Marche des fiertésParis : les bars LGBT+ veulent des garanties pour faire la fête les soirs de Pride

Par Nicolas Scheffer le 07/10/2026
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Après une passe d'armes avec la préfecture de police lors de la Pride 2026 de Paris, les établissements LGBT+ du Marais demandent, avec le soutien de la mairie, un cadre clair pour faire la fête dans les rues jusqu'à 2 heures les soirs de marche des Fiertés.

À quelle heure doit s'arrêter la fête dans le Marais le soir de la Pride ? La question revient désormais chaque année ou presque. Après la marche des Fiertés samedi 3 octobre, les forces de l'ordre ont demandé aux établissements du quartier de couper la musique dans la rue à minuit trente. Fin juin, lorsque la Pride avait été annulée pour cause de canicule, les bars avaient pourtant été autorisés à organiser des DJ sets jusqu'à 2 heures du matin. Pour justifier cette différence de traitement, la préfecture de police invoque auprès de têtu· un "contexte particulièrement chargé en événements nécessitant une importante mobilisation des forces de l'ordre", entre mobilisations lycéennes et accueil du pape, mais aussi "de nombreuses plaintes de riverains faisant état de nuisances sonores".

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La décision passe d'autant plus mal auprès des établissements qu'elle leur a été annoncée à la dernière minute. "Ce n'est que l'avant-veille de la Pride que nous avons appris que l'on n'aurait le droit de faire de la musique dans la rue que jusqu'à minuit trente", regrette Rémi Calmon, directeur du Sneg & Co, syndicat des entreprises LGBT+. Or les établissements ont besoin de s'organiser bien en amont. "Nous recourons à une entreprise de sécurité privé, nous réservons des DJ et faisons appel à la Croix-Rouge... Une soirée de Pride ne s'organise pas du jour au lendemain", s'emporte Frédéric Hervé, patron du Cox, du Freedj et du Cactus.

"Il faut savoir se rebeller un peu"

Rien à faire : à minuit trente, "il y avait de nombreux agents pour nous demander d'arrêter de faire du bruit. Nous avons quand même continué, quitte à avoir une contravention", poursuit Rémi Calmon. "Parfois, il faut savoir se rebeller un peu lorsque c'est nécessaire. D'autant que nous avions des informations contradictoires", renchérit Frédéric Hervé.

Pour la mairie de Paris, permettre aux animations de se poursuivre jusqu'à 2 heures relève du bon sens : "Cela me semble difficilement applicable de demander aux gens d'évacuer la rue peu après minuit un soir de Pride", appuie auprès de têtu· le maire de Paris, Emmanuel Grégoire. "À Londres, Amsterdam ou Berlin, personne n'oserait demander à un bar de fermer ses animations à minuit un soir de Pride !", persifle Frédéric Hervé. C'est pourquoi le Sneg & Co réclame un cadre clair qui permette aux établissements d'anticiper. Cette demande est soutenue par la mairie de Paris qui souhaite formaliser ce dispositif pour les prochaines éditions, notamment dans la perspective des élections de 2027 et d'une préfecture qui pourrait se montrer moins conciliante encore.

Les conflits ne s'arrêtent pas à la question des horaires. Fin juin, alors que la Pride était annulée, la préfecture a cru bon d'annuler également l'arrêté de piétonnisation du Marais. "Les touristes étaient déjà là pour faire la fête et les bars avaient autorisation d'ouvrir : résultat, il y avait énormément de monde", retrace Frédéric Hervé. Malgré l'affluence, la police nationale ne voulait pas fermer la circulation aux voitures, contrairement à la police municipale qui le souhaitait. "C'était une erreur de considérer que parce que la Pride était annulée les gens n'iraient pas faire la fête un samedi de juin, alors que des soirées étaient programmées. La piétonnisation est une mesure de bon sens pour la sécurisation du quartier", regrettait alors le maire de Paris-Centre, Ariel Weil.

Plus largement, le syndicat aimerait que les pouvoirs publics prennent en compte la spécificité des établissements LGBT+. "C'est très difficile de faire vivre un lieu communautaire. Il n'y a qu'à voir les fermetures petit à petit. Nous avons besoin d'être aidés plutôt que fliqués pour continuer à rester un refuge", poursuit Rémi Calmon. Pour 2027, les établissements LGBT+ et la mairie espèrent donc éviter une nouvelle négociation de dernière minute. Avec, en ligne de mire, la reconnaissance de la spécificité du quartier et de ses établissements communautaires les soirs de Pride.

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Crédit photo : Capture d'écran Instagram / @coxbarparis