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INFO TÊTU – Plus d’une personne LGBT sur deux souhaite avoir un enfant

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Selon un sondage Ifop pour l'Association des familles homoparentales (ADFH), une personne LGBT sur deux souhaite devenir père ou mère dans les prochaines années, dont près de deux lesbiennes sur trois.

Le désir d'enfant est loin d'être l'apanage des couples hétérosexuels. Au contraire. Selon une étude Ifop* pour l'Association des familles homoparentales (ADFH) et dont TÊTU dévoile en exclusivité les résultats ce mardi 25 septembre, plus d'une personne LGBT en âge de procréer sur deux (52%) souhaite avoir un enfant au cours de sa vie, dont près de deux lesbiennes sur trois (62%), 57% de bisexuel.le.s et 30% de gays.

Dans le détail, 18% des interrogé.e.s disent avoir « la ferme intention d'en avoir dans les trois ans », 17% ont « l'intention probable d'en avoir dans les trois ans » et 17% ont « l'intention probable d'en avoir dans plus de trois ans ». Des chiffres qui ont surpris (dans le bon sens) le président de l'ADFH Alexandre Urwicz. « 35% de personnes LGBT qui veulent avoir un enfant dans les trois ans, c'est un chiffre au-dessus de la moyenne française qui est de 30% », explique-t-il à TÊTU.

Pour ce dernier, deux éléments expliquent ce chiffre :

  • « Les personnes hétérosexuelles interrogées sont plus souvent parents que les personnes LGBT et ne souhaitent pas forcément agrandir leur famille. »
  • « Le fait de pouvoir oser se penser homosexuel-le et parent est une véritable vague libératrice qui ne cesse de prospérer depuis les années 2000. »

Pour faire un enfant, plus d'une personne interrogée sur deux (58%) privilégierait les techniques de procréation médicalement assistée (PMA, GPA), dont une majorité de femmes. Les lesbiennes sont ainsi 73% à favoriser ce moyen.

Pour le reste, un tiers aurait recours à l'adoption - dont trois fois plus d'hommes - et 11% à la coparentalité (concevoir et élever un enfant avec une personne de sexe opposé, ndlr).

« Le fait que 44% des hommes envisagent une GPA ne fait que démontrer qu’il va falloir débattre sur ce sujet le moment venu, commente Alexandre Urwicz. Il qui suscite des questions de la part des Français et questionne ceux pour qui c’est interdit. »

Une remarque qui s'applique également à la PMA, largement sollicitée par les lesbiennes.

A LIRE AUSSI : 64% des Français sont favorables à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes

Une demande plus prononcée de la classe ouvrière

Selon l'étude, les techniques de PMA « apparaissent comme le moyen de procréer privilégié par les personnes aux revenus modestes ». En effet, 64% des personnes LGBT gagnant moins de 1.500 euros par mois le privilégieraient, contre à peine 34% de ceux gagnant plus de 3.000 euros par mois.

La raison ? « Elles semblent moins onéreuses que la procédure d’adoption qui, elle, reste le moyen préféré des cadres (63%) et des personnes aisées (66%) », analyse l'Ifop.

Autre donnée intéressante : les femmes lesbiennes issues de la classe ouvrière sont nombreuses à plébisciter les techniques de procréation médicalement assistée (56%). « Cela montre une réelle attente sur l'ouverture de la PMA pour toutes en France de la part des couples de femmes qui ne peuvent pas engager des frais pour aller à l’étranger, discriminées par l’argent », analyse Alexandre Urwicz.

Un autre chiffre est éloquent : 75% des personnes LGBT souhaitant avoir un enfant sont disposées à aller à l’étranger pour en avoir un si la PMA et la GPA restaient interdites en France.

 

tetu

Toujours selon l'étude, si la plupart des personnes LGBT ont eu un enfant via une union hétérosexuelle (24%), près d’une sur dix (9%) en a eu via une union homosexuelle, dont 12% des lesbiennes et 5% des gays.

« Ce chiffre n'est pas étonnant, mais il a le mérite de montrer qu’il y a de plus en plus de personnes qui assument leur homosexualité en étant déjà parent d’une union hétérosexuelle, estime Alexandre Urwicz. Avant les années 2000, on était parent le jour et homosexuel la nuit. »

Les personnes LGBT attachées aux valeurs familiales

Pour Alexandre Urwicz, cette étude permet avant tout de montrer l'attachement des personnes LGBT aux valeurs familiales. 

« Certaines personnes voudraient parler à notre place ou décider pour nous, mais on voit avec cette étude que construire une famille, transmettre et voir grandir ses enfants sont aujourd’hui indéniablement des valeurs partagées par de nombreuses personnes LGBT. »

*L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 994 personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres âgées de 18 ans et plus et résidant en France métropolitaine. Au sein de cet échantillon ont été interrogé.e.s : 664 hommes et 350 femmes, 397 homosexuel(le)s, 582 bisexuel(le)s et 15 transgenres.

Crédit photo : Shutterstock


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