Joesef, le jeune chanteur bisexuel qui va conquérir le monde

Avec ses chansons d’amour pleines de bière et de larmes, ce jeune Écossais ouvertement bisexuel va faire parler de lui.

Vous l'avez peut-être découvert ce weekend, puisqu'il a chanté plusieurs chansons à notre évènement Fier.e.s et TÊTU. C’est un joli lad au nez percé et à l’accent écossais à couper à la hache. C’est bien simple, durant les premières minutes de notre entretien, on ne capte qu’un mot sur deux. Joesef, c’est la nouvelle sensation pop venue d’Écosse. Son label y croit à mort. La BBC aussi. Une voix soul et androgyne posée sur des guitares jazzy et des rythmiques électros, telle est la formule gagnante d’un premier EP au charme immédiat et magnétique. Comme si Amy Winehouse avait croisé A Tribe Called Quest un soir de cuite : “Ma mère écoutait de la bonne musique : Al Green, The Mamas and Papas, Carole King, Chet Baker... De la soul, du jazz... J’ai tout abordé, explique-t-il. Et puis je suis de Glasgow. Il y a une forte culture dance dans cette ville. Les garçons indés vont au concert, les autres vont danser en club. Moi j’aime les deux.

Sur “Loverboy”, l’un de ses titres les plus efficaces, l’Écossais raconte ses séances de drague sous influence, plu- tôt foireuses : “Cette chanson parle d’être complètement bourré, mais de tenter de masquer la chose. Et d’essayer de cacher ta peine de cœur avec des substances. Ça parle de la première fois que j’ai rencontré mon ex.” Un autre garçon. Car Joesef ne fait aucun secret de sa bisexualité.

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Bi et fier

Dans ses love songs, si l’amour entre garçons n’est pas vraiment le sujet central, il n’est jamais dissimulé. “Mon truc, c’est de raconter des petites histoires à partir de choses qui me sont arrivées. Je ne parle que de ça sur cet EP, souligne-t-il. Je suis bi. Je ne vais pas le cacher.” Personne ne lui a conseillé de transformer les “il” en “elle” ? “Ce serait comme mentir. Ce serait malhonnête. Et les artistes malhonnêtes, je n’aime pas leur musique”, répond Joesef.

Plus loin, sur “Kerosene”, il raconte sa toute première fois : “C’était il y a deux ans. C’était la première fois que j’embrassais un mec. Pendant six mois, on s’est vus, mais en secret. Sans en parler à mes potes. Pourtant, on était toujours collés l’un à l’autre. C’était « mon ami spécial ». On est restés presque deux ans ensemble.”

"La meilleure pop est gay"

Le coming out de Joesef s’est plutôt bien passé auprès de son entourage. “Ma mère s’est montrée plutôt ouverte. Mon frère aussi. J’ai de la chance d’être entouré de gens bien. Glasgow est une ville très progressiste. Bon. On a notre lot de trous du cul... Mais c’est une ville cool pour être gay, lesbienne, bi... tout sauf hétéro en fait !” s’amuse-t-il. Le chanteur est assez fier d’être un membre de la communauté LGBT+. “Je crois que la meilleure pop a toujours été produite par des gays. La disco et la dance sont nées dans les clubs gays”, lance-t-il.

Les bluettes bien troussées de son premier mini-album, Play me Something Nice, le chanteur les a toutes écrites dans sa chambre d’ado. “Je suis une popstar de chambre”, s’amuse-t-il. Six fragments de la vie amoureuse d’un jeune bi, jusqu’à la rupture, douloureuse mais inévitable, raconté sur “Limbo”. “Cette chanson parle de quand tu te sépares de quelqu’un, mais que tu continues à baiser et à passer du temps avec lui, à lui parler, explique-t-il. Ça m’est arrivé, et j’ai cru que j’allais devenir dingue. On s’aimait encore, mais on n’avait plus le droit au label couple. Ça m’a niqué la tête. La chanson raconte ça. Cette zone grise entre la rupture et le moment où on laisse la personne vraiment partir.”

Retrouvez le titre de Joesef «Thinking of You » cover de Sister Sledge pour la PRIDE Spotify


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