Oups, pas de LGBT dans le programme de Manuel Valls
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Oups, pas de LGBT dans le programme de Manuel Valls


Mise à part une timide mention au sujet de la PMA, Manuel Valls ne propose aucune mesure à destination des LGBT dans son programme de campagne…

Mardi 3 janvier, Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche, a présenté son programme de campagne pour l’élection présidentielle derrière l’adage « Une République Forte. Une France juste. » Un document d’une cinquantaine de pages disponible sur son site pour étayer son « projet pour la France » . Seul problème, les termes « LGBT », « gay.s », « lesbienne.s », « homosexuel.le.s » ou « transgenres » n’apparaissent nulle part dans le texte. Pas même dans le chapitre intitulé « Lutter contre les discriminations » restreint à l’égalité homme-femme et aux inégalités sociales.

A en croire son programme, Manuel Valls ne proposerait donc absolument aucune mesure concrète à l’adresse de la communauté LGBT. Pourtant, lorsqu’il siégeait à Matignon, il a pu être témoin des innombrables appels lancés par les associations LGBT pour davantage d’égalité, à commencer par la déjudiciarisation du parcours de changement d’état civil pour les personnes trans, la sécurisation des familles homoparentales, l’ouverture du mariage pour tous aux couples binationaux ou encore l’amélioration de la lutte contre les discriminations LGBTphobe en milieu scolaire et professionnel.

Seule une brève mention faite au sujet de la procréation médicalement assistée (PMA) pour l’heure restreinte aux couples hétérosexuels mérite l’attention. Sans s’avancer sur une ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes – bien qu’il s’y dise favorable à titre personnel – Manuel Valls propose simplement l’ouverture d’un débat sur la question :

Le président de la République doit aussi être celui qui assume d’ouvrir certains débats qui traversent et parfois fracturent notre société. Je pense notamment aux grands enjeux bioéthiques qui restent devant nous, autour notamment de la question de la PMA, mais aussi aux débats profonds qui demeurent autour du droit à mourir dans la dignité. Je ne chercherai pas à éviter ces sujets car notre société, si elle accepte l’éthique de la discussion et de la responsabilité, peut sortir grandie de ces échanges.

Le président de la République a dans ces moments-là un rôle essentiel à jouer : celui de garantir que les débats n’abîment pas l’unité de la Nation ; celui de prendre sa part à la construction d’un consensus difficile.

Lors de la conférence « Face aux chrétiens » tenue hier et relayée par La Croix, le candidat a argué que ce « consensus » donc, devrait être plus large que lors des débats autour du mariage pour tous, pour éviter tout sentiment « d’absence d’écoute et de concertation ».

L’annonce sent non seulement le déjà-vu, mais aussi l’hypocrisie politique. L’ouverture de la PMA ayant déjà fait l’objet d’une promesse électorale vendue par la gauche dans la bouche de François Hollande avant et après son élection.

Laurence Rossignol enfonçait même le clou en avril dernier. Au poste de ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, elle promettait que l’ouverture de la PMA ne serait pas portée par le gouvernement en place, mais par le prochain candidat de la gauche aux élections présidentielles… A croire que la PMA a plus de chance d’exister dans les programme de campagne que dans les livres d’action de l’exécutif.

Selon un sondage Odaxa réalisé pour Le Figaro au mois de juillet, la population française serait majoritairement favorable à l’ouverture de la PMA pour les femmes célibataires (à 60%) et pour les couples de femmes (à 54%).

 

Crédit photo CNNum/Flickr

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