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Démissions à la Pride de Londres : les organisateurs accusés d’ignorer « les voix noires »

En charge de mettre en place la plus grande Marche des fiertés du Royaume-Uni chaque année, l'association Pride in London est accusée de harcèlement mais également de favoriser un environnement hostile aux personnes racisées.

Coup de tonnerre à la Pride de Londres. L'intégralité du conseil consultatif de Pride in London vient d'annoncer sa démission. Comme le rapporte The Guardian, l'organisme – qui est à la tête de la Marche des fiertés annuelle de la capitale britannique – est accusé d'avoir créé une "culture du harcèlement" ainsi qu'un "environnement hostile" pour les personnes racisées. Au total, ce sont dix personnes qui ont subitement quitté leurs fonctions, détaillant les raisons de leur départ dans une lettre de démission appelant à du changement.

"Nous ne sommes pas certains que Pride in London puisse agir au nom des communautés noires et des personnes racisées au vu des témoignages alarmants de marginalisation et de harcèlement rapportés par des bénévoles noir.e.s et racisé.e.s, peut-on lire au fil du texte. […] De notre point de vue, Pride in London n'a pas agi comme les gardiens d'un événement sacré qui honore les droits de tous dans notre communauté, mais ressemblait plutôt à un projet personnel d'un petit groupe privilégié. Au point où nous en sommes, il est clair que Pride in London ne désire pas écouter les recommandations du conseil consultatif".

Dialogue de sourds

Inauguré en 2012, le conseil consultatif avait pour mission d'aiguiller les décisionnaires de l'association sur des questions d'inclusivité afin que la Marche des fiertés londonienne soit représentative au mieux de la communauté LGBTQI+. Sa démission advient peu après celle de Rhammel Afflick, l'ancien directeur des communications et l'un des bénévoles noirs les plus anciens de Pride in London. Dans sa lettre de démission, le conseil consultatif appelle à ce que de nouvelles personnes soient en charge de l'organisme mais aussi à ce qu'une enquête soit ouverte quant aux accusations de harcèlement.

"Dire que toute cette histoire a été épuisante est un euphémisme, déclare Ozzy Amir, porte-parole du conseil consultatif. Nous avons essayé pendant des années de travailler de manière constructive avec Pride in London pour amener un changement positif dans nos communautés. Mais à un certain point, il faut dire que trop, c'est trop. C'est démoralisant quand des leaders plus anciens ne tiennent pas compte des opinions et conseils de la communauté parce que ça ne correspond pas avec leur avis personnel".

Une réponse encourageante

Face à ces démissions en masse, un porte-parole de Pride in London s'est exprimé. "Nous avons conscience que nous devons regagner la confiance des communautés noires et des personnes racisées, avance-t-il. Pour ce faire, nous allons passer totalement en revue nos processus et procédures au niveau décisionnaire afin d'amener un changement tangible et symbolique. Nous nous prononcerons davantage sur ces décisions au cours de la prochaine semaine". Pour la piqûre de rappel, malgré la crise sanitaire encore vive, la future Marche des fiertés de Londres est prévue pour le 11 septembre 2021.

Crédit photo : Pride in London via Instagram


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