homophobieAgression lesbophobe à Pontoise : le caractère homophobe écarté pour l'un des deux prévenus

Par Youen Tanguy le 06/11/2018
agression lesbophobe

INFO TÊTU - Le procès de deux personnes accusées d'avoir agressé un couple de lesbiennes dans les transports en commun en février dernier à Pontoise, et qui devait se tenir ce mardi 6 novembre, a été renvoyé au mois de janvier prochain.

L'agression remonte au 9 février dernier. Un couple de lesbiennes âgées de 17 et 18 ans, aujourd'hui majeures, se trouve sur le quai de la ligne J du Transilien à Pontoise (Val-d'Oise) lorsqu'elles sont violemment prises à partie par plusieurs personnes. "Putains de lesbiennes", "Vous baisez ?", leur auraient notamment lancé leurs agresseurs présumés. 

Les faits se prolongent durant leur trajet, où les deux jeunes femmes sont à nouveau insultées et violentées. Elles affirmeront devant la police avoir notamment eu les cheveux et les vêtements tirés.

Elles finissent par descendre du train à la gare de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) où la police, alertée, attendait le groupe. Sept jeunes gens, tous âgés de 17 ans, sont alors interpellés pour "violences volontaires en raison de l'orientation sexuelle". Cinq sont convoqués ultérieurement pour être entendus comme témoins, tandis que les deux autres, un garçon et une fille, sont placés en garde à vue dans la foulée.

Les premiers éléments de l'enquête indiquaient que l'agression s'était déroulée dans le RER A, mais elle a en fait eu lieu sur la ligne J du transilien.

Le caractère lesbophobe n’a pas été reconnu

Ce sont ces deux individus aux casiers judiciaires vides qui comparaissaient devant le tribunal pour enfants de Pontoise, ce mardi 6 novembre. Selon le parquet, contacté par TÊTU, ils ont tous les deux été mis en examen ce jour, l'une pour "injure publique en raison de l’orientation sexuelle" et le deuxième pour "violences dans un lieu destiné à l’accès à un transport collectif de voyageurs", sans retenir la qualification initiale d'homophobie donc.

"Le fait que ce soit une agression lesbophobe n’a pas été reconnu", gronde le responsable de la commission de soutien juridique de l'association SOS Homophobie, qui assure pourtant que les violences étaient accompagnées d'insultes homophobes. C’est incompréhensible. Je ne sais pas sur quelle logique s'appuie cette décision, mais il est certain qu’on va la contester". Les victimes se disent, elles, très déçues et en colère.

Le parquet explique simplement "qu'aucun élément n’a permis de retenir que les violences ont été commises avec une circonstance aggravante d’homophobie".

"C'est un échec collectif frappant et massif"

"Ça illustre assez bien que la chaîne pénale n’arrive pas à reconnaitre correctement les agressions homophobes, tacle le responsable de SOS Homophobie. C'est un échec collectif frappant et massif." 

Avant de dénoncer le peu de condamnations en France dans les affaires d'agressions LGBTphobes : "Sur les 1.020 plaintes déposées en 2017, il n'y a eu que 35 condamnations pénales, soit une condamnation pour 28 plaintes déposées. C'est très grave". Le procès a été renvoyé au 10 janvier prochain.

Crédit photo : RATP.