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Le cinéma sait-il filmer la sexualité gay ?

Frontal ou pudique, le sexe gay est de plus en plus fréquent au cinéma. Mais est-il si bien représenté à l'écran ? Réponse avec six oeuvres qui ont marqué les deux dernières décennies.

Le cinéma a toujours filmé le désir. Dès ses débuts, l’attrait des corps les uns pour les autres est un sujet pour la caméra. Parce que derrière deux corps qui se rapprochent, des fluides qui s’échangent, il y a là un mystère que le cinéma aimerait bien comprendre. L’amour, peut-être ? Non, autre chose. Un certain abandon, une mécanique du plaisir dont le cinéma porno s’est tout de suite emparé et qu’il répète comme un métronome. Normal, on est là nous aussi pour en jouir mécaniquement de ces images. Pas le temps pour le mystère. Les corps s’exposent, s’emboitent, avec plus ou moins de grâce et baisent comme on danse avec les stars. C’est chorégraphique, souriant malgré tout et orgasmique à tous les coups (de rein). Efficace, consommable, impalpable, du pur fantasme. Non, c’est à la fiction « traditionnelle » qu’incombe la lourde tâche de nous faire croire que ces hommes entre eux, ces femmes entre elles et parfois même tous ensemble « font l’amour ».

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Une idée subversive du plaisir

Ainsi, on suppose et on attend du cinéma traditionnel une relation émotionnelle aux personnages, une identification, une complexité psychologique et ce même quand nos héros ont le pantalon baissé. D’autant plus que le sexe gay à l’écran a ceci de spécial qu’il est irrémédiablement vu et pensé de part et d’autre de l’écran comme une transgression, une bascule, voire carrément une épiphanie. Papa dans un lit avec Maman, c’est inconsciemment la suite logique des contes de fées. Il faut bien ces « beaucoup d’enfants » annoncés ! Mais deux garçons, deux femmes dans un lit, ça pose soudain à l’écran l’idée folle, étrangement subversive, du plaisir. Un désir assouvi qui n’a d’autres finalité que le partage d’un plaisir. Dès lors, filmer une scène de sexe gay reviendrait à capter cette transgression hédoniste, filmer le sexe pour ce qu’il est et non pour ce qu’il suppose. Et là, ça coince. 

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Le sexe gay est-il bien filmé ?

Dans son brillant ouvrage « Le Regard au Féminin » l’essayiste Iris Brey interroge la représentation des corps féminins à l’écran. Elle interroge à juste titre l’effet du regard de la caméra sur notre regard de spectateur, en rappelant à raison que toute mise en scène est politique. Montrer, c’est ordonner le monde, c’est donner des exemples, fabriquer des modèles que l’on reproduit consciemment ou non. Le plaisir des yeux comme un lien direct avec notre conscience, notre façon de ressentir et de comprendre le monde. ...


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