Première interview de Donald Trump, quel bilan pour les LGBT ?
Actualité

Première interview de Donald Trump, quel bilan pour les LGBT ?


Alors que Donald Trump clarifie ses positions concernant le droit à l’avortement et le mariage pour tous, les violences homophobes et transphobes se multiplient outre-Atlantique…

« Voici ce qui va se passer. Je suis pro-vie et les juges seront pro-vie » a déclaré hier le 45ème président des Etat-Unis, devant les caméras de la chaîne CBS.

Revenir sur le droit à l’avortement

Invité pour sa première interview politique depuis sa victoire aux élections américaines, Donald Trump a confirmé sa volonté d’abroger la décision de la Cour suprême qui rendit l’avortement légal dans tout le pays en 1973. Le milliardaire doit en effet nommer un siège de la Cour suprême vacant depuis le mois de février et devra, au cours de son mandat, procéder à d’autres nominations en cas de décès ou départ à la retraite d’autres juges.

Or la plus haute juridiction américaine possède un rôle déterminant sur les questions de société et avait régulièrement défendu le droit à l’avortement ces dernières années, notamment en invalidant des mesures restrictives dans plusieurs Etats du sud. Parmi elles, celles imposées par Mike Pence dans l’Etat de l’Indiana. Le colistier de Trump et désormais vice-président américain avait tenté d’interdire l’avortement motivé par une anomalie génétique, et d’obliger familles et hôpitaux à enterrer ou incinérer les fœtus avortés.

Si la Cour suprême fait toutefois échouer sa réforme, Donald Trump a infirmé qu’il reviendra à chaque Etat de légiférer sur la question, quitte à ce que « certaines femmes doivent changer d’Etat » pour avorter.

« Le mariage gay, ça me convient »

Néanmoins, le milliardaire ne s’oppose plus une autre décision prise par la Cour suprême en juin 2015. Alors qu’en février dernier il maintenait qu’il allait « fortement considérer » une abrogation du mariage pour tous aux Etats-Unis, Donald Trump a statué hier  ; il ne reviendra pas sur cette avancée :

C’est sans importance parce que c’est déjà réglé. C’est la loi. (…) Et cela me convient.

S’il a refusé son salaire présidentiel et confirmé sa volonté d’expulser trois millions de clandestin comme de fortifier la frontière avec le Mexique, Donald Trump ne s’est en revanche pas prononcé sur le First Amendment Defense Act (FADA) qu’il soutient de longue date et qui légaliserait, à l’échelle fédérale, la discrimination des personnes LGBT sur la base de la « liberté religieuse ». Pas non plus de précisions sur les droits des personnes trans et l’utilisation des toilettes publiques qui agite les Etats-Unis depuis plusieurs mois.

Pendant ce temps-là, les hotlines LGBT explosent

Selon le journaliste Zach Stafford citant un groupe de soutien privé, au moins huit jeunes trans se seraient suicidés suite à la victoire de Donald Trump.

Bien que ce dernier ait depuis revu ses chiffres à la baisse – entre deux et huit cas confirmé -, d’autres sources corroborent cette montée de l’inquiétude dans les milieux queer. Deux permanences téléphoniques à destination des personnes LGBT en détresse, le Trevor Project et le Crisis Text Line, ont ainsi enregistré une explosion des appels à l’aide depuis l’élection du Républicain. Même constat chez Trans Lifeline, qui a reçu plus de 400 appels la seule nuit du 8 novembre. Parmi les inquiétudes les plus courantes, l’accès aux soins, la possibilité de pouvoir changer ses papiers d’identité, et la peur d’être envoyé en camps, Mike Pence étant un fervent défenseur des « thérapies de conversion ».

Plusieurs faits de violence lors de l’Election Night

Les médias américains relèvent aussi d’autres incidents la nuit de l’élection présidentielle américaine. Un drapeau arc-en-ciel brûlé à Rochester, un couple d’hommes recevant un « Trump est notre président maintenant alors dégagez du voisinage maintenant les p*dés ! » sur une feuille de papier devant leur porte en Virginie, un message de menace anonyme déposé sur le pare-brise d’une voiture à New York. Et même l’agression sanglante d’un jeune homo par des supporters de Donald Trump hurlant « On a un nouveau président sale p*dé » le soir de l’élection, dans les rues de Santa Monica.

A l’annonce de la victoire de Donald Trump, plusieurs militants craignent ainsi une explosion des crimes de haine contre les minorités, comme ce fut le cas après le Brexit. En effet, suite au référendum outre-Manche, une étude Galop chiffrait l’augmentation des agressions homophobes à 147%.

Au sein des nombreuses manifestations anti-Trump qui rythment les Etats-Unis depuis près d’une semaine, on remarque de nombreux drapeaux rainbow et d’affiches féministes.

Pour en savoir plus :





Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter

 

Crédit photo CBS

  • Philippe Pérot

    Avec la clique homophobe qui accompagne Trump, on peut s’attendre au pire…

  • Denis

    Trump a dans ses rangs Sarah Palin, une vrai cinglée. L’avenir des minorités ne sera pas rose, c’est clair.

  • Julien Tirot

    arretez de delirer, vous croyez donc vivre ici dans un pays de reve a ce sujet ? qui sont les principaux agresseurs homophobes de ce pays, ceux issus de l immigration depuis 40 ans et ça continue d arriver, voila le vrai danger

    • Philippe Pérot

      L’homophobie se retrouve dans tous les secteurs de la société et doit pareillement être combattue d’où qu’elle vienne. Il y en a beaucoup dans les banlieues, oui, mais pas que.

  • Ozelian .

    8 jeunes transsexuels se sont suicidés… C’est pas la faute de Trump, mais celle du militantisme exalté de nos propres associations, qui ont hurlé à la fin des LGBT sans avoir de preuve. Ce ton accusatoire et catastrophiste des médias, ce parti-pris pour un seul camp sans autre argument qu’un passé fantasmé… ça ne peut qu’entraîner le chaos. Venant de ces gens qui donnent sans vergogne des leçons de modération comportementale, ce n’est pas sérieux.

    • le vicomte

      Ces jeunes (américains, donc rien à voir avec les associations ou médias français) ne se sont pas suicidés sans réfléchir juste en écoutant des médias, c’est une décision réfléchie. Malheureusement, je comprends ces jeunes qui préfèrent ne plus vivre plutôt que de vivre dans un monde où le vice président de leur pays est Mike Pence, qui mène dans son état une politique clairement et ouvertement homophobe depuis des années, comme en France, si (malheureusement) Marine le Pen arrive au pouvoir avec pour principal associé quelqu’un d’aussi homophobe que Pence, il y aura des morts, de désespoir et de chagrin, mais aussi de peur pour le futur. Alors si, Trump est responsable d’avoir nommé Mike Pence pour être le futur vice-président, il est responsable de la mort de ces gens.

      • Ozelian .

        Ton positionnement est presque une apologie de la démission et du suicide. Soit ces gens se sont tués, affaiblis par une poussée de peur irréfléchie et injustifiée, que les associations et médias beuglant à la fin du monde ont provoquée… soit ils ont réfléchi négativement. Auquel cas leur réflexion, n’amenant que mort et exemple de mort, est stérile.

        Se suicider c’est nier la beauté de la vie. Un rayon de soleil sur une fleur en été, suffit à notre bonheur. J’aurais signé pour vivre ne serait-ce qu’une minute… les animaux, les paysages écrasants, l’univers grandiose, ne surpassent-ils pas notre orientation sexuelle ? Que vaut le sexe dans une vie d’homme ou de femme ? Rien. On le pratique facilement ; on s’en lasse aussitôt. Que représente notre sexualité, comparée à une vie d’émotions, une vie d’engagement pour les autres ou pour la nature ? Notre vie est un roman qu’on écrit chaque jour. Notre orientation sexuelle, ne représente qu’1% de ce roman, de ce qui fait une personne, un trajet, un parcours… car on est une personne avant d’être un sexe, en Europe du moins. La nomination d’un clampin homophobe, ne peut pas tuer ces gens. Une éducation bâclée les a tués. Dans ma famille on ne se suicide pas. On apprend à se vaincre. Ne pas être fataliste, aimer la vie s’apprend en effet : une émotion négative se combat par le travail et la productivité, qui renforcent l’ego. C’est applicable à tout âge. C’est austère, certes, on est loin du romantisme… Mais ça marche.

        • le vicomte

          Bien d’accord avec vous sur la beauté de la vie et sur le fait qu’on est une personne avant d’être une orientation sexuelle, malheureusement, tout le monde ne pense pas comme vous, je vous demande juste de comprendre la détresse des jeunes LGBT dont je fait partie, si il n’y avait pas de problème, il n’y aurait pas plus de 600 000 tentatives de suicides par an chez les jeunes LGBT (selon libération). Vivre dans un monde où les gens vous haïssent pour ce que vous êtes ce n’est pas vivre, supporter le regard des gens… Vous savez, vous comme moi, on s’accroche à la vie et on en voit la beauté mais il faut voir, comprendre et apprehender cette détresse. La nomination d’un clamping homophobe ne fait que renforcer l’homophobie de la société, elle la cristallise, cela n’apportera jamais rien de bon.

  • jay

    Impossible de ne pas regretter la maturation des causes directes de l’ascension de ce monsieur à la tête d’une telle nation, du Brexit etc. Faut rafraîchir nos méthodes inspirant et justifiant des valeurs qui embrassent la dignité de la vie humaine à des têtes et coeurs réfractaires. Voilà qu’on ne va pas chômer, même si on est à la retraite (du monde…).

ads