filmÀ voir sur Netflix : "I Saw the TV Glow", envoûtante allégorie trans

Par Florian Ques le 29/10/2024
"I Saw the TV Glow"

Sous sa façade de drame adolescent qui nous renvoie dans l'atmosphère des années 1990, I Saw the TV Glow explore, à travers son obsession pour une série télé, le mal-être intérieur déchirant d'un lycéen trans. Une œuvre à part sur le vécu queer, disponible sur Netflix.

En mai prochain lors du Festival de Cannes, Jane Schoenbrun, cinéaste non-binaire à suivre, inaugurera son troisième long-métrage, Teenage Sex and Death at Camp Miasma. Sélectionné dans la catégorie Un certain regard, le film est vendu comme un slasher moderne porté par Gillian Anderson. Sera-t-il aussi queer que son précédent projet, I Saw the TV Glow ? Après avoir écopé d'une sortie uniquement en VOD en 2024, ce dernier figure désormais dans le catalogue de Netflix. Il s'agit du deuxième film d'une trilogie, commencée par We're All Going to the World's Fair en 2021, qui continue d'explorer le regard trans en jouant sur l'analogie avec nos travers médiatiques (internet dans le premier, cette fois les séries).

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Dans une banlieue pavillonnaire morose de l'Amérique des années 1990, le jeune Owen devient ami avec Maddy, une lycéenne peu sociable et méfiante. Tous deux suivent avec ferveur The Pink Opaque, une série télévisée fantastique pour ados. Mais tout change pour Owen quand Maddy fugue et que leur émission fétiche est brutalement annulée. Plusieurs années plus tard, son amie réapparaît et lui révèle que l'univers de The Pink Opaque existe vraiment : elle souhaite l'emmener là-bas, à ses côtés, et qu'ils abandonnent derrière eux leur triste réalité.

Être queer, c'est choisir

Au premier regard, I Saw the TV Glow donne à voir un récit vaguement perché sur des ados ayant consommé trop de fictions au point de ne plus pouvoir la distinguer de la réalité. Mais en filigrane, à l'aide d'une symbolique ainsi que des mises en scène et des dialogues calculés, le film dévoile un propos réfléchi et complexe sur la transidentité, où les écrans fonctionnent comme une métaphore de la dysphorie de genre.

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Pour les deux ados, The Pink Opaque représente un monde alternatif où ils peuvent vivre leur identité queer. En fuyant son quotidien restrictif, Maddy a fait le choix de s'assumer en tant que lesbienne. Quant à Owen, il opte pour un statu quo, trop effrayé à l'idée de chambouler sa vie et son entourage pour reconnaître sa transidentité. Toute l'œuvre n'est alors ni plus ni moins que le reflet des tiraillements intérieurs du personnage : doit-il franchir le pas et aller dans cet autre monde que Maddy lui vend ? À la fois beau et crève-cœur, le dénouement ne tranche pas frontalement mais offre un constat : qu'on accepte ou non de revendiquer son identité queer, elle ne disparaît pas, et sera toujours en nous.

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Crédit photo : Sony Pictures Entertainment

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