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"Projet 17 Mai" pour lutter contre l'homophobie dans le monde

Ceux qui connaissent Jérémy Patinier, éditeur Des Ailes Sur Un Tracteur, savent que ce parisien d’adoption, se bat pour de grandes causes, souvent en rapport avec la communauté LGBT. Mais à sa manière, plutôt artistique et avec le sourire.
Il a déjà édité plusieurs livres dont les bénéfices vont directement à des associations LGBT, comme "40 dessinateurs contre l’homophobie Tomes 1 & 2" (plus de 11000€ reversés à SOS Homophobie) ou encore "Les Lucioles" dont les bénéfices ont été reversés au Refuge... Le jeune homme fût également l’initiateur du bouquet de fleurs géant pour Christiane Taubira en 2013, qui avait pour but de rassembler 500€, pour finalement atteindre plus de 12000€, et dont une partie des bénéfices a également été reversée à diverses associations.
L’éditeur souhaite aujourd’hui dépasser les frontières de la France avec son projet de BD, 40 dessinateurs contre l’homophobie. Pour ce faire, il organise une cagnotte (lien ici) pour que ce projet soit traduit en plusieurs langues, notamment à destination des pays où l’homosexualité n’est toujours pas entrée dans les mœurs.
Têtu est allé à sa rencontre pour qu'il nous parle de ce nouveau combat :
 
TÊTU : Parles-nous du projet du 17 mai et de la BD.
Jérémy Patinier : C’est une aventure collective, plus de 100 artistes, que j’ai choisi d’accompagner en tant qu’éditeur car je pense qu’on peut faire passer des messages efficacement avec des dessins !
Depuis 2012, le PROJET 17 MAI contre les LGBTphobies (lesbo-gai-bi-transphobie), c’est d'abord un site web, puis un ouvrage vendu à 1500 exemplaires au bénéfice de l'association SOS homophobie en 2013 (plus de 11 000€), qui l'a décliné en exposition à travers la France, puis un deuxième tome en 2015 (également financé par les ululeurSes)... Le Projet 17 Mai tome 1 a également reçu le Prix européen de la tolérance 2014. Et on continue avec la version traduite parce qu’on a eu des demandes de l'étranger.
TÊTU : Pourquoi est-ce important de soutenir ce projet ?
J.P. : Soit on a une vision nationale de nos combats, et dans ce cas là on ignore les égorgements de gays en Arabie Saoudite et les assassinats de Trans au Brésil ou encore les violences homophobes au Maroc et les tabous à Cuba. Soit on considère qu’on a de la chance de vivre ici avec des droits et une protection, et on essaie de transformer nos outils, de les adapter, de les « offrir » en quelque sorte à des structures étrangères, qui n’ont pas forcément les moyens de les mettre en place.
TÊTU : Quels sont les pays concernés par ce projet ?
J.P. : Je parlerai plutôt de langues car il n’y a pas vraiment de frontières avec les réseaux sociaux. Pour l’instant, nous sommes sur 3 grands axes : on travaille sur le PROJET 17 MAI en arabe pour le Maroc (Darija – dialecte marocain) où l’homosexualité est encore punissable. Une version en arabe classique devrait certainement suivre pour les autres pays. Le portugais pour le Brésil et l’espagnol car nous avons eu des demandes en ce sens, à Cuba notamment.
TÊTU : Avec qui travailles-tu (pour ce projet) ?
J.P. : Avec des associations qui doivent être discrètes pour le bon déroulé de leurs projets d’exposition (c’est légal bien sûr mais il peut y avoir des pressions, notamment au Maroc). Pour le Brésil, avec un producteur culturel qui va monter une exposition, un cronwfunding local et sortir le livre papier dans l’année. Et enfin, avec une institution publique à Cuba qui attend les autorisations officielles pour communiquer… C’est compliqué de faire des choses sur ces sujets à l’étranger et d'organiser tout cela. Sans des soutiens français ou étrangers, c’est quasi impossible…
 
TÊTU : Pourquoi les « Ailes Sur Un Tracteur », une maison d’édition française prend de son temps pour soutenir d’autres pays ?
J.P. : Je suis français et en tant que gay, je suis particulièrement sensible à la façon dont sont traités les LGBT dans le monde entier. Et je suis certain que je ne suis pas le seul.
Et parce qu’en tant que Français, j’ai la chance de pouvoir proposer un outil, du temps, de l’énergie, à des gens qui en ont besoin… Cela crée de belles histoires, des ponts, et qui sait, peut-être cela fera réfléchir les gens qui découvriront que, par la force de l’art en général, et des dessins dans ce cas en particulier, on peut facilement toucher les gens. En outre, cela permettra de récolter de l’argent pour les associations locales qui se battent pour les mêmes droits (LGBT) que nous avons en France.
 
 
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