Romance M/M : qui sont ces hétérotes qui écrivent des histoires érotiques gays ?
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Romance M/M : qui sont ces hétérotes qui écrivent des histoires érotiques gays ?


Dans le cadre de notre série d’articles « Nos ami·e·s les hétéros », nous sommes allés à la rencontre de ces femmes qui dévorent de l’amour entre hommes au kilomètre : bienvenue dans la communauté de la Romance M/M.

C’est un genre mystérieux en pleine expansion. Inspiré de l’univers des yaoi (NDLR : les mangas qui mettent en scène des couples de garçons), la « Romance MM » est un genre littéraire écrit par et pour des femmes, majoritairement hétérosexuelles. Si les lectrices et autrices sont majoritaires dans cet univers, des hommes lisent et écrivent aussi de la romance MM, mais se comptent sur les doigts d’une seule main. De l’autre, ils lisent des femmes hétéros, qui sont des milliers à coucher les couples d’hommes sur le papier. Quels intérêts trouvent-elles dans cette mise à distance de ce qu’elles connaissent a priori bien, les femmes et l’hétérosexualité ? Bienvenue en Homoromance…

Une mise à distance

Quand on se plonge dans le catalogue des MM – il y a plus de 100 titres sur le site de critiques littéraires Babelio -,  on est assez saisi de la simplicité des intrigues, des sortes de romans Arlequin homosensibles, des scénarii de téléfilms de milieu d’après-midi sur M6 qui mettraient en scène des hommes ensemble, et surtout, de l’érotisme gay. Ajoutez-y des couvertures souvent créées avec des banques d’images stéréotypées, un travail minimum de graphisme (sauf certaines exceptions, où l’on se retrouve dans des univers oniriques), des pseudos d’autrices cryptiques américanisés (et des jeux de mots à base de leurs initiales), des titres « fleur-bleue » ou drama-queen, au choix. Mais attention, les histoires sont bien construites, souvent crédibles, passionnantes, feuilletonnantes, les dynamiques narratives bien respectées, les scènes de sexe très détaillées (quand il y en a), bref, ce n’est pas du Proust (et ce n’est pas ce que les lectrices cherchent), mais ça se lit, et certaines deviennent même accro à des sagas qui s’étalent sur moult tomes…

Aux États-Unis, dont beaucoup de titres en français sont simplement traduits ou largement inspirés, on en compte des milliers. Depuis quatre ans en France, les autrices s’emparent du genre. Charlotte Arnaud, éditrice, a fondé la maison d’édition Mix Editions, spécialisées en romances M/M :

J’ai connu les romances MM par le biais d’une amie qui m’a fourré entre les mains une fanfiction MM. De là, j’ai glissé vers le yaoï, l’écriture de fanfics et, par hasard, en googlant un de mes textes pour voir s’il y avait des retours ailleurs sur le net, j’ai découvert Mix de plaisirs, un forum spécialisé en romance MM, dont je ne soupçonnais même pas l’existence. J’ai commencé à en lire pas curiosité…  Au départ, j’ai aimé la possibilité de passer outre les personnages féminins avec lesquels j’ai souvent du mal en littérature généraliste. Je trouvais rafraichissant de pouvoir évacuer la question du genre. Je crois que chaque lectrice à ses raisons d’en arriver là : rejet des personnages féminins stéréotypés, hasard, fantasme, non-agressivité du personnage masculin, l’impression de sortir hors des clous, lassitude vis-à-vis de la romance hétéro…

 

Pour Nathalie Marie, autrice de MM, c’est aussi une « lecture sans prise de tête et parfois, ça fait du bien ». Elle n’y voyait qu’une nouveauté : « Je ne pense pas que ce soit si différent de la romance MF (male/female). Le fait est que j’aime la romance, mais que je m’étais lassée du MF ». C’est quand même par des romances MM qu’elle démarre l’écriture :

Je voulais écrire depuis des années sans y parvenir. La romance MM a libéré quelque chose en moi, elle a créé une certaine distance émotionnelle qui m’a permis de raconter par l’écrit des histoires qui vivaient en moi, auxquelles je n’avais jusque-là pas accès. Le processus créatif est capricieux et étonnant, et difficilement exprimable. Ce genre n’est pas un choix délibéré, ni réfléchi. C’est ce qui est sorti de mon cerveau pour se prolonger vers mes doigts et mon ordinateur. J’ai laissé mon imagination s’exprimer telle qu’elle le souhaitait, sans entrave.

 

Pour Charlotte Arnaud :

Le MM a libéré quelque-chose pour moi et j’ai pu reprendre le clavier après un break de dix ans… Sans en être certaine, je pense que c’est en partie lié à ce souci que j’ai avec les personnages féminins. En fait, c’est sans doute un peu étrange, mais le masculin représente pour moi quelque-chose de « neutre ». Je n’ai pas l’obligation de créer un personnage fort pour ne pas être taxée de sexisme. Avec le MM, j’avais le double avantage de pouvoir écrire de la romance si l’envie m’en prenait, et de garder cette impression de neutralité. Je n’ai pas envie de traiter les questions d’images liées à la femme.

L’homosexualité est un prétexte

Que connaissent ces femmes de l’homosexualité pour en faire des romans ? La recherche de crédibilité (homophobie, difficultés personnelles ou avec l’entourage, sexualité…) est-elle prise en compte ? Charlotte nous confie fréquenter la communauté LGBT  pour des raisons extérieures au MM :

J’ai pas mal d’amis gays. On échange, on discute sur ce sujets et d’autres. J’imagine que ça nourrit la réflexion. Mais plus j’ai avancé dans le MM, plus j’ai compris que les mêmes clichés féminins étaient souvent exportés et plaqués sur les hommes.

Paradoxalement, les personnages masculins de romans MM se voient affubler les stéréotypes féminins antédiluviens (sensiblerie, vanité, etc.). Pour Nathalie Marie, écrire du MM a été une porte ouverte sur les LGBT, à leurs difficultés et leurs combats :

Si un seul de mes livres peut toucher une personne au point de l’amener à plus de bienveillance et de tolérance, alors ça me va. J’ai lu quelques articles sur l’homosexualité et je connais quelques homosexuels. Ceci étant, je parle essentiellement d’amour. Alors, l’amour, pour moi, qu’il soit hétéro ou homo, c’est la même chose. Je ne fais aucune différence. À tort, peut-être, car les psychés sont différentes, mais au fond, aimer c’est aimer.

 

Un libraire débordé d’amour

Nicolas, de la librairie LGBT parisienne « Les mots à la bouche« , voit depuis 2 ou 3 ans exploser le nombre de titres et de maisons d’éditions spécialisées :

C’est globalement une clientèle qui a entre 17 et 30 ans, qui est à fond, dès le jour de sortie, qui suit et reste en contact avec les autrices, via des blogs… Des maisons comme Milady, MM Bookmark, Homoromance Editions ont beaucoup publié, mais il y a aussi pas mal d’autoédition et d’impression à la demande. C’est une génération qui a connu les yaoi en manga, et qui évolue vers la littérature, écrit des fanfictions; c’est la même communauté de femmes. Même si en boutique, bien-sûr, il y a des hommes que ça intéresse quand ils les découvre…

 

Que lire ?

Nathalie Marie n’a pas d’auteur(s) préféré(s), mais surveille les sorties de certains d’entre eux :

Lou Harper, Jordan L. Hawk, TJ Klune, Josh Lanyon, Claude Neix, Jordan Castillo Price, Jay Northcote. Je suis aussi certaines séries, ce qui fait que j’attends les suites : Les chroniques de Ren de Faith Kean, Thirds de Charlie Cochet, celles d’Aurore Doignies, Next Gen de Rohan Lockhart.

Charlotte Arnaud, l’éditrice de Mix Editions, a son favori :

Je rechigne à le classer comme MM, car ce n’est pas une romance, mais le héros étant gay, je dirais la série de fantasy Terre de Héros de Richard Morgan. C’est une épopée riche, magique, épique, mais qui aborde également tout un tas de sujets de sociétés avec une finesse rare. En plus, c’est superbement bien écrit. C’est ce genre de roman que je recherchais dans le MM au départ, mais ils sont rares.

On trouve également des titres de romance Femme/Femme évidemment, « à la différence qu’elles sont écrites par des femmes lesbiennes pour des femmes lesbiennes », précise Nicolas des Mots à la bouche. Les éditions Dans l’engrenage en proposent dans une collection « romance », les éditions KTM en publient depuis une bonne dizaine d’années sans revendiquer l’appellation « F/F » ou « LesboRomance », mais simplement « Romans ».

D’après Charlotte Arnaud, on trouve également de bons thrillers M/M, moins centrés sur l’amour mais toujours aussi homo, dans lesquels l’histoire n’est pas un simple prétexte pour enchaîner les scènes de sexe. Mais aussi de l’heroic fantasy, des fanfictions mettant en scène des héros de séries télévisions, ou même des histoires d’amour entre politiques, comme entre Emmanuel Macron et Manuel Valls… Rien que ça…

Les maisons d’éditions :

https://homoromance-editions.com/
http://www.milady.fr/
http://www.mxm-bookmark.com/
http://steditions.com/
http://mix-editions.fr/

Le site des Mots à la bouche : http://motsbouche.com/fr/

 

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  • lecteur de MM

    Cliché? vous avez dit cliché?
    Il manque certaines maisons d’édition MM. Votre panel est très réducteur.

    • Sandrine Mlivres

      d’accord avec toi, c’est rempli de cliché. Le panel est réducteur. On ne parle pas des hommes auteurs qui sont plus nombreux qu’on le croit dans le genre, et les lecteurs masculins qui s’affichent de plus en plus.
      Les lectrices ne sont pas tous venus du yaoi aussi…. etc etc.

  • Angie Le Gac

    Les auteurs MM masculins se comptent sur les doigts d’une main ? Je n’aimerais pas avoir votre main alors… Elle doit être vraiment bizarre. Renseignez-vous un minimum avant de faire un article, au moins autant que les hétérotes qui écrivent du mm 😉

  • Claire Brunez

    Toutes les auteurs de MM que je connais (elles détestent « autrice »), n’écrivent pas que POUR les femmes. Le nombre de lectrices est plus élevé, c’est tout !…Peut-être (notez bien que je n’affirme pas !) que le genre n’est pas encore assez connu des hommes puisqu’il est souvent nommé sous le terme de « romance » (il n’y a pas que ça, le registre des histoires est tellement vaste). Pauvres auteurs masculins, 5 parmi toutes ces femmes !!! (bizarre, j’en ai plus dans ma liste de lecture).
    Personnellement, je n’ai jamais lu de yaoï, ni de fantics…mon premier roman MM je l’ai découvert par une plate-forme incontournable : Amazon. Incontournable car vous oubliez les auteurs auto-édités.
    Enfin, des FF écrits par des lesbiennes… euh !…l’une de ces auteurs va devoir changer de bord alors parce que sa moitié est tout ce qu’il y a de masculin.

  • yphirendi 45

    Condescendance et clichés, ce dont on a déjà l’habitude quand il est question de romance « classique. » Dommage que vous soyez aussi réducteur dans votre article et que vous oubliez tellement de bonnes maisons d’éditions qui publient dans ce genre.

  • Sandrine Mlivres

    pour information Harlequin avec H pour la maison d’édition…

  • Victoriane Vadi

    Ouaaah… toute cette colère ! Je vais faire tache au milieu des commentaires qui désapprouvent mais cet article est très bien, merci d’avoir dédié quelques mots à notre communauté. Je rougis de lire que tout le catalogue MM disponible à ce jour n’est pas toujours de grande qualité, parce que c’est vrai. Au milieu des Prince Captif et des Chroniques de Ren, il y a aussi des romans plus « faciles » que la postérité oubliera sans doute. Mais merci de ne pas avoir fait preuve de pudibonderie : il s’agit bien comme l’article le dit d’une littérature écrite majoritairement par des femmes pour les femmes. Et ça j’espère que la postérité ne l’oubliera pas. L’idée que la femme puisse nourrir des fantasmes sexuels a été un si terrible tabou, et pendant si longtemps, qu’il est heureux qu’il y ait enfin des domaines culturels à forte majorité féminine. Et c’est une très heureuse coïncidence si la libération de la femme s’accompagne de beaucoup de bienveillance envers la communauté LGBT. (PS : Merci d’avoir employé le mot « autrice », qui est le véritable terme français. Vous roxxez !)

  • Sarah M.

    Je suis loin d’être du genre à laisser des commentaires sur les articles, même je ne suis pas d’accord avec l’article peu importe le sujet. Je ne suis pas du tout haineuse et j’écris en toute honnêteté pour vous faire part de mon désaccord et de la vision des choses que j’en ai. Mais là, je ne me peux pas me permettre de rester silencieuse. Je suis tout simplement outrée de cet article totalement méprisant et réducteur non seulement des auteur(e)s, des femmes en général, est passé le cap de la publication. Je le suis encore plus de lire ça sur Tétu, qui jusqu’à cette lecture m’a toujours paru comme un site/mag prônant la tolérance et l’ouverture d’esprit, une saine sexualité consentante, etc. !!
    Je n’ai rien contre les interventions de Nathalie Marie et Charlotte Arnaud. Mais surtout contre ce qui le reste de l’article qui est truffés de clichés, d’irrespect contre les lecteurs et auteurs, de dédain contre le genre malgré la section dont il fait partie. Ironique…

    Déjà, comme d’autres l’ont souligné, il y a énormément de lecteurs et d’auteurs (même amateur non édités), même hétéros. Les gens lisent ce qu’ils veulent sans passer pour des lecteurs pas cultivés, pas exigeants (au contraire, j’ai souvent vu des critiques acerbes de romans faciles, juste là pour remplir les coffres, surfer sur la vague). Dans l’autre sens, les femmes comme les hommes peuvent écrire autant du MF, MM, FF, de la ‘’chick lit’’ (oui oui, il y a des hommes qui écrivent cela !), des policiers, des romans historiques, des fantasy, etc Et par exemple, un mm peut très bien être dans un genre sans que cela prenne le pas sur l’histoire, comme un policier.

    Les femmes écrivent pas des trucs corrects qui ‘’se lisent’’ seulement !!! C’est affreux d’écrire ça !!! C’est réduire des centaines d’œuvres à quelques-unes (il y en beaucoup plus qu’une centaine… sans compter tout ce qu’il y a sur internet) ! C’est comme si on réduisait tout le théâtre qui a été produit mondialement durant toute l’histoire de l’humanité aux œuvres de Racine et Molière !

    Le MM n’est pas destiné qu’aux femmes. Oui, le public est beaucoup féminin, mais de dire que c’est réservé qu’aux femmes, je trouve ça cliché… Personnellement, je suis auteure et jamais, une seule seconde, j’ai pensé que j’écrivais que pour les femmes. Je prends avec plaisir la critique constructive, les suggestions, pour peaufiner mon écriture, mais jamais j’ai modifié une ligne pour cadrer dans des ‘’normes’’ du MM. Non, j’écris juste pour ceux qui voudront bien me lire et aimeront mes histoires, mon écriture. Peu importe leur genre, leur orientation, leur statut social, leur race, etc.

    C’est quoi le mal à avoir lu de la fanfiction ou des mangas ? D’avoir pu s’exprimer à travers les œuvres des autres ou lire ce que l’on avait envie de lire par notre fandom préféré ? À se forger une identité, devenir plus respectueux des autres par nos lectures ? Rien… Les fanfics slash, les yaois, sont pas moins de la littérature. Certaines que j’ai lu auraient bien mérités de se faire publier tellement elles étaient brillantes par rapport à des romans vite écrits sans contenus pour faire mousser les profits. D’autres gens se sont même initiés directement au genre avec des romans édités… Et je ferais remarquer que la littérature LGBT existait depuis des siècles, les fans féminines d’œuvres diverses ont pas inventé ça, juste démocratisé… C’est normal vu le contexte historique que les œuvres étaient plus écrites par des hommes…. En plus, les rares femmes prenaient des pseudos masculins pour pouvoir simplement avoir le droit d’écrire comme George Sand…

    Pour moi, écrire du MM (ou même des fanfics !), c’est de l’art, de la création, au même titre que tout type littéraire. Oui. il y a de l’érotisme dans ce que j’écris (de tout d’ailleurs, même du FF alors que je suis hétérosexuelle). Je n’écris pas des scènes de sexe pour transposer mes fantasmes, mouiller ma culotte sur des mecs culturistes, parce que je suis ou que le lectorat le demande. Non, j’en écris parce que ça fait partie de la vie, c’est normal pour moi de parler de sexualité et de ses désirs sexuels, c’est une partie intégrante d’un couple ou d’une relation entre partenaires. Quand j’en écris une, elle n’est jamais futile, inutile dans le cadre d’une histoire qui n’est pas exclusivement érotique (PWP). On m’en pointe une dans mes romans, je peux dire exactement à quoi elle sert dans le récit, pourquoi je l’ai écrit. Et je sais que c’est le cas de beaucoup d’auteur(e)s. De plus, ça me permet de m’affirmer dans ma vraie vie en tant que femme, être libre au niveau de mon corps, de mon rapport avec la sexualité, la vie de couple.

    Je suis pas là à baver sur les gays et être excitée… Non j’aime juste lire de la romance en général, c’est tout… Et si des femmes aiment ça pour le plaisir des yeux et des sens tout en étant hétéros, tant mieux pour elles. Elles vivent comme elles et ça peut nourrir leurs imaginaires.

    Il existe des MM ou FF sans sexe, dans le style young adult ou des histoires avec des personnages plus âgés… Et ils ne sont pas moins intéressants. Ils
    sont souvent très bien écrits aussi. Le sexe est pas nécessaire.

    Par rapport encore au passage sur Babelio… Oui, des romans peuvent être faciles, être fait dans le but de faire vendre… Mais c’est loin d’être la majorité des romans. Et on reconnait facilement ce genre de textes.

    Avez-vous lu déjà des romans MM ? Je ne pense pas à la lecture de cet article… Dire que TOUS sont comme des téléfilms de M6, wow, insultant… De plus, une intrigue simple (ex un mec qui aime son meilleur ami par exemple) peuvent être traités de mille façons. Ça ne veut strictement rien dire sur la qualité. Il faut faire preuve de discernement quand on achète par rapport aux éléments (résumé, réputation de l’auteur, couverture, critiques, etc.), c’est tout.

    Aussi, pourquoi des auteurs se taperaient des heures d’écriture pour vendre par exemple 500 exemplaires ? Si certains sont attirés par l’appât du gain et le font, je pense qu’ils se font des illusions lol Ce n’est pas avec les ventes qu’ils peuvent en vivre complètement… Être auteur n’est pas une mine d’or, souvent on n’arrive pas à vivre de sa plume, à part ceux qui ratisse large niveau public… Et pour devenir riche avec le MM, on repassera… surtout avec l’homophobie latente et au grand jour dans beaucoup de sociétés occidentales…

    Je me sens heurtée en tant que personne qui écrit du MM, car je mets tout mon cœur et toute mon âme dans mes écrits. Je passe littéralement des heures de recherches, je peaufine encore et encore un pauvre 100 caractère, je modifie pendant des heures des scènes. Avec tous les efforts que je fais (qu’on aime ou pas mon histoire), je ne veux pas que mon texte ressemble à un téléfilm bâclé. J’espère profondément qu’il soit réaliste ou qu’un univers soit créé. Je le fais pas pour répondre à des standards ou pour vendre. Certaines personnes sont plus prolifiques et rapides dans la création que moi, mais elles font le même travail ardu que moi pour arriver à pondre une histoire.

    Les personnages sont loin d’être toujours ‘’fémininsés’’, pleurnichards, ‘’grandes folles’’, non agressifs et tout ça… Il y en a, mais comme partout quand on représente l’homosexualité (séries, films, etc.).

    Oui, il y a beaucoup de couvertures moches avec des hommes torses nus et souvent musclés à l’extrême. Personnellement, je déteste ces couvertures dans la mesure où ça ‘’objectivise’’ les hommes comme on le fait pour les femmes (les images en tant que telles ne me dérangent pas) et c’est pas dans ma vision du féminisme. Ça ne m’a jamais amené à acheter un livre et. Si certaines aiment ça, alors pourquoi pas… Il existe des tonnes de belles couvertures travaillées, au graphisme réussi, aux jolies photos non-tirées des banques d’images libres de droits ou aux magnifiques illustrations. Là, ça m’attire beaucoup plus à acheter. Je pense notamment à MXM Bookmark qui en a des très belles et pas qu’en fantasy, par exemple celles de Lily Haime, toujours stylisées et accrocheuses à l’œil, jamais vulgaires. Ensuite, c’est selon nos goûts esthétiques… Cependant, une couverture avec un mec à poil ne veut pas dire mauvaise histoire pour autant. La même chose pour une femme sur une couverture, ça dépend du contenu. J’ai acheté de nombreux romans par leur résumé qui avaient une couverture comme cela. De belles histoires qui auraient méritées une meilleure couverture, mais c’est suggestif. Et si les auteur(es) de ses romans aiment ça, grand bien leur fasse.

    Quant aux pseudos, oui il y a beaucoup des américanisés, avec des initiales. Mais en quoi c’est moins bien que de signer avec son vrai nom ? Je soulignerais que l’auteure la plus riche actuellement d’Angleterre (J.K. Rowling) en a utilisé un sous les pressions de sa maison d’édition pour faire cool et que les gars ne soient pas rebutés par ‘’Joanne’’ (leurs propos)… J’ai lu que certaines filles qui écrivent du MM avec des initiales ou un prénom masculin le font pour cette raison, pour ne pas bloquer un certain public ou pour qu’on ne sache pas trop si on a affaire avec une auteure ou un auteur. Même si on peut ne pas être d’accord avec ces raisons, ces auteures ont le mérite de vouloir qu’on s’attarde à leurs histoires et non pas à leur genre ou leur vie privée. Aussi, avoir un pseudo peut s’avérer essentiel pour certaines personnes pour leur emploi. Par exemple, j’occupe un poste de gestion et sans avoir honte de ce que j’écris, je ne veux pas que des gens fermés d’esprits ou que je connais peu tombent là-dessus… C’est trop un loisir personnel et je veux le dire à qui je veux… Je sais aussi que des auteures sont dans le milieu de l’éducation. À la base, pas mal d’enseignants ne veulent pas que leurs élèves/étudiants tombent sur leurs vies privées (on les comprend de vouloir garder une intimité à eux). Alors, j’imagine si des parents intolérants tombent là-dessus…

    Pardon, mais j’ai lu certains romans qui auraient mérité d’attention autant que du Proust… Des romans intelligents, surprenants du début à la fin, aucunement faciles. Des romans qui te jettent par terre tellement ils sont bien écrits. Des romans qui ne sont pas toujours légers et rose bonbon (et j’aime le sucré ! Il y a juste une panoplie de romans dans le spectre entre la guimauve et la ‘’souffritude’’ comme on dit souvent). Parfois, certains romans amènent des questionnements sur des enjeux de société ou des sujets autres que tout ce qui touche à l’homosexualité.

    Je suis d’accord que parfois les personnages féminins sont clichés, ne sont pas mis en valeur. On veut parfois que se concentrer sur les deux hommes mis en scène au détriment des personnages secondaires. Cependant, à l’opposé, des auteur(e)s en font des intelligentes, avec des caractères, autant des forces que des failles.

    En quoi on est obligé d’être nécessairement gay pour écrire du gay ? Ark. On peut écrire sur un tueur en série sans pour autant rêver de commettre le moindre crime… C’est la même chose pour être pouvoir les droits des LGBT sans l’être, être contre les violences raciales sans le vivre, être pour l’accessibilité des lieux et la reconnaissance des personnes handicapées, etc. ! C’est un raccourci intellectuel qui m’horripile. Et les thèmes comme le coming out, les difficultés personnelles ou familiales, l’homophobie, etc., c’est quand même universel dans le sens où ça touche à des sentiments, à des situations, bien réels. Il suffit qu’un peu d’empathie et de cœur même si on ne le vit pas soi-même. Il suffit que de faire des recherches comme pour n’importe quel sujet. Et on peut être réalistes, sans fréquenter les milieux LGBT. D’ailleurs, j’espère au moins que vous conviendrait que c’est une communauté vaste et avec un horizon large d’individus avec des opinions, des vécus, des positions politiques et sociales différentes, etc. Évidemment, on ne peut pas exactement dire comment ça se passe dans la tête d’un homme et inversement, mais l’amour, les sentiments, c’est HUMAIN… Autant des femmes ou des hommes peuvent écrire du MM, du FF, du MF, etc. et que ce soit crédible. Les gens peuvent se reconnaitre dans les personnages, dans ce qu’ils leur arrivent.
    Voilà ce que j’avais à dire… J’ai été un peu longue pour cet article court, mais bon, mon but n’était pas de démolir l’article, mais de dire combien il m’a choquée… Cordialement…

  • werpout

    C’est quoi ça « autrice »?????

  • Olivier Terroine

    Les chroniques de ren, pour le moment 2 tomes vraiments passionnant , tres bien ecrit, histoire fantastique sur une dimension parallèle. ..
    A lire,
    Pour le moment, le meilleur roman MM que j’ai pu lire

  • Elisa-Lilith Carpentier

    Je trouve l’article très réducteur. Je connais énormément d’auteurs MM aussi bien hommes que femmes. Je trouve dommage que l’article soit autant bourré de cliché et aussi réducteur. Il y a des histoires vraiment poignantes et passionnantes dans le MM, j’en lis depuis des années et je ne m’en lasse pas. Il n’y a pas que de la romance, il a du policier, du fantastique, de la SF, bref un peu de tous les styles littéraires.

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