. Sélectionné à la Semaine de la critique, il remporte à Cannes la Queer Palm en 2012. Programmé au Festival du film d’éducation des Pays de la Loire en 2014, il reçoit les foudres de la Manif pour Tous qui demande son retrait de la programmation. Le film a été maintenu et a fait salle comble. Love wins !

 

Le Repas dominical de Céline Devaux (2015)

Le Repas dominical © Sacrebleu Productions

Dimanche. Jean prolonge son weekend d’ivresse ininterrompu en rejoignant sa famille pour le déjeuner. Un instant banal, parfois tendre et aussi pénible, surtout quand chacun devient sa propre caricature. Et puis Jean est pédé, ce n’est pas nouveau, ils le savent tous, et pourtant, chacun se démène par tous les moyens pour lui prouver que non, non, ils n’ont aucun problème avec son homosexualité. Céline Devaux a mis en image cette situation grotesque grâce à son coup de crayon acéré et une animation ingénieuse et comique. Les solutions graphiques de la réalisatrice permettent de traduire au plus juste l’intensité de ce repas dans son amour et sa violence, ainsi que les émotions de Jean, son ivresse et sa lassitude. Vincent Macaigne prête sa voix pour la narration, le tout sublimé par la bande originale signée Flavien Berger. Le film est célébré par le César du Meilleur Court-métrage d’Animation en 2016.

 

La Traction des pôles de Marine Levéel (2018)

Mickaël est éleveur de porcs dans le Grand-Est. Un de ses cochons s’est échappé, il doit le retrouver. C’est aussi l’histoire d’un jeune homme isolé qui manque de tendresse. Dans d’immenses champs de colza, il chevauche son quad et part à la rencontre de mecs trouvés sur des applis, jusqu’au jour où Paul refait surface. Marine Levéel brosse le portrait délicat d’un jeune agriculteur homosexuel, en prise avec ses problématiques professionnelles telles que la conversion à l’agriculture biologique ou encore le recours à la technologie pour sa culture. Avec une palette de couleurs magnifique elle dessine l’environnement social d’un jeune homme qui tente de trouver sa place.

 

Un homme mon fils de Florent Gouëlou (2017)

Un homme mon fils © La Fémis

Fred est projectionniste. Il doit se rendre dans le Cotentin pour projeter un documentaire que présente sa sœur. Sauf que c’est un film en argentique et qu’il aurait bien besoin d’être aidé. C’est l’occasion de renouer joyeusement avec son père – lui aussi projectionniste et davantage sensible aux bobines de film. Un homme mon fils est un road-trip père-fils où sur la route, le gap générationnel amuse autant les spectateurs qu’il agace ses personnages. C’est aussi le récit tendre d’un jeune homme qui est enfin prêt à s’ouvrir davantage à son père, à l’inclure notamment – et un peu malgré lui pour commencer – dans son environnement drag. Le film de fin d’études de cet alumni de la Fémis brille autant par son rythme et ses dialogues au cordeau que par la justesse de ses acteurs et le soin apporté à la photographie.

Ces cinq films sont à retrouver gratuitement sur https://www.myfrenchfilmfestival.com jusqu’au 27 avril 2020.


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