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Yaoi, shônen-ai, yuri, bara : guide du manga gay et lesbien

Qu'est-ce que le "yaoi", le "yuri" ou encore "le bara" ? TÊTU vous guide dans l'univers du manga gay et lesbien, dont le lectorat va bien au-delà de la communauté LGBT+.

Conservateur, le Japon a pourtant donné naissance à différents types de mangas d'homo-fictions. Entre fantasmes stéréotypés et évolutions sociétales, ces oeuvres proposent des points de vue très variés sur les histoires d'amour gays et lesbiennes. TÊTU vous donne quelques clés pour choisir le genre qui vous correspond le mieux.

Le "yaoi", un fantasme pour femmes hétéros

Des femmes qui écrivent des histoires d'amour entre hommes, pour être lues par des femmes. Le principe est aussi simple que surprenant. C'est pourtant ainsi que l'on peut définir le "yaoi", un type de manga à succès au Japon et en France. Assistante d'édition chez la maison française Taifu Comics, Marjolaine Tournaire nous éclaire sur les mangas qui racontent des romances gaies et lesbiennes.

Selon elle, le "yaoi" s'appuie sur un fantasme féminin, pas toujours représentatif des sexualités gays. Malgré des scènes de sexe parfois montrées de manière frontale. "On est dans une homosexualité fantasmée, même lorsque les autrices se renseignent sur la réalité, explique-t-elle. Les personnages sont toujours de jeunes éphèbes, avec des corps fins et imberbes."

Le succès du "yaoi" au Japon, où il est né, est d'autant plus étonnant que le pays accepte mal et représente très peu les personnes LGBT+. La France compte quelques autrices de "yaoi", même si la majorité des écrits français tiennent des fan fictions.

"Shônen-ai" et "bara", deux alternatives gays

Le "yaoi" n'est pas le seul genre de manga à raconter des histoires d'amour et/ou de sexe entre hommes. Plus pudique, le "shônen-ai" ne décrit jamais de scènes de sexe. Et les baisers y sont traditionnellement plutôt rares. Il s'adresse à un public plus large que le "yaoi".

A l'inverse, le "bara" est très explicite. Ses personnages sont des hommes aux corps larges, musclés et poilus. Tout l'inverse du "yaoi". "Le bara est un genre de manga pornographique qui s'adresse aux hommes gays, clarifie Marjolaine Tournaire. Mais il est moins populaire, et à ma connaissance personne n'en édite durablement en France".

Le "yuri", genre lesbien émergent

Côté lesbien, le "yuri" est-il l'équivalent du "yaoi" ? Pas vraiment. Ce genre émergent et à la mode au Japon a encore peu de public en France. Le "yuri" raconte des histoires d'amour entre femmes. Mais il ne s'adresse pas forcément aux hommes hétéros qui fantasment sur le lesbianisme. "Il s'agit souvent plus d'histoires d'amour gentilles et mignonnes", selon l'assistante d'édition.

Certains titres, comme "Shoujo sect", intègrent des scènes de sexe. Alors que "Citrus", qui raconte une romance entre lycéennes, compte simplement quelques baisers. La production de "yuri" reste cependant limitée, et avec elle la diversité d'histoires et de formats.

Des codes caricaturaux qui évoluent

Le "yaoi" classique évolue, selon l'assistante d'édition, autour d'un duo composé d'un "seme" actif et dominant et d'un "uke" passif et dominé. Et les codes habituels font débuter l'histoire par une scène de viol du "seme" sur le "uke". De manière générale, le "yaoi" a un vrai problème avec la notion de consentement. Ce qui n'empêche pas ce type de manga de développer aussi des histoires d'amour. Cohérence, je crie ton nom.

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"En ce moment, ces codes évoluent, prévient Marjolaine Tournaire. Le côté caricatural du 'seme' et du 'uke' se brouille et les personnages inversent les rôles." Selon elle, les histoires progressent au fur et à mesure que le Japon s'ouvre aux questions LGBT. "Il y a de plus en plus de titres sur l'homoparentalité, comme par exemple "Let's be a family". Ou "Ikumen After", qui raconte l'histoire de deux pères seuls qui tombent amoureux." Le début d'un long chemin vers la fin des clichés.

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Crédit photo : Y/CON.


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