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autoLa Mini, taille mannequin

Par Sébastien Mercadie le 07/10/2026
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[Rubrique à retrouver dans le magazine de l'automne, chez votre marchand de journaux ou sur abonnement.]Le couturier Paul Smith rhabille la Mini avec une édition spéciale à son nom. Née de l’austérité, la petite Britannique est devenue une icône de mode.

Des rétroviseurs peints dans un vert Nottingham, en référence à la ville natale de Paul Smith. Un "Hello" manuscrit projeté au sol à l’ouverture de la portière. Un petit lapin dessiné à la main sur le tapis de sol. Avec cette nouvelle édition de la Mini, le styliste anglais retrouve une vieille connaissance. Leur histoire commune remonte à 1998, lorsqu’il signe une série de voitures dans un bleu créé pour l’occasion, avant d’habiller, l’année suivante, pour les 40 ans du modèle, un exemplaire unique arborant 86 rayures de 26 couleurs. Déjà, la Mini se porte comme un vêtement.

Sa naissance répond pourtant à bien d’autres préoccupations que la mode. Après la crise du canal de Suez, en 1956, qui entraîne des restrictions d’approvisionnement en pétrole, la British Motor Corporation charge l’ingénieur Alec Issigonis d’imaginer une voiture économique capable d’accueillir quatre personnes et leurs bagages. Présentée en 1959, elle est tout entière dessinée autour de cet impératif.

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À Londres, cette silhouette issue de la contrainte séduit bientôt une génération qui bouscule les vieux codes. Selon la légende, Mary Quant, la créatrice qui a imposé la minijupe dans les sixties, dira avoir nommé celle-ci en référence à sa voiture préférée. En 1988, elle signe la série "Mini Designer", à la sellerie rayée noir et blanc.
Le passage de la Mini sous le contrôle de BMW ouvre un nouveau chapitre au début des années 2000.

La personnalisation devient l’un des ressorts du modèle, des couleurs de toit aux bandes de capot, tandis que la marque resserre encore ses liens avec la mode en devenant partenaire du Life Ball de Vienne, événement caritatif consacré à la lutte contre le VIH-sida. Dans ce cadre, Mini commence à confier des exemplaires uniques à des stylistes : Angela Missoni, Donatella Versace, Diesel, Agent provocateur, Calvin Klein Collection, Dsquared²… Au fil des éditions, leur vente aux enchères permet de récolter plus d’un demi-million d’euros.

À force de fréquenter les podiums, Mini finit par y monter. Partenaire du salon Pitti Uomo de Florence, la marque y présente en 2016 “Mini Fluid Fashion”, une collection développée avec cinq jeunes labels, dont Études Studio, Agi & Sam et Sunnei.

En 2021, la Mini Strip de Paul Smith se présente dépouillée de tout élément superflu, laissant apparents certains matériaux et éléments de fabrication. L’année suivante, il électrifie l’une des Mini qu’il avait dessinées en 1998, sans toucher à son bleu d’origine. Le couturier britannique a bâti son style sur un vestiaire classique qu’il dérègle d’une couleur, d’une rayure ou d’un détail inattendu. La Mini fait à peu près la même chose depuis plus de soixante ans : elle change de tenue sans perdre sa silhouette.

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Crédits photo : BMW AG