En Russie, une femme transgenre fait pour la première fois la Une d’un magazine

Alors que la Russie considère toujours la transidentité comme une maladie mentale, le magazine Tatler affiche sur sa couverture d'avril la mannequin transgenre Natalya Maximova. Une première dans le pays.

"Vraiment un moment historique !" s'est réjoui sur sa page Facebook le Russian LGBT Network. La version russe du magazine britannique féminin Tatler a dévoilé, mercredi 11 mars, la couverture de son numéro d'avril. Vêtue d'une robe brune et de bas résilles, jambes croisées, Natalya Maximova est la toute première femme transgenre à apparaître en une d'un magazine en Russie.

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La mannequin d'origine kazakh, qui vit entre Paris et Moscou, avait fait en décembre son coming out trans sur sa page Instagram, racontant dans un post émouvant comment, lors de son enfance au Kazakhstan, au sein d'une "famille simple mais aimante", elle jouait avec des poupées et portait les vêtements de sa soeur après l'école pour aller se promener au parc. Dans son établissement scolaire, elle se faisait traiter d' "hermaphrodite", mais gardait la tête haute. À Paris, elle a pu s'assumer pleinement en tant que femme.

"Je n'avais pas le droit de garder le silence"

À la rédactrice en chef de Tatler, elle explique qu'elle n'a "jamais eu besoin de sortir du placard" jusqu'au jour où elle a assisté, en Belgique, à une scène d'agression transphobe où elle a dû s'interposer. "J'ai alors compris que je n'avais pas le droit de ne pas défendre les autres. Je n'avais pas le droit de garder le silence." De son côté, Tatler, détenu par le groupe américain Condé Nast, espère que cette une "donnera de l'espoir à ceux qui en ont besoin".

Sur Instagram, Natalya Maximova a écrit : "Étant la première femme transgenre en couverture de Tatler, je veux dédier [ce shooting] à ceux qui se battent, ceux qui aiment et ceux qui ont fait leurs choix ou qui sont en passe de prendre une décision. Vous êtes tous différents, vous êtes tous beaux et vous êtes tous vous ! Merci d'avoir cru en moi !" En Russie, la transidentité continue d'être considérée comme une maladie mentale ; un diagnostic psychiatrique du "transsexualisme" est nécessaire pour obtenir un traitement hormonal.

 

Crédit photo : tatler.ru


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