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Un État australien s'excuse d'avoir emprisonné les homosexuels

État du Victoria loi anti-sodomie excuse

Le gouvernement de l'État du Victoria s'est publiquement excusé d'avoir jeté en prison plusieurs milliers d'hommes sur la base des lois anti-sodomie.

C'est un première en Australie. Daniel Andrews, le Premier ministre de l'État du Victoria - à l'extrémité sud du continent - a présenté ses excuses au nom du gouvernement pour avoir arrêté et condamné des hommes homosexuels sur la base des lois anti-sodomie. À partir de la colonisation britannique qui débuta en 1788, l'Australie hérita du système judiciaire anglo-saxon et d'un important arsenal législatif venu du Royaume-Uni, dont le Buggery Act de 1533. Cette loi criminalisait la sodomie considérée comme un acte sexuel contre-nature, allant donc à l'encontre de la volonté divine.
Ces lois anti-sodomie ne furent abolies dans l'État du Victoria qu'en 1981. Des milliers d'hommes homosexuels furent emprisonnés sur la base de cette législation, avec des sentences pouvant atteindre 15 ans de prison. Le Premier ministre du gouvernement local a déclaré :

Ces lois ne criminalisaient pas seulement les actes homosexuels. Elles punissaient également les pensées homosexuelles. Elles n'avaient pas leur place dans une démocratie libérale et n'ont de place nulle part. Le gouvernement victorien et le Parlement victorien ont eu tort, et pour cela, nous sommes désolés. (...) Pendant des décennies, nous avons été obsédés par la sexualité homosexuelle et nous les avons donc emprisonnés, blessés, et en retour ils se sont blessés eux-mêmes.

Au-delà des excuses symboliques mais nécessaires, le gouvernement de l'État du Victoria va permettre aux hommes qui ont été condamnés de supprimer ces condamnations de leur casier judiciaire.
D'anciennes victimes de cette législation étaient présentes lors de ces excuses du gouvernement victorien, tel cet homme de 50 ans qui fut violé par son patron à l'âge de 14 ans et qui fut condamné pour comportement indécent et sodomie après avoir dénoncé son agresseur à la police. Il a traversé sa vie à se demander ce qu'il avait fait de mal pour être condamné, et ses excuses publiques sont pour lui la reconnaissance qu'il n'avait rien fait de mal. Pour l'occasion, le drapeau arc-en-ciel flottait au-dessus du Parlement victorien.
Ces initiatives pour réparer les erreurs du passé commencent petit à petit à se développer, à l'image de l'Allemagne qui a récemment annoncé qu'elle indemniserait les victimes de l'homophobie d'État.
 
Crédit photo de couverture : ABC


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