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5 choses à savoir sur le VIH chez les lesbiennes

La transmission du VIH entre femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes (FSF) est extrêmement rare. Mais cela ne veut pas dire que les lesbiennes disposent d'un "totem d'immunité" contre cette maladie sexuellement transmissible. À l'approche de la journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, TÊTU dresse la liste des cinq choses à savoir concernant les lesbiennes et le VIH.

1. Des cas de transmission rarissimes

Rarissimes mais pas impossibles. Voilà comment on pourrait résumer les cas de transmission du VIH entre deux femmes lors d'un rapport sexuel. Du fait que l'épidémie est très faible chez les lesbiennes, les risques de transmissions sont, eux aussi, très faibles. Ces deux facteurs conjugués font qu'il y a, à ce jour, une rareté de cas documentés de transmission sexuelle du VIH entre femmes.

Au total, seuls deux cas ont été recensés depuis le début de l'épidémie. Le dernier cas de transmission sexuelle entre femmes date de 2014. Selon le rapport du Centre de contrôle des maladies (CDC) publié la même année, il y aurait eu transmission du VIH sans qu'aucun autre facteur de risque n'ait pu être identifié par ailleurs. Il s'agirait d'un "rapport traumatique", explique la psychologue et sexologue Coraline Delebarre à TÊTU, c'est-à-dire qui aurait "fait apparaître du sang".

Au-delà du sang, les sécrétions vaginales peuvent-elles être à l'origine de la transmission du VIH ? Non, répond Coraline Delebarre, qui a également travaillé dans plusieurs associations de lutte contre le VIH et notamment Kiosque Info Sida : "Les sécrétions vaginales n'ont jamais été perçues comme un liquide à risque. Dans les deux cas de transmission sexuelle, le liquide contaminant était le sang." 

2. Des risques accrus en période de règles

Les risques sont très faibles, mais ils peuvent être "accrus" en période de règles.

Il s'agit néanmoins plus de théorie que de pratique. "Sur le papier, les règles augmentent probablement les risques, car à partir du moment où il y a du sang il y a un risque", abonde Coraline Delebarre. Et d'ajouter : "Il faudrait de grosses lésions, ou un échange de sex toys en période de règles par exemple."

3. Non, les lesbiennes n'ont pas le "totem d'immunité" 

Au-delà de la transmission sexuelle lors des rapports entre femmes, la contamination peut se faire d'autres façons. Car le fait d'être lesbienne ne confère pas une immunité totale contre le VIH. "Ce n'est pas parce qu'on est lesbienne qu'on ne prend pas de produits par voie injectable, qu'on n'a pas eu un accident d'exposition au sang. Les lesbiennes ne se résument pas à leur sexualité, et peuvent avoir des pratiques qui les exposent ", explique Coraline Delebarre. 

La plupart des études montrent en effet que les contaminations chez les lesbiennes sont principalement liées à la drogue. Selon la revue scientifique Transcriptase, spécialisée sur le VIH et les hépatites : "Dans la quasi totalité des cas de VIH chez les lesbiennes résidant aux États-Unis, la contamination est attribuée à l'injection de drogues ou, plus rarement, à la transfusion sanguine".

Les lesbiennes peuvent aussi être exposées au virus par la simple et bonne raison qu'elles sont susceptibles d'avoir des rapports sexuels avec des hommes. Contactée par TÊTU, Coline Mey, chargée de mission chez AIDES, résume  :

"On peut être gouine et parfois coucher avec des hommes. Ce sont des pratiques à risques dans le sens où il est possible que l'on croise, le temps d'une soirée par exemple, des hommes séropositifs qui s'ignorent et on s'expose de facto au virus." 

4. Les bons gestes à adopter

Parmi les principaux risques de contamination, l'utilisation de sex toys. Coline Mey rappelle qu'à partir du moment où il y a pénétration, il y a un risque de lésion qui peut être une porte d'entrée pour le VIH. "On recommande quoi qu'il arrive, et que ce soit en période de règles, ou pas, d'utiliser des préservatifs sur les sex toys. Quand on change d'orifice, on change de capote. Et on fait évidemment de même lorsqu'on change de partenaire." 

De même, les rapports sexuels pendant les règles doivent être systématiquement protégés pour les couples sérodiscordants ou les partenaires séro-interrogatives (les personnes qui ne savent pas si elles ont contracté le virus, ndlr).

Enfin, les usagers de drogue sont une population à risque. Là encore, les lesbiennes ne dérogent pas à la règle, le partage de matériel d'injection (seringue, paille ou pipe à crack) ayant déjà servi est prohibé.

5. Aller se faire dépister

Le moyen le plus efficace pour se protéger reste le fait de se faire dépister. Faute d’informations, ou de clichés persistants sur une sexualité lesbienne qui serait sans risques, beaucoup de femmes homosexuelles pensent par exemple qu’elles n’ont pas besoin d’aller consulter les gynécologues, ou les centres de dépistage. La crainte d’une discrimination, d’être mal à l’aise, voire de réactions hostiles, constitue aussi un frein dans l’accès aux soins, et peut mener à des diagnostics tardifs. Le dépistage s'avère pourtant très utile pour les lesbiennes, qui ont une prévalence plus élevée d'infections sexuellement transmissibles (IST), par rapport au VIH.

Enfin, garder en tête que ce n'est pas parce qu'on se transmet difficilement le virus entre femmes qu'on ne va pas être amenées à avoir des relations avec des femmes séropositives. Or, les femmes séropositives sous traitement ne transmettent pas le VIH, puisqu'elles ont une charge virale indétectable. Pour Coline Mey, c'est même "moins risqué que d'avoir une relation sexuelle avec une personne qui ignore son statut sérologique".

En résumé, si vous êtes lesbienne, vous avez beaucoup moins de risques de contracter le VIH. Les facteurs de risques ne sont pas les mêmes que chez les hommes homosexuels par exemple, et la prévention n'est pas la même non plus. Comme pour tout, la communication est donc la clé : parlez avec vos partenaires et avec votre médecin, et n'hésitez pas à aller voir régulièrement un.e gynécologue.

Crédit photo : Shutterstock. 


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