L'association Mousse porte plainte contre Jean-Marie Le Pen pour homophobie
Société

L'association Mousse porte plainte contre Jean-Marie Le Pen pour homophobie


Suite à plusieurs déclarations jugées homophobes, l’association Mousse porte plainte au pénal contre Jean-Marie Le Pen.

C’est reparti pour un tour ! Jean-Marie Le Pen s’est à nouveau illustré par des déclarations homophobes lors d’une interview accordée mercredi au Figaro. Le président d’honneur du Front National (FN), qui était interrogé sur la « représentation des homosexuels » au sein du parti, a déclaré dans un style qui lui est propre :

Les homosexuels, c’est comme le sel dans la soupe. S’il n’y en a pas du tout c’est un peu fade, s’il y en a trop, c’est imbuvable.

Si Le Figaro a depuis retiré de son site la vidéo de l’interview, les médias se sont rapidement emparés de l’affaire pour dénoncer ce nouveau dérapage. L’association Mousse, quant à elle, a décidé de porter plainte au pénal pour homophobie. Ce n’est pas la première déclaration homophobe de Jean-Marie Le Pen pour cette seule année 2016. Le 18 mars, interrogé sur les affaires de pédophilie dans l’Eglise, il expliquait :

L’abaissement des règles morales est une constante d’une société décadente, et je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse…interdites, mais tout de même, dans l’exaltation de l’homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l’enfance et la jeunesse.

Vers un condamnation ferme et exemplaire ?

« Pour Noël, Mousse offre à Jean-Marie Le Pen une plainte au pénal pour homophobie », peut on lire au début du communiqué de presse rédigé par l’association. Mais n’est-ce pas donner trop d’importance aux divagations d’un vieil homme esseulé ?

Contacté par TÊTU, l’avocat en charge du dossier – Maître Etienne Deshoulières – est très clair :

C’est comme sur le dossier Boutin. C’est utiliser ses positions homophobes pour bâtir une stratégie de communication politique. C’est également ce que fait Le Pen. Traditionnellement, les juges étaient assez cléments en matière d’infractions de presse. Les peines étaient généralement symboliques, de l’ordre de 2.000 € à 5.000 € d’amende, alors que la loi prévoit des peines d’emprisonnement lorsque l’incitation à la haine est commise avec un mobile discriminatoire, tel que le racisme ou l’homophobie.

Mais on observe ces derniers années un mouvement en jurisprudence condamnant plus sévèrement les auteurs de propos de haine, en particulier en cas de récidive, comme c’est le cas pour Jean-Marie Le Pen. De fait, l’association Mousse pense qu’une condamnation ferme et exemplaire est possible.

A l’accusation de donner trop d’importance à Jean-Marie Le Pen et à ses propos, l’avocat se défend :

Oui, ça risque de lui donner une tribune, tout comme cela en a donné une à Boutin. Cependant, si on agit pas contre l’homophobie, c’est une carte blanche qu’on donne aux politiques pour dire ce qu’ils veulent. C’est l’externalité négative de l’action en justice mais je pense que l’externalité positive en politique est plus importante.

Cette année, l’association Mousse avait déjà porté plainte contre Marie-Claude Bompard – maire de Bollène dans le Vaucluse – suite à son refus de marier un couple de femmes en 2013.

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