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Avoir deux mamans ou deux papas : l’homoparentalité racontée par les enfants

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Les personnes LGBT+ ont toujours fait des enfants. Demain, elles seront de plus en plus nombreuses à en avoir. Adoption, PMA, GPA, coparentalité, transparentalité… ce sont encore leurs enfants qui en parlent le mieux.

Nous sommes en mars 2021, et les lesbiennes n’ont toujours pas la procréation médicalement assistée (PMA). Certaines continuent de se rendre en Espagne ou en Belgique, ou s’arrangent à la maison avec un donneur. Pourtant, la légalisation de cette technique leur est promise depuis la campagne de François Hollande en 2012. Voilà pourquoi on espère l’adoption prochaine de la “loi bioéthique”, après l’échec de la Commission mixte paritaire.

Pendant ce temps, certains gays se rendent dans des pays de l’Est, aux États-Unis ou au Canada pour avoir recours à la gestation pour autrui (GPA). D’autres se lancent dans des parcours d’adoption, qui aboutissent peu. Des couples gays et lesbiens choisissent de s’associer avec un homme ou une femme célibataires, ou encore avec un autre couple, dans un projet de coparentalité. Ainsi, en France, des enfants grandissent dans la joie, l’amour et l’adversité au sein de familles homoparentales et transparentales.

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Comme l’ont bien compris les enfants qui témoignent dans ce dossier, il suffit d’une “petite graine” pour faire un bébé. Mais, pour les parents, obtenir et faire pousser cette graine a un coût : “Une PMA coûte entre 3 000 et 15 000 euros ; une GPA, entre 90 000 et 150 000 euros”, détaille Nicolas Faget, le porte-parole de l’Association des parents gays et lesbiens. Alors, pour ceux qui sont au smic, “ce n’est même pas la peine d’y penser”, se désole-t-il. Pour fonder une famille, certains couples homosexuels ont donc recours à des emprunts, à des prêts familiaux ou encore à des ventes de biens immobiliers. En France, en 2020, l’homoparentalité est plus facile d’accès pour celles et ceux qui ont les moyens.

L’adoption, elle, est bien gratuite. Mais “l’accès à l’adoption pour les couples de même sexe n’a été que symbolique”,  précise Alexandre Urwicz, le président de l’Association des familles homoparentales. Pour ceux qui ont recours à la coparentalité, il faut faire le deuil d’un cadre légal stable, puisqu’il est impossible de faire reconnaître plus de deux parents. Impossible également pour certains parents trans d’être reconnus comme “père” ou “mère” après leur transition de genre. Dans un arrêt du 16 septembre 2020, la Cour de cassation a ainsi refusé à une femme transgenre, qui avait gardé ses capacités reproductives masculines, le statut de mère.

Malgré les difficultés, financières pour certaines familles, judiciaires pour la plupart, des couples LGBT+ ont des enfants tous les ans. Et Nicolas Faget l’assure : “On a de plus en plus d’adhérents qui réussissent à concrétiser leurs projets familiaux, quels qu’ils soient.” Avec toutes ces contraintes, être parent quand on est LGBT+, c’est beaucoup de pression. Et pour les enfants ? TÊTU leur a donné la parole.

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