Contre la Manif pour tous, des bisounours et des cagoulés

Dimanche 16 octobre, la Manif pour tous redescend dans la rue. Deux contre-manifestations lui répondront, mais aucune association LGBT ne s'est mêlée de l'organisation.

Deux contre-manifestations, deux ambiances. Dimanche, un kiss-in est organisé par Jacky Majda, un professeur de maths qui n'appartient à aucune association. Il se tiendra à Paris, place de la République. Mille personnes ont répondu présentes sur l'événement Facebook. Il en va de même pour un événement d'une toute autre teneur, organisé par le groupe Autonome Aktion France, qui compte "perturber" la marche de la Manif pour tous. Voici ce que ce groupe antifasciste annonce sur son événement Facebook :

A Paris, le 16 octobre les réactionnaires et fascistes de la manif pour tous veulent manifester de nouveau. De la droite à l'extrême droite, en passant par les catholiques intégristes, une même haine des lesbiennes, homosexuels, et des minorités a pu s'exprimer dans les rues de Paris et ce massivement - jusqu'à 1 million de personnes. Nous ne pouvons laisser une énième fois ce déferlement fascisant manifester tranquillement. Ramenez vos k-ways, des drapeaux, des banderoles et tout ce qui est nécessaire pour montrer que chacun peut être libre de décider la vie qu'il veut mener, mais surtout d'affirmer ses choix et de déconstruire les normes patriarcales/machistes de la société capitaliste.

Le lieu de la contre-manifestation des antifascistes ne sera connu que samedi dans la soirée. Les images utilisées sur leurs pages Facebook présentent des scènes de "cassage" et il y a fort à parier que leur présence sera extrêmement surveillée par les forces de l'ordre.

A TÊTU, un membre du groupe Autonome Aktion explique que "si quelqu’un agresse un homosexuel, on ira le défendre. En attendant, on va juste perturber leur manifestation sans violence. Les cathos intégristes vont apporter leurs enfants, donc il faudra faire attention. Et si certains veulent passer au combat, on passera au combat."

Un kiss-in, une contre-manif, zéro LGBT

Aucune association LGBT ne participe à l'un ou l'autre de ces événements. Clémence Zamora-Cruz, la porte-parole de l'Inter-LGBT, règle la question de la contre-manifestation des Autonomes en expliquant qu'elle n'a "aucun contact" avec le groupe de militants radicaux et "ignore qui sont ces gens". Quant au kiss-in, les antécédents dans la carrière de Jacky Majda ont résolu l'Inter-LGBT à ne pas participer :

Nous sommes embêtés que l’organisateur de ce kiss in se présente comme un citoyen lambda alors qu’il a un passif. Jacky Majda était positionné dans la liste de Charles Beigbeder à Paris, et dans cette liste il y avait des personnes proches de la Manif pour tous qui ont tenu des propos homophobes. Nous avons le sentiment que c’est une récupération politique et que cette personne veut se racheter une bonne conscience. Nous ne disons pas aux gens de ne pas aller manifester mais nous nous posons des questions sur les réelles motivations de ce kiss in.

Jacky, de son côté, espère que les gens seront nombreux à s'embrasser dimanche :

La Manif pour tous est en train de s’essouffler. Nous avons autant de monde qui viendra au kiss qu'à la Manif pour tous alors qu'elle dispose d’argent et du soutien des églises qui relaient l'information. Nous, on n’utilise que les réseaux sociaux. Si j'organise ce kiss in, c'est pour qu’on ne parle pas que de la Manif pour tous ce jour-là, qu'on voie d'autres images à la télé.

Pour contrer la Manif pour tous, faire masse à l'Existrans

Au-delà de ces deux événements, l'Existrans se tiendra la veille, samedi 15 octobre. La Manif pour tous a probablement choisi la date du 16 à dessein. En effet, l'Existrans milite depuis plus de 20 ans pour les droits des personnes trans que la Manif pour tous assimile à une pseudo "théorie du genre". L'Inter-LGBT, ainsi que de nombreuses autres associations, seront présentes. Clémence Zamora-Cruz invite les LGB à venir soutenir les T en nombre :

S’il faut choisir une manifestation, c’est l’Existrans car elle s’inscrit dans la durée. On n’a pas attendu la Manif pour tous pour réclamer des droits. Nous faisons un travail de plaidoyer continu et nous sensibilisons les candidats aux primaires des partis politiques. Ce combat doit s’inscrire sur le terrain et pas seulement dans un rachat de bonne conscience. Il ne doit pas être récupéré.

 
Pour en savoir plus :
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