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"On va secouer les consciences" : on a assisté au tournage de la saison 2 des "Engagés"

La web-série « Les Engagés » revient à l’automne avec une deuxième saison qui s’annonce aussi forte que la première. Ovni dans le monde de la fiction, cette production de Studio 4 bouleverse en racontant les tribulations d’une association LGBT basée à Lyon. TÊTU a assisté au tournage. Moteur, action !

Lundi 9 juillet 2018, 12h00. Des éclats de voix se font entendre au sein du local du centre LGBTI de Lyon, rue des Capucins. Il accueille les équipes de la saison 2 des « Engagés », une série française qui propose une plongée dans le monde associatif LGBT lyonnais. Le téméraire Thibaut Giaccherini, interprété par Eric Pucheu, se fait passer un savon par la militante Murielle Leko et Laurent, l’avocat de l’association Le Point G, respectivement joué.e.s par Claudine Charreyre et Romain Ogereau. Sur le plateau, l’ambiance est chaleureuse. Des rires éclatent régulièrement entre chaque prise.

Si TÊTU n’a (malheureusement) pas le droit de vous raconter les nouvelles manipulations du facétieux Thibaut, nous pouvons, en tout cas, vous dire que l’intensité du jeu d’acteur d'Eric Pucheu est plutôt impressionnante dans la vraie vie. Et, détail important, sa moustache est toujours là.

Cette nouvelle fournée d’épisodes reprend un mois après les précédents. Et l'on peut vous confier qu'elle devrait tourner autour de la Marche des fiertés lyonnaise, dont le mot d’ordre est la transidentité. De nouveaux personnages viennent notamment étoffer le casting, comme Elijah, un homme trans joué par le youtubeur Adrián de la Vega.

« Le thème central de la saison 2 est moins celui de la transidentité que celui de la transphobie, y compris dans le milieu LGBT+. C’était important pour moi que l’on n’aborde pas le sujet de la transition avec le personnage d’Elijah. C’est juste un mec trans, il est très bien dans sa peau et tout va bien. Le seul problème, finalement, c’est le monde extérieur ! », nous explique le créateur de la série Sullivan Le Postec.

Un héros adopté par l’équipe

13h00. La scène tournée, les acteurs se rejoignent ensuite pour déjeuner. Des petits pois volent en même temps que les acteurs nous racontent, morts de rire, des anecdotes de tournage. Comme cette fois où Eric Pucheu a dû reproduire, seul, le bruit d'un bisou qu'on entendait mal. On vous laisse imaginer la scène.

Autour de l'équipe de la web-série, un jeune adolescent lyonnais de 15 ans, Alexy, capte notre attention. Quelques jours avant notre venue, il se trouvait dans une librairie juste à côté du centre LGBTI quand il a vu un garçon et son père se plaindre de ne pas pouvoir passer dans une rue, bloquée pour le tournage. Ils menaçaient de gâcher la prise. Ni une ni deux, il a bondi et remis les fauteurs de trouble à leur place. Depuis, il a été adopté par toute l’équipe.

Mais ce type de scène n’est pas unique en son genre : un autre soir, des insultes homophobes ont fusé et un voisin a même appelé la police car… plusieurs garçons s’embrassaient en bas de chez lui. L’équipe, soudée, ne se laisse pas atteindre par ces comportements déplacés. Elle sait qu’elle participe à une série de qualité, qui met en avant des histoires et des parcours invisibilisés dans les grandes séries.

Une saison plus politique

« Je trouve que cette saison est beaucoup plus intense. Pendant la Pride, c’était très fort ! Mais je ne sais pas trop quoi dire sans spoiler… », confie Adrián de la Vega.

« Ce qui est différent par rapport aux autres trans qu’on peut voir dans le cinéma, c’est qu’Elijah sait qui il est, poursuit-il. Les questionnements viennent des autres, comme d’Hicham, par exemple. Dans certaines séries, les rôles de trans sont parfois pédagogiques. Ils sont juste là pour expliquer ce qu’est la transidentité. Ils n’ont pas d’histoire. Là, il y en a vraiment une. »

La deuxième saison, selon les différents spoilers entendus, semble donc être beaucoup plus engagée que la première. « Dans la saison 1, on  pose les bases. On découvre les personnages, les militants de l’association, alors que dans la saison 2 on peut aller sur des thèmes plus politiques comme sur la transidentité ou la question migratoire », souligne ainsi Eric Pucheu.


« Ce qui est bien avec cette deuxième saison, c’est que Sullivan va là où on ne l’attend pas, abonde Pierre Cachia, qui joue Mickaël dans la web-série. Ça va dans toutes les directions. On sort de notre zone de confort et on va secouer les consciences avec des personnages comme Elijah, Kenza (une réfugiée) ou Mariah (une femme transgenre). Pendant le tournage, il y a une camaraderie qui est folle ! On sent qu'on est en train de construire quelque chose de fort. »

Mehdi Meskar, l’interprète de l’attachant Hicham Alaoui, explique que la saison 1 était « centrée sur la quête de soi », alors que la deuxième est plutôt « une quête pour comprendre qui est l’autre ». Son personnage « passe de l’adolescence au monde adulte et va essayer de trouver sa place dans la société », souligne le jeune homme d’origine italienne.

Un plan à trois audacieux

14H30. Le soleil tape fort, rue des Capucins. On est bien contents de rejoindre la fraîcheur de l'intérieur du Point G où sont réunis Denis D’Arcangelo, Claudine Charreyre et Romain Ogereau. Les trois militants sont alors interrompus par Mehdi Meskar et Adrián de la Vega qui entrent en trombe, après que le local a été vandalisé. Le célèbre youtubeur, qui n'a aucune expérience d'acteur, étonne avec un jeu franc et fort. Quant à Mehdi Meskar, il confirme son énorme potentiel dévoilé au cours de la saison 1.

Pendant que les acteurs refont la scène, Sullivan Le Postec, l'air malicieux, nous montre les plans tournés depuis le début du tournage, le 16 juin dernier. La série bénéficie incontestablement de l'expérience du réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun, qui élève la qualité de la photographie. Sur l'ordinateur portable du créateur de la série, un plan à trois attire particulièrement notre attention... mais nous avons promis de ne rien dire sur l'identité des personnages. Suspens !
Ce genre de moments audacieux, ainsi que les intrigues progressistes qui ponctuent la série, mériteraient d'être diffusés également en prime time sur les chaînes de la TNT. Peut-être lors d'une saison 3 ?
Pour aider au financement de la saison 2 de la série, vous pouvez vous rendre sur leur cagnotte Proarti.
Crédits photos : Clément Boutin.


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