États-Unis : Qui est Christine Hallquist, la première femme transgenre en passe d’être élue gouverneure ?

C’est l’autre Amérique. Christine Hallquist a remporté  la primaire démocrate dans l’État du Vermont, Mardi 14 août 2018. En cas de victoire, le 6 novembre prochain, elle deviendra la première personne transgenre élue gouverneure d’un état américain.

Outre-Atlantique, les primaires de novembre prochain joueront un rôle décisif dans la suite de la présidence Trump.

Quoi qu’il advienne, elle est déjà rentrée dans l’histoire. Il y a quelques heures, Christine Hallquist devenait la première candidate transgenre investie par un parti majeur pour les élections de mi-mandat.

Cette ingénieure de 62 ans, militante de la cause environnementale et ancienne PDG de la compagnie d’électricité du Vermont, fera face au gouverneur sortant, le républicain Phil Scott et devra convaincre les 623.000 habitants de ce petit État situé à l’extrême nord-est du pays.

Une nomination progressiste qui a été saluée par des militants LGBT+, notamment sur Twitter :

https://twitter.com/cmclymer/status/1029547447700340736

« En tant que femme transgenre et quelqu’un qui tient énormément à ce pays, je trouve que la victoire de Christine Hallquist n’est pas seulement historique. C’est également une puissante réprimande contre cette Maison-Blanche qui travaille non-stop depuis 19 mois à blesser et anéantir la communauté trans’ américaine. Ce soir, je ressens de la fierté« , a tweeté Charlotte Clymer, une militante queer de l’ONG Human Rights Campaign, qui soutient les droits LGBT+.

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Progressiste et engagée contre le réchauffement climatique

Il y a quelques années, cette mère de trois enfants militait déjà pour l’élection de Barack Obama. « 2008 a été un moment historique pour nous, comme si le pays était enfin parvenu à devenir une nation ambitieuse. Et puis, forcément, 2016 et l’élection de Trump sont arrivées, et ça a été un coup extrêmement dur à encaisser, pour nous tous « , confie-t-elle au New York Times.

Depuis son élection, Donald Trump, que la candidate qualifie volontiers de « despote« , mène de front une politique anti-LGBT+. La nomination de Christine Hallquist est donc lourde de sens. Aux États-Unis, 1,4 million de personnes s’identifient comme transgenre, soit 0,58% de la population, selon une étude du Williams Institute, think tank de l’université d’UCLA, publiée en juin 2016. Une femme transgenre élue à la tête d’un État lancerait un signal fort à destination de Washington.

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Aujourd’hui, Christine Hallquist, qui milite pour une couverture santé universelle et la gratuité des études supérieures dans l’enseignement public, est notamment soutenue par Bernie Sanders, ancien candidat à primaire démocrate présidentielle et lui-même élu du Vermont au Sénat. Ensemble, ils entendent lutter contre le réchauffement climatique et travailler à l’instauration d’un salaire horaire minimum de 15 dollars. Mais son projet phare reste l’établissement d’un grand plan d’ouverture de l’accès à internet dans l’ensemble de son État, majoritairement rural.

« Ne faites pas d’erreur, la voie qui mène à la victoire est nette. Les habitants du Vermont soutiennent l’augmentation du salaire minimum. Ils croient en l’assurance maladie comme droit humain. Ils croient en leurs écoles publiques. Ils savent être du bon côté de l’histoire« .

« Je n’aurais jamais pu être PDG si je n’avais pas fait semblant d’être un homme »

Christine Hallquist a effectué sa transition il y a trois ans, fin 2015. Elle avait 59 ans. Professionnellement, vivre en adéquation avec le genre féminin auquel elle a toujours appartenu paraissait impossible :  » Je ne crois pas que j’aurais pu devenir PDG d’une entreprise de services aux collectivités si je n’avais pas fait semblant d’être un homme« , confiait-elle récemment à la presse locale. Elle promettra même à sa femme, Pat, de ne jamais rien révéler sur son identité de genre.

Mais en 2015, après avoir été en proie à une dépression et des pensées suicidaires, elle prend la décision d’effectuer publiquement sa transition. Une transition qui fut acceptée de tous. Même lors de sa campagne électorale, la question de mon identité de genre « ne vient pas dans la conversation » avec les Vermontais, explique-t-elle. Aujourd’hui, elle est l’une des 400 candidats LGBT+ en lice pour les primaires.

« Toutes les lettres de l’acronyme LGBT ont remporté une nomination au poste de gouverneur cette année : Lupe Valdez, candidate lesbienne au Texas, Jared Polis, candidat gay du Colorado, Kate Brown, candidate bisexuelle en Oregon, et Christine Hallquist, candidate trans’ du Vermont« , a tweeté hier Chris Johnson, reporter politique à la Maison-Blanche.

Face à Phill Scott, en poste depuis 2017, Christine Hallquist a obtenu les voix de 27 619 électeurs contre 24 220. Lors des élections de 2016, ces mêmes électeurs s’étaient majoritairement prononcés en faveur de la démocrate Hillary Clinton, qui avait obtenu 61,1% des suffrages contre Donald Trump. Au sein d’un État progressiste, la candidate a donc toutes ses chances d’atteindre le siège de gouverneur : « Rien n’est impossible, quand vous êtes du côté de la justice« . Christine Hallquist sera fixée sur son sort le 6 novembre prochain.

Crédit photo : HILLARY SWIFT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

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