Témoignages : pourquoi ils ne mettent plus de préservatifs
Juillet-Août 2017 (215)

Témoignages : pourquoi ils ne mettent plus de préservatifs


Les gays sont soumis à une double contrainte : se protéger du VIH avec un préservatif OU prendre des risques et se sentir coupable (ou jugé). Pourtant, certains assument désormais, depuis que le tabou du bareback est tombé dans les années 2000, l’abandon – régulier ou sporadique – du préservatif. Comment l’expliquent-ils ? Nous avons demandé aux lecteurs de TÊTU de témoigner…

Même si le préservatif est un outil sûr et efficace, les chiffres de contamination chez les gays laissent à penser qu’il est de moins en moins utilisé. Sa nature même, enfiler un morceau de latex au moment M de la relation sexuelle, joue en sa défaveur depuis toujours. Dans le feu de l’action, avec l’alcool et la gêne… Les présos restent souvent dans leurs étuis… Dans les résultats d’une enquête en ligne dirigée par le Centre LGBT de Paris fin 2016, on note que le préservatif reste massivement utilisé : seul un gay sur quatre l’utilise peu ou jamais. Les deux principaux problèmes sont la diminution de sensation ou un ressenti désagréable (pour 60,5%) et la peur de perdre son érection (54,8%). Seuls 11.1% des répondants déclarent que le problème rencontré avec le préservatif est son coût.

Difficile de trouver le bon préservatif

Lors de nos entretiens, les lecteurs disent pratiquer aussi la réduction des risques par le choix des partenaires et des pratiques sexuelles. D’autres sont protégés par la PrEP. Nicolas précise : « Je prends le risque pour la fellation, mais je refuse qu’on m’éjacule dans la bouche et que le partenaire avale mon sperme. Par principe… » Certains sont vraiment allergiques – physiquement – et se procurent des préservatifs sans latex ou ultra-fins, mais Abbu détaille aussi la difficulté à trouver le « bon préso » : « Beaucoup de gens bien membrés renoncent à en utiliser… Une capote trop serrée, c’est insupportable… Il existe différentes tailles, mais ça n’est promotionné nulle part ».

 

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La « peur du rejet »

Pour Guillaume, c’est un vrai problème d’image et de bien-être global : « Il y a toujours cette voix en moi qui me ressasse que je ne suis pas assez bien pour être aimé, que je n’en vaux pas la peine, que je suis trop efféminé, pas assez amusant… Quand je rencontre un garçon à qui je semble plaire, j’ai tellement peur de merder, de ne pas être assez bon au lit, que lorsqu’on fait l’amour, par peur du rejet, je me retrouve incapable de demander qu’il mette une capote. Souvent… je ne dis rien. »

Le préso chez les séropos

Les séronégatifs et séro-interrogatifs déclarent utiliser la capote à près de 80%. Les séropositifs, eux, sont encore 53,3% à le faire. Pour Thomas : « Être séropo m’a permis de me libérer de cette question, je fais juste des tests tous les 3 mois pour les IST autres que le VIH. Avant, je l’utilisais par obligation, sauf quelques fois où j’étais trop défoncé – et c’est comme ça que j’ai été contaminé, d’ailleurs. Puis, comme j’ai « décroché la timbale », je me suis libéré d’une contrainte… » Une personne séropositive bien traitée a de fortes chances d’avoir une charge virale indétectable et donc de ne pas transmettre le virus du sida. Mais le préservatif a le mérite de limiter la transmission des autres IST, et d’éviter les coinfections ou la peur irrationnelle de transmettre malgré la protection…

 

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Pour lire la suite de cet article, retrouvez le TêtuMag d’été en kiosque !

« Promenons-nous… » : Au sommaire du numéro de l’été 2017 de TÊTU !

 

  • Julien Deb’s

    autant jouer a la roulette russe alors …

  • pipoux

    Quand je lis un article comme celui là, je comprend mieux pourquoi j’ai arreté de lite Têtu. Y en a marre de faire la promotion du bareback et de la Prep. Si des mecs refusent de mettre des capotes, c’est leur choix, mais de là à faire supporter par les assurés sociaux les 480€ de cachetons tous les mois, ca me gonfle.

    • directphoto.org

      C’est où c viens cette chiffre ?

      • pipoux

        de google, mais visiblement le prix a légèrement baissé maintenant le boite de 30 comprimé (1 par jour) coute 406,87 €. tape « truvada prix » dans google et tu auras tous es liens nécessaires

        • directphoto.org

          Salut, Apparemment, tu ne suive pas les actualités, car depuis la semaine dernier Gilead à perdu leur license sur Truvada et maintenant on a access à le génériques. Le prix ne plus un frein. Sauf pour celui qui deviendra seropo, là ce coute cher!

        • Thibault Frayer

          180,92€, un prix pour une boîte de 30. Mais 60% des mecs le prennent à la demande, donc ce n’est pas forcément le prix par mois 😉

          • pipoux

            Aucun souci, si c’est toi qui paye. ce n’est pas à la collectivité à payer pour le fait que tu ne veuille pas mettre de Kpotes.

          • Thibault Frayer

            Quand tu aura un cancer des poumons parce que tu fumes, on va te laisser crever sur le bas côté ? Il ne faut pas soigner les personnes qui ont eu un accident de voiture en ne respectant pas le code de la route ?
            La PrEP coûte moins cher que les conséquences de contaminations VIH.

          • pipoux

            Et les Kpotes coutent moins chères à la collectivité qu’une PreP.
            Un fumeur qui a un cancer des poumons, je suis désolé, mai en Angleterre on ne te greffe pas. Après, on est en France, OK pour qu’on te ne laisse pas crever, mais dans ce cas, la collectivité doit pouvoir se rattraper et récupérer une partie (ou la totalité des frais engendré) sur les sommes que tu laisses à tes héritiers à ton décès, même 30 ans après. Il y a quelques années une loi a été voté pour que les mecs qui se mettent en danger volontairement (alpinistes, spéléologues, …) puissent se voir réclamer les sommes mises en jeu pour leur sauvetage (suite à une intervention qui avait couté plusieurs centaines de millier d’euro pour extraire un mec blessé dans des boyaux qu’il a fallu élargir pour le sortir. Tu fumes, tu en assure les conséquences, ou alors t’arrête de fumer. Une boite de 30 patchs coute moins cher que 30 paquets de cigarette.

          • Thibault Frayer

            Personnellement je suis bien content de ne pas vivre dans une société aussi individualiste…
            La PrEP avancera, et le VIH reculera, vous en bénéficierez également. L’OMS recommande que la PrEP soit bien plus largement diffusée. Alors pour mettre fin à l’épidémie ne nous privons pas de ce nouvel outil.
            Les capotes sont moins chères, mais malgré leur présence il y a encore 6000 contaminations par an, et c’est en augmentation chez les gays. On peut le regretter, mais essayer d’imposer la capote a tout prix ne fonctionnera pas, ça n’a fonctionné dans aucun endroit du monde.

    • Thibault Frayer

      C’est 180,92€ désormais avec le générique. Une réduction de plus de 2 fois le prix, vous allez donc râler 2 fois moins? Voire même peut-être laisser les autres se protéger de la façon qui leur convient le mieux ?

  • Jean-Luc Martin

    Bonjour à tous, séropositif depuis 2006, je ne comprends pas cette inconscience de ne pas mettre de capote, j’en avais une, elle s’est déchirée et je ne me suis pas inquiété. 10 ans que je bouffe des antirétroviraux, c comme de la chimio à petite dose mais 10 x 365 jours ! Ca tue à petit feu !!!!!!!!!!!!!!!!

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