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15 États somment la Russie de s’expliquer sur les purges anti-LGBT en Tchétchénie

Un groupe de 15 États membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, dont la France, a déclenché, jeudi 30 août 2018, une action internationale contre la Russie, demandant au pays de s'expliquer sur les purges homophobes qui ont régulièrement lieu en Tchétchénie.

La communauté internationale aura mis du temps avant de réellement demander à la Russie de s'expliquer sur les exactions commises par la Tchétchénie contre les personnes LGBT+. Les 15 États, membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont mis en place un procédé rarement utilisé : le Mécanisme de Vienne. Il permet aux nations membres de soulever des questions relatives à la situation humaine dans d'autres pays de l'OSCE.

« Climat d'impunité »

Le communiqué, publié par l'OSCE à l'intention de la Russie, a été signé par le Canada, le Danemark, l'Estonie, la Finlande, la France, l'Allemagne, l'Islande, l'Irlande, la Lituanie, la Lettonie, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis.

« Nos pays ont publié des témoignages bien documentés, suggérant que les autorités tchétchènes ont été impliquées dans l'arrestation, la détention, la torture et le meurtre de personnes en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre perçue ou réelle, et en supprimant les informations sur ces violations et abus. (...) Sur les 20 derniers mois, la Russie n'a donné aucune réponse. Nous craignons que le manque d'action par les autorités russes contribue au climat d'impunité qui règne en Tchétchénie. » 

Les pays appellent également la Russie à répondre à toute une série de questions, notamment sur la conclusion d'une enquête menée par la Russie, selon laquelle aucune violation ou abus ne se serait produit en Tchétchénie  contre des personnes LGBT+.

« Étape juridique et politique majeure »

Pour Etienne Deshoulières, avocat des associations Mousse et Stop Homophobie, à l'origine de la plainte contre le président de la Tchétchénie, Ramzan Kadirov, devant la Cour pénale internationale, il s'agit d'une « étape juridique et politique majeure ». C'est, selon lui, c'est la première fois « qu'une coalition si importante est formée dans le cadre de ce traité administré par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe », explique-t-il sur le site internet de l'association.

Conformément au Mécanisme de Vienne, la Russie doit répondre de façon écrite dans les 10 jours à venir.

Crédit Photo : Creative Commons.


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