transDes employés accusent le journal "The Guardian" de transphobie

Par Marie-Carline Chardonnet le 04/03/2020
Guardian

Nouvelle démission d'une employée transgenre au "Guardian". Le climat dans le célèbre journal anglais, jugé transphobe, est pointé du doigt.

Depuis quelques mois, les démissions de personnes transgenres se multiplient au "Guardian". Pour la troisième fois en quelques mois, une employée transgenre a claqué la porte du titre de presse britannique le plus célèbre et le plus respecté du monde, après qu'il a publié une chronique controversée de Suzanne Moore.  Dans celle-ci, appellée "les femmes doivent avoir le droit de s'organiser. Nous ne serons pas réduites au silence", l'éditorialiste prend la défense de Selina Todd, une professeure d'histoire moderne de l'université d'Oxford, qui a été "désinvitée" d'un évènement après avoir assisté à une réunion d'un groupe féministe aux positions pro-terf (trans-exclusionary radical feminist). C'est à dire qu'elles entendent exclure les femmes transgenres des luttes féministes, au motif qu'elles sont "biologiquement" des hommes.

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Départ en fanfare

Cette prise de position a provoqué la colère de l'employée du Guardian, qui a annoncé son départ devant toute l'équipe mardi 3 mars, en pleine conférence de rédaction. Elle y aurait, selon les informations du HuffPost UK, accusé le journal de transphobie, avant de faire ses adieux à ses anciens collègues. Un porte-parole de Guardian News&Media a déclaré : "Nous ne commentons pas les discussions lors de notre conférence éditoriale du matin". Malaise.

Mais la professionnelle de la presse aurait, toujours selon le HuffPost, donné sa démission quelques semaines auparavant. Car selon elle, cet évènement n'est que "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", et ce ne serait pas la première fois que le traîtement des questions trans du quotidien anglais agite ses équipes, et particulièrement ses employés LGBT. En 2018, trois salariés américains du journal avait critiqué la publication d'un autre édito aux points de vue jugé transphobes. Et en 2019, deux autres employés trans quittaient leurs fonctions au sein du journal, accusant la publication d'être une "organisation incroyablement transphobe."

"Je ne connais pas d'autre journaliste sportif transgenre"

Pourtant, certains se souviennent peut-être de Nicky Bandini. La journaliste, qui officiait depuis 13 ans dans le célèbre quotidien britannique, avait fait son coming-out en août dernier, dans une vidéo touchante postée sur Twitter : " Faire mon coming out au travail a requis plus qu'un acte de foi. Je ne connais pas d'autre journaliste sportif ou présentateur transgenre qui travaille actuellement au Royaume-Uni.  Je préférerais ne pas avoir à écrire cette tribune et exister dans un monde dans lequel ma transition ne requiert aucun commentaire. Tout ce que je demande c'est du respect et de la gentillesse, pour moi et pour les personnes transgenres en général..." Si la journaliste est encore en poste, et que l'atmosphère est bien celle qu'on décrit les autres employés, pas sûr qu'elle y reste très longtemps...