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Le MaraisLa nouvelle vie de Lucky Records, le disquaire préféré des fans de Madonna

Par Florian Ques le 16/07/2021
lucky records

Après presque 30 ans d'existence, Lucky Records change de propriétaires. Réputée pour son vaste inventaire de disques collectors, la boutique parisienne se paie un nouveau look mais compte bien rester LA destination pour les fans de Madonna.

Même adresse, nouvelle équipe. Toujours située rue de la Verrerie dans le IVe arrondissement parisien, l'enseigne Lucky Records s'offre un changement de décor mais aussi de propriétaires. Ils sont donc cinq : Charles, Christopher, Clément, Jérôme et Nicolas. Tandis qu'elle s'apprête à célébrer son 30e anniversaire, la boutique est désormais entre leurs mains. Tous ont travaillé ou travaillent encore dans le secteur du disque. Ils connaissent leurs divas sur le bout des doigts et comptent bien faire honneur à ce lieu mythique.

Le temple de Madonna

Officiellement inauguré en décembre 1991, Lucky Records a longtemps été identifié comme "la boutique de Madonna". Et pour cause, la "Material Girl" internationale occupe une place de choix chez le disquaire parisien, avec une foultitude d'objets collectors chinés à son effigie. "Mon copain de l'époque, Christophe, qui est décédé, était LE fan de Madonna français, nous explique Maurice, l'un des fondateurs du lieu. Avec lui, on s'était dit que ce serait bien d'ouvrir une boutique de variété internationale mais surtout spécialisée dans Madonna. On a cherché dans le quartier et on est tombés sur ce local-là".

À l'origine, le magasin aurait dû s'appeler Lucky Star, en référence au single éponyme de la popstar. Cette information, c'est Maurice qui nous l'apprend. Ainsi qu'une flopée d'autres anecdotes. Comme, par exemple, la liste – non exhaustive – de ces personnalités qui ont passé une tête chez Lucky Records : Boy George, les Pet Shop Boys, Kylie Minogue, Christine and the Queens… "On sait que Madonna connaît la boutique même si elle n'est jamais rentrée", fait-il tout de même remarquer. Mais il ne lui en tient pas rigueur : grâce à elle, Lucky Records est tout bonnement devenu une destination iconique de la capitale.

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Crédit photo : Lucky Records

Et, à bien des égards, un lieu de pèlerinage. Des fans de Madge issus des quatre coins du globe se ruent chez Lucky Records dès qu'ils se trouvent à Paris. "Quand il y a eu son concert, ça a été l'euphorie dans le magasin, se souvient Maurice. Des clients pensaient même que la boutique appartenait à Madonna". Une réflexion logique quand on prend en compte les efforts colossaux pour transformer ce lieu en temple de la Madone. "C'était une époque différente où il n'y avait pas d'Internet, rappelle-t-il. On voyageait dans tous les pays du monde pour aller chercher des disques pas possibles. Et ça a cartonné tout de suite".

Une nouvelle clientèle à combler

Malgré le changement de propriétaires, Madonna continuera d'avoir une place de choix chez Lucky Records. Mais la Ciccone devra partager l'espace avec d'autres figures de la pop. "Il y a une évolution naturelle, souligne Jérôme, l'un des nouveaux gérants du disquaire. Aujourd'hui, Madonna a la carrière qu'elle a donc elle reste la queen ultime. Après, il faut respecter une nouvelle clientèle qui arrive et les nouvelles artistes qui arrivent à se placer comme Dua Lipa ou Ariana Grande". Dans un périmètre plus local, deux artistes francophones à la carrière en flèche sont aussi à surveiller de près : Angèle et Aya Nakamura. "Il y a un véritable marché qui est en train de se construire autour d'elles", affirme-t-il.

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Concrètement, l'offre de la boutique s'élargit pour répondre aux besoins d'une clientèle tout aussi changeante. Pendant longtemps, les habitués du lieu étaient essentiellement des hommes gays. Aujourd'hui, la fréquentation se fait plus diverse, comme dans l'ensemble du secteur du Marais, avec de plus en plus d'ados qui franchissent le seuil de Lucky Records. "On a aussi décidé de passer un cap sur les vinyles parce qu'il y a un vrai retour de hype sur ce format en ce moment, évoque Christopher, également en charge du magasin. Parce qu'en plus des fans, on veut aussi toucher une clientèle de quartier".

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Crédit photo : Lucky Records

Pour les cinq nouveaux propriétaires de Lucky Records, c'est un "rêve de gosse" qui se réalise. Avec, en revanche, des responsabilités d'adulte. Pour faire briller la boutique, chacun compte mettre la main à la pâte. L'un s'occupe des réseaux sociaux, l'autre des commandes, un troisième de la comptabilité et du planning… "L'aspect qui a été le plus compliqué, c'est l'inventaire, dévoile Christopher. Ils [Maurice et Georges, ndlr] avaient tout enregistré dans leur tête et on ne peut pas rentrer dedans. Donc on a dû rentrer informatiquement des dizaines de milliers de références". Un travail usant mais somme toute nécessaire.

Leurs années Lucky Records derrière eux, Maurice et Georges se réjouissent de passer le flambeau à leurs successeurs. Tous étaient d'ailleurs de fréquents visiteurs de la boutique, ce qui a contribué à installer une relation de confiance entre les deux générations. "Vous avez déjà une grosse partie des clients donc il s'agit de les garder et d'en fidéliser de nouveaux", avance Maurice aux nouveaux gérants du lieu. Depuis la réouverture ce mardi 13 juillet, ces derniers sont débordés. L'avenir de Lucky Records s'annonce radieux.

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Crédit photos : Lucky Records