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Ce concert de Conchita Wurst dans la cathédrale de Vienne a déchaîné les passions

La cathédrale de Vienne a invité Conchita Wurst pour la Journée mondiale de lutte contre le sida. Mais ça n'a pas plu à tout le monde...

C'est la troisième année de suite que la cathédrale organise un tel événement. Pourtant, cette année, dans l'élite ultraconservatrice de l'Église, ça ne passe pas. Samedi 30 novembre, la cathédrale Saint-Étienne à Vienne a accueilli une "longue nuit de solidarité" intitulée "Believe Together". La soirée était organisée par l'association LIFE+ dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Les dons récoltés ont été reversés à l'organisme de l'ordre de Malte "Brotherhood of Blessed Gerard", en Afrique du Sud, qui vient en aide aux personnes séropositives. Et l'un des moments forts de cet évènement était un concert dont l'invité d'honneur était le chanteur et drag queen autrichien Thomas Neuwirth, plus connu sous le nom de Conchita Wurst.

"La volonté de Dieu est que personne ne soit exclu"

Vêtu d'un manteau de fourrure, le gagnant de l'Eurovision 2014 a chanté devant l'autel dans cet édifice religieux datant du XIVe siècle, accompagné d'un orgue et entouré de jeunes choristes arborant un ruban rouge en mémoire des victimes du sida. Autre figure de la soirée, dans un style un peu différent de Conchita Wurst, le cardinal Christoph Schönborn. Archevêque de Vienne depuis 1995, pressenti un temps pour devenir pape, il est devenu une cible de choix pour les tradis du Vatican en 2018 pour avoir béni l'union homosexuelle de son ami Gery Keszler, fondateur de LIFE+ et organisateur de la soirée du 30 novembre.

À cette occasion, d'après CathNews, agence de presse américaine spécialisée dans l'actualité catholique, le cardinal aurait déclaré : "La volonté de Dieu est que personne ne soit exclu, que tout le monde soit en sécurité." Un engagement assumé et relayé sur son compte Twitter :"Nous sommes tous chez nous dans cette cathédrale, écrit-il dans un tweet. C'est le toit de l'âme qui s'exprime dans ces pierres et dont nous avons tant besoin."

"Provocation homoérotique et blasphématoire"

Suffisant pour susciter un scandale chez les catholiques les moins progressistes. Un autre haut dignitaire du Vatican, Carlo Maria Viganò, a exprimé sa colère dans une longue lettre adressée à Alexander Tschugguel. Ce jeune autrichien de 26 ans, militant anti-avortement proche de la droite chrétienne, s'était fait connaître fin octobre en jetant dans le Tibre des statuettes à l'effigie de Pachamama, déesse autochtone d'Amérique du Sud. Celles-ci avaient été placées dans l'église Santa Maria in Traspontina à Rome, près du Vatican, à l'occasion du synode sur l'Amazonie. Pour protester contre le concert à Saint-Étienne, le jeune homme a organisé une prière à l'extérieur de la cathédrale.

Dans sa lettre au jeune activiste zélé, l'archevêque dénonce "une autre provocation homoérotique et blasphématoire". Viganò ajoute ensuite : "Des activistes gays, travestis et transsexuels donnent une performance à la cathédrale Saint-Étienne, alors qu'ils devraient plutôt recevoir de la part de l'Église catholique de la vérité libératrice du Christ et le don de son amour salvateur, offert gracieusement à tous ceux qui, du fond de leurs blessures et de leur repentance, osent reconnaître leur besoin d'être sauvés." L'archevêque italien n'en est pas à sa première sortie homophobe. L'an dernier, il pestait dans un texte contre un supposé "courant homosexuel désireux de subvertir la doctrine catholique sur l'homosexualité".

 

Crédit photo : ORF


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