Culture

Rencontre avec Nicola Lecourt Mansion, la créatrice trans et militante dont la mode avait besoin

Credit image : Edouard Richard

En pleine fashion week de Paris, TÊTU a pu rencontrer la créatrice qui nous parle à coeur ouvert de sa vision de la mode et du monde.

Les créations de Nicola Lecourt Mansion ne sont ni féminines, ni masculines, ni vraiment genderless. Chacun et chacune est libre d’y piocher ce qui lui plait, quelle que soit son identité. Comme Coco Chanel avant elle, Nicola redonne au vêtement une importance politique et culturelle. Ses créations sont des outils pour questionner les normes sociales et apprendre à se réapproprier son corps.

Lancée en 2018, avant la transition de la designer, la marque Nicolas Lecourt Mansion continue d’exister avec un « s » à son prénom. Mais dans la vie, la jeune créatrice a lâché cette dernière consonne. 

Sa maîtrise technique et son style incomparable, à la fois pop, couture et sophistiqué, lui valent désormais d’être reconnue par le milieu de la mode et de collaborer avec les plus grands et les plus grandes. Lady Gaga, Kendall Jenner ou encore son amie Christine and The Queens s’affichent fièrement dans ses tenues. Récemment, c’est Jean Paul Gaultier qui a fait appel à elle, cette fois pour jouer les modèles pour illustrer sa dernière campagne digitale pour le parfum Le Mâle. Bref, à 27 ans, la jeune femme s’apprête à dévorer le monde !

Elle souhaite à présent mettre sa créativité et sa notoriété au service de celles et ceux que la mode invisibilise. Rencontre avec une créatrice audacieuse et visionnaire prête à normaliser l’inclusivité et rendre la mode plus militante et flamboyante !

Comment décris-tu ta démarche créative ? 

Nicola Lecourt Mansion: Avant tout, je fais des choses que j’aime et que je pourrais porter. Je considère qu’on n’est jamais aussi beau ou belle que quand on se sent bien dans un vêtement et j’essaye donc de créer des pièces qui véhiculent une énergie, qui font que les gens se sentent à l’aise. En ce moment, je produis principalement des robes de tapis rouges et des tenues très scéniques. L’evening wear procure une liberté conceptuelle et créative qui me plaît et qui est littéralement au cœur de mon projet artistique. Il me permet aussi de travailler très souvent à la commande et donc de construire chaque pièce directement sur le corps qui la portera. 

Places-tu volontairement l’inclusivité ou l’éthique au centre de ta création ? 

Bien sûr, je ne peux pas faire un vêtement en négligeant mes idéaux. En ce sens, ma mode est effectivement éthique, mais j’ai avant tout envie d’être une créatrice normale, sans étiquette particulière. Dans les faits, ma démarche est inclusive, mais je refuse d’en faire un cheval de bataille. Au fond, ça reviendrait à rendre remarquable ou original le fait d’être inclusive lorsque ca devrait seulement être normal. Je suis mal à l’aise avec les maisons qui ressentent le besoin de crier leur inclusivité sur tous les toits dès qu’elles collaborent avec une personne transgenre, une personne de couleur ou une personne plus agée que la moyenne des mannequins de mode…

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