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Un survivant d'Orlando raconte son calvaire : "il n'arrêtait pas de rire"

survivant d'Orlando Norman Casiano

Uu survivant d'Orlando raconte l'horreur vécue par des dizaines de personnes retranchées dans les toilettes du Pulse.

Norman Casiano est l'un des survivants de la tuerie homophobe d'Orlando. Il a reçu deux balles mais a eu la chance de s'en sortir. Il a quitté l'hôpital le lendemain.
Il a raconté à plusieurs chaînes de télévision américaines le calvaire qu'il a vécu avec des dizaines de personnes alors qu'ils s'étaient réfugiés dans les toilettes du Pulse.
Le jeune homme de 26 ans avait appelé un Uber et s'apprêtait à renter chez lui lorsque Omar Mateen a fait irruption dans la club et a commencé à ouvrir le feu sur la foule présente à l'intérieur. Au départ certains pensent que les coups de feu proviennent de la musique mais Norman Casiano, comme de nombreuses personnes, réalise vite qu'il s'agit bien d'une fusillade. Avec d'autres individus, il tente de se cacher et se retrouve dans une cabine des toilettes. Une vingtaine de personnes s'engouffre dans le petit espace et d'autres les rejoignent rapidement, à la recherche d'un abris.

Nous étions tous entassés les uns sur les autres. On se blottissait les uns contre les autres. (...) Je sais que plusieurs d'entre nous priaient pour que ce ne soit pas notre dernière nuit sur terre et qu'on puisse voir à nouveau nos familles.

Tandis qu'il se trouve dans la cabine, un homme touché à plusieurs reprises pénètre en sang dans les toilettes et s'écroule sur le sol. L'homme ne parvient pas à se glisser sous la porte pour les rejoindre malgré l'aide de Norman qui le tire par la main. La cabine est trop bondée pour accueillir une personne de plus. L'homme les supplie de le laisser entrer. Norman tente de le calmer et lui dit, avec d'autres personnes, de ne pas faire de bruit, apeuré par le bruit des balles qui se rapproche. Omar Mateen finit par pénétrer dans les toilettes et abat d'une dernière balle l'homme qui tentait d'entrer dans l'une des cabines.

La chose la plus effrayante, c'est qu'il ne disait rien et ce qui est encore plus effrayant c'est que lorsqu'il a tiré sur l'homme qui avait déjà été blessé, il a ri. Et il a continué à rire pendant qu'il tirait à travers les portes des cabines de toilette. C'est là que j'ai reçu ma première balle. Et il riait. C'était un son diabolique. On n'aurait pas dit une personne.

Norman Casiano tentera d'appeler sa mère. Il pouvait l'entendre mais pas elle. Il tente ensuite d'appeler son père et parvient à lui parler quelques secondes avant que le téléphone ne s'éteigne, juste le temps de lui dire qu'il avait été touché et qu'il l'aimait.
Ensuite, Omar Mateen passe son bras armé au dessus des toilettes et tire, tire... De nombreuses personnes sont instantanément tuées raconte Norman Casiano, et les corps s'entassaient sans vie. Il explique voir les gens s'évanouir devant lui, se vider de leur sang formant des marres tout autour de lui. Quant à lui, il est à nouveau blessé mais par chance, la balle ressort et cause peu de dégâts.

S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît ne tirez pas. S'il vous plaît ne faîtes pas ça, laissez nous partir, suppliaient les victimes.

Une fois son dessein achevé dans les toilettes, Omar Mateen part ouvrir le feu dans une autre pièce. Norman Casiano décide de s'échapper à ce moment-là. Il doit alors escalader des corps sans vie pour se frayer un passage hors des toilettes. Il voit des flash lumineux et se rend compte que la police est entrée dans le club plongé dans la quasi obscurité. La police lui tire presque dessus.

J'ai senti la balle passer près de moi et s'enfoncer dans le mur. Je me suis jeté en arrière et ai commencé à crier et à pleurer "je suis une victime, je suis une victime, je suis blessé, j'ai été touché deux fois".

La police dirige alors une lampe vers lui et lui demande de sortir vite car Omar Mateen est toujours en vie et dans le club. Puis, il est conduit vers l'extérieur ou il sera pris en charge par les secours.
Norman Casiano a la chance d'être un survivant d'Orlando mais il a perdu l'un des ses meilleurs amis dans le massacre du Pulse. Il oubliera difficilement l'horreur qu'il a vécu.

L'une des premières choses que j'entends lorsque je ferme les yeux, c'est le bruit de son arme, les balles qui touchent le sol et son rire.


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