luca guadagninoParfois, jouer un personnage queer aide à se trouver soi-même. Jordan Seamón en est la preuve

Par Florian Ques le 24/11/2020
Jordan Seamón

Grâce à la mini-série de Luca Guadagnino, Jordan Seamón a obtenu son tout premier rôle sur le petit écran. Mais ce projet inaugural aura aussi aidé la comédienne à mieux appréhender sa propre identité de genre. Explications.

Il y a quelques semaines, We Are Who We Are bouclait sa diffusion outre-Atlantique, mettant un terme à ce portrait doux-amer de deux adolescents explorant leur identité. Mais pour l'une de leurs interprètes, ce n'était alors que le début. Dans une interview pour Gay Times, Jordan Seamón explique comment faire partie de cette mini-série signée Luca Guadagnino (Call Me by Your Name) l'a impactée. "Avant que je tourne la série, je m'identifiais simplement en tant que femme bisexuelle, confie l'actrice au média britannique. [...] Je m'identifie désormais comme gender-fluid donc j'utilise les pronoms elle ou iel".

Sur le tournage de la série en Italie, la jeune comédienne se faisait souvent appeler par le prénom de son personnage, Caitlin. Toute l'équipe utilisait alors des pronoms neutres (le fameux "they" en anglais) pour la désigner, chose à laquelle elle s'est vite habituée. "J'ai essayé de ne pas trop y penser et je n'en ai pas parlé à beaucoup de gens, surtout parce que je n'étais pas sûre de moi, avance-t-elle. Je voulais continuer à jouer le rôle sans rajouter ma propre exploration en plus de ça". Une décision compréhensible. En tout cas, Jordan Seamón s'estime reconnaissante d'avoir pu prendre part à un projet aussi symbolique pour elle, assurant que Caitlin a rendu son propre questionnement identitaire "plus facile".

Un message fort et moderne

Dans We Are Who We Are, son showrunner Luca Guadagnino examine la relation fusionnelle entre Fraser (Jack Dylan Grazer) et Caitlin (Jordan Seamón). Les deux sont éminemment queers mais semblent refuser toute étiquette au fil de la série. Et c'est bien là son message à retenir. "Parfois, une étiquette peut ne pas être bénéfique, reconnaît l'actrice. Ça peut vraiment étouffer une personne et la mettre dans une case où elle ne veut pas être. La série montre que c'est OK de ne pas savoir où tu te situes vraiment".

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"C'est OK d'être tout à la fois, d'être fluide et ouvert d'esprit, continue-t-elle. Tu n'as pas à utiliser d'étiquette. Tout ce que je veux dire, c'est que tu es qui tu es. C'est le titre de la série, We Are Who We Are, parce que tu es juste toi-même. Si tu n'as pas encore tout compris à ton égard, ce n'est pas grave". En tout cas, l'exploration identitaire de Caitlin n'est peut-être pas terminée. Un temps vendue comme une série "one-shot", We Are Who We Are pourrait avoir droit à une seconde saison. Croisons les doigts.

Crédit photo : HBO