Culture

On a parlé racisme, « Drag Race » et astrologie avec Naomi Smalls

Crédit photo : Naomi Smalls (Instagram)

Plus qu’un joli visage perché sur une paire de jambes interminables, la drag-queen veut prouver qu’elle a des choses à dire. TÊTU a décidé de prendre de ses nouvelles.

Impossible n’est pas Naomi Smalls. Confinée ou non, la drag-queen ne laissera rien ni personne brider sa créativité. En témoigne The Smalls World Show 2.0, un trip cosmique à la fois ahurissant et intimiste où elle laisse entrevoir ses fêlures. Ou plutôt celles de Davis Heppenstall, son nom à la ville lorsqu’elle délaisse contouring et stilettos. Révélée dans la huitième saison de RuPaul’s Drag Race alors qu’elle venait tout juste d’avoir la majorité, Naomi a fait du chemin. Et ce n’est que le début.

Bien qu’un océan et des milliers de kilomètres nous séparent, TÊTU a pris l’initiative de contacter la drag-queen afin de faire le bilan. Sur l’avenir du drag à l’ère du coronavirus. Sur les attaques racistes dont elle a été victime. Mais aussi sur son penchant pour les hommes hétéros – elle y travaille, promis. Rencontre.

"Je pense qu’en tant qu’introvertie et en tant que Vierge, je suis habituée à être seule, d’autant plus en quarantaine. La seule personne à qui je parle dans l’espace, c’est Siri."

Todd Diederich

Dans The Smalls World Show 2.0, tu voyages loin dans l’espace pour t’éloigner de tout ce qui se passe sur Terre. Comment as-tu été impactée par la pandémie, que ce soit sur le plan artistique ou personnel ?

Je pense que 2020 a été comme une remise à zéro pour beaucoup de gens. Avec le confinement, c’est tellement inhabituel d’avoir autant de temps dans un seul et même endroit. Il y a tout un tas de changements en ce moment et tout ce qu’on doit faire, c’est s’asseoir et se focaliser sur ça. C’est parfois éprouvant. Même si je m’envole métaphoriquement dans l’espace, je me suis dit que c’était pertinent de parler de sujets plus politiques auxquels on ne peut pas échapper. Cette escapade spatiale était sympa, mais au bout du compte, on doit faire face à 2020 car nos problèmes ne vont pas s’évaporer comme par magie.

Qu’est-ce que t’inspire dans la notion d’espace ?

Je suis une grand fan de Prometheus, de Star Wars… Je conçois l’espace de la même manière que les fonds marins. C’est des mondes à part entière dont on ne sait pas grand-chose et qui ne demandent qu’à être explorés. Tu peux t’en faire l’idée que tu veux. Je pense qu’en tant qu’introvertie et en tant que Vierge, je suis habituée à être seule, d’autant plus en quarantaine. La seule personne à qui je parle dans l’espace, c’est Siri. C’est plutôt drôle à quel point je parle à Siri alors que je suis célibataire et que j’habite seule [rires].

A la fin de ton show, tu retournes pourtant sur Terre… The Smalls World Show 2.0 n’était qu’une escapade pour t’aérer l’esprit ?

À chaque fois que je planche sur un projet qui est un peu plus centré sur mon propre drag, ça m’aide à comprendre certaines choses. Quand je retourne sur Terre à l’issue du show, je me sens changée. Chacun gère ses problèmes à sa manière. J’ai la chance de pouvoir enfiler une perruque, des talons et une combinaison spatiale afin de saisir ce qui est important dans la vie [rires].

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