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GPA : "Que Mélenchon aille rencontrer les femmes aisées qui ont porté un enfant pour des couples de notre asso"


Les propos de Jean-Luc Mélenchon, qui a justifié avec virulence son opposition à la GPA jeudi 18 janvier en affirmant qu’il n’y avait pas de « droit à l’enfant », ont irrité les associations.

Jean-Luc Mélenchon, député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, était l’invité de David Pujadas, jeudi 18 janvier, sur le plateau de LCI délocalisé à Marseille. Interrogé sur la PMA et la GPA alors que s’ouvraient les Etats généraux de la bioéthique, il s’est dit « favorable à la procréation médicalement assistée » mais a réaffirmé avec force son opposition totale à la GPA – la gestation pour autrui par une mère porteuse. C’est la même position que celle du président Emmanuel Macron : oui à la PMA, mais non à la GPA de façon catégorique.

Ses arguments ont été comparés sur les réseaux sociaux à ceux utilisés par La Manif pour tous, dont l’un des slogans phares consiste à dire qu’il n’existe pas de « droit à l’enfant » mais des « droits de l’enfant ». Jean-Luc Mélenchon utilise aussi l’argument des écarts de richesse entre celles et ceux qui auraient recours à la GPA et les mères porteuses : « Le jour où une femme milliardaire sera prête à faire un gosse gratuitement pour une pauvre d’un bidonville, j’accepte qu’on ouvre le débat. Le corps ne peut pas être un objet de marchandisation. » Il avait déjà tenu des propos semblables dans Le JDD avant le premier tour de la présidentielle 2017, estimant que la GPA faisait « de la femme un outil de production ».

 

 

 

« Une méconnaissance du sujet GPA »

Pour l’Association des familles homoparentales (ADFH), les positions de Jean-Luc Mélenchon vont à l’encontre de celles d’un grand nombre des membres de son parti, la France insoumise, mais aussi des Français.e.s : « Il fait cavalier seul », juge Alexandre Urwicz, président de l’asso. Un sondage commandé par La Croix début janvier montrait en effet que 64% des sondés se prononçaient pour la GPA (18% veulent autoriser le recours à une mère porteuse « dans tous les cas » et 46% « pour des raisons médicales seulement »). « On s’est jamais senti aussi nombreux quand on voit la position des Français interrogés sur le sujet et leur évolution ! continue Alexandre. Que les responsables politiques prennent leur temps pour réfléchir, c’est un classique… Mais c’est maintenant qu’il faut en parler. »

Sur l’argument des classes sociales, il est catégorique : « Si Jean-Luc Mélenchon veut rencontrer les mères porteuses de notre asso, il n’y a aucun problème ! Plusieurs d’entre elles sont issues des familles extrêmement aisées ».

Le président de l’ADFH regrette aussi que le patron de la France insoumise fasse l’impasse « sur la GPA altruiste« , c’est-à-dire sans rémunération : « Réfléchissons à une GPA encadrée sans risque pour la femme porteuse. Ce modèle-là existe en Grèce, en Grande-Bretagne, au Canada, dans quelques états des États-Unis et depuis 2017 au Portugal ».

Enfin, la transcription à l’état civil français de la filiation des enfants nés de GPA à l’étranger n’a pas été discutée par Jean-Luc Mélenchon, alors même qu’elle est revenue sur le devant de la scène via une tribune signée par 110 personnalités dans Le Monde : « C’est une position assez étrange qui témoigne surtout de sa méconnaissance du sujet », termine Alexandre Urwicz.

 

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Photo de couverture : ©ActuaLitté/ Flickr

  • JeanL

    Un débat éthique, philosophique, de société, que le « droit à l’enfant » alors respectons les idées de chacun, là il ne s’agit plus de droite ou de gauche c’est comme l’assistance en fin de vie.

    • Jeff Costello

      Rappelons, à toutes fins utiles, qu’un « droit à l’enfant » serait opposable à l’Etat, c’est-à-dire que l’Etat aurait l’obligation de fournir un enfant à ceux qui en feraient la demande. Il n’existe pas de « droit à l’enfant » et je doute qu’un Etat soit assez stupide pour adopter une telle disposition.

  • Yves Labrunie

    Si j’étais l’enfant d’une mère porteuse, j’irais la voir pour lui dire « Maman pourquoi m’as tu abandonné » Tout le reste n’est qu’un débat sur l’égoïsme et le désir de toute puissance.

    • Yunflo

      Le soucie c’est que le débat est purement politique sur ce sujet là… Et on peu remarquer que généralement (j’ai pas dis tout le temps) les personnes opposées à la GPA sont aussi opposées à la PMA, au mariage…enfin ils sont opposés à toute forme d’égalité quoi. Donc la oui le débat est totalement politique.

      Yves Labrunie quand tu dis:
      « Si j’étais l’enfant d’une mère porteuse, j’irais la voir pour lui dire « Maman pourquoi m’as tu abandonné »  » C’est n’y plus n’y moins qu’une petite provoque… comment tu pourrais « savoir se que tu ferrais?! Visiblement tu n’es pas issus d’une mère porteuse. C’est purement idéologique.

      Ça n’a rien à voir avec un débat sur l’égoïsme, le désir de puissance, sans déconner c’est de la connerie cette affirmation! Faut un peu lâcher sa bible les gas et regarder VRAIMENT comment les gens vivent. Avoir le « désir » de crée sa propre descendance génétique ou non d’ailleurs, bien c’est juste naturel ! Et aujourd’hui c’est quelque chose qui est accessible ou qui pourrait l’être.

      • Yves Labrunie

        Ce n’est pas un problème d’égalité mais un problème d’éthique Seulement vous déifiez le désir comme d’autres se vouent à Dieu en ignorant complètement les droits de l’enfant. L’adoption existe pour les altruistes qui veulent réparer et non prendre comme la société nous y pousse sans arrêt . Société égotique qui ne pense qu’à son plaisir individuel. L’être humain à la faculté de se mettre un peu à la place des autres et je le répète, je serais certainement en manque de ma mère porteuse mon premier nid.

    • Funiculì Funiculà

      commencez par parler de vive voix avec des donneuses, des mères porteuses, des parents, des enfants nés de GPA avant de donner votre avis tranché basé sur votre confort intellectuel ou votre propre vie. Visiblement vous ne comprenez/connaissez ni le sujet, ni le procédé, ni les intentions de chacun et encore moins l’amour qui éxiste et se poursuit après la naissance dans ces familles parent-enfant-porteuse-donneuse.

      • Yves Labrunie

        Vous ne connaissez que votre désir sans foi ni loi et vous vous prenez pour quelqu’un d’intelligent c’est pas glorieux

  • Matt Bagofrice

    il y’a suffisamment d’enfants malheureux et abandonnés pour que la GPA n’ait pas lieu d’être. Le gène ne fait pas tout, heureusement !

  • benji

    Super ! Merci l’ADFH 🙂

  • JP

    Ça fait longtemps qu’il fait cavalier seul. Perso j’étais proche de certaines des idées de la FI mais je m’en suis éloigné justement à cause de lui. Qu’il s’ouvre à ce débat et qu’il aille voir la réalité. Il est dans la réaction et pas du tout dans les idées de progrès sur ce sujet majeur qui n’est pas prêt d’aboutir…

  • Bernard Morel

    Il y a beaucoup d’orphelins, ou d’enfants abandonnés à la naissance, pour combler la demande des gens qui ne peuvent procréer pour diverses raisons…! Il y a même des possibilités d’adoptions à l’étranger, ce qui peut faire trois heureux d’un coup, la Maman le Papa et surtout un enfant malchanceu, dès son arriver dans ce monde cruel, je m’exprime d’experience…!!

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