Paris : enquête ouverte après une agression transphobe place de la République

Une violente agression s’est déroulée dimanche 31 mars sur la place de la République à Paris, en marge d’un rassemblement. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour « violences commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre », a assuré une source judiciaire à TÊTU.

Les images sont choquantes. Une vidéo publiée ce mardi 2 avril sur Twitter par le militant homosexuel Lyes Alouane montre une agression « verbale et physique transphobe » place de la République, à Paris.

Selon l’auteur.e de la vidéo, qui souhaite rester anonyme, les faits se sont déroulés dimanche 31 mars, en marge d’un rassemblement contre un 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Une information confirmée par la RATP, qui assure que l’altercation a eu lieu aux alentours de 20h30.

« Des agents GSPR sont intervenus pour porter assistance à une personne agressée et l’ont mise à l’abri dans la station de métro République », assure cette même source.

Enquête ouverte

Une enquête a également été ouverte par le parquet de Paris pour « violences commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre », assure une source judiciaire à TÊTU. « Une personne a été placée en garde à vue dans le cadre de cette procédure. » Sa garde à vue a depuis été levée et les investigations doivent se poursuivre.

La victime, habillée d’une tunique à rayures noires et blanche et d’une jupe noire, a été prise à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus au moins à la sortie du métro. On entend notamment la foule scander « hak l7alawa, hak chocolat », ce qui veut dire « tiens le gâteau (ou le bonbon), tiens le chocolat », selon Lyes Alouane.

https://twitter.com/Lyes_Alouane/status/1112964139616555008

Exfiltrée par des agents de la RATP

Dans les premières secondes de la vidéo, deux personnes attrapent la victime par le bras et l’épaule, cherchant à montrer son visage. Quelques secondes plus tard, elle se dirige d’un pas pressé vers un autre homme en le repoussant. Ce dernier et plusieurs personnes se mettent alors à frapper la victime avant que celle-ci ne soit exfiltrée par plusieurs agents de sécurité RATP (GPSR).

Une agression vivement condamnée par les associations LBGT+ et les personnalités politiques. SOS Homophobie a notamment dénoncé un « effet de meute insupportable », appelant à des sanctions.

Réaction des associations et des politiques

La maire de Paris Anne Hidalgo s’est dite « indignée ». « Les coupables de cet acte intolérable doivent être identifiés et poursuivis », a-t-elle ajouté. « Les LGBTphobies ne sont pas des opinions mais de la bêtise et de la haine, a fustigé la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa. Elles agressent et tuent. »

A LIRE AUSSI : En 2018, l’homophobie court encore les rues, y compris à Paris, y compris à TÊTU

Alexandra Cordebard, la maire du Xe arrondissement, où s’est déroulée l’agression, a assuré avoir signalé les faits « au commissariat de police ».

Article mis à jour le mardi 2 avril à 15h17

Crédit photo : Capture d’écran Twitter/Lyes Alouane.

Puisque vous êtes ici… Nous avons une petite faveur à vous demander.

Vous êtes de plus en plus nombreux à lire TÊTU et nous en sommes très fier.e.s. Mais vous le savez sûrement, faire du bon journalisme, un journalisme LGBT différent, honnête, de qualité, et critique coûte de l’argent.Et contrairement à la majorité des médias, TÊTU n’appartient pas à un grand groupe de presse. TÊTU est un média indépendant. Si vous aimez ce que vous trouvez dans nos pages. Si vous pensez qu’un média LGBT+ doit exister en France. Si vous êtes exigeant et voulez découvrir des contenus plus ambitieux. Aidez-nous à faire un bon média.

Abonnez-vous à TÊTU à partir de 5,90€/mois. Merci !


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail