Hépatite C : plusieurs ONG font appel après le maintien du brevet d’un médicament

Six ONG ont annoncé mercredi avoir fait appel d’une décision de l’Office européen des brevets visant à maintenir le brevet du laboratoire américain Gilead pour le sofosbuvir, un traitement contre l’hépatite C.

La décision avait provoqué l’indignation. Six organisations non gouvernementales (ONG) ont décidé, ce mercredi 5 décembre, de faire appel de la décision de l’Office européen des brevets (OEB). Celle-ci visait à maintenir le brevet du laboratoire américain Gilead pour le sofosbuvir, un traitement contre l’hépatite C.

« L’OEB aurait dû invalider ce brevet, dès lors que celui-ci ne satisfait pas les critères scientifiques et juridiques de brevetabilité », notamment « en raison d’un manque d’inventivité par rapport à l’état de la science », estiment dans un communiqué commun Médecins du monde, Médecins sans frontières, AIDES, Access to Medicines Ireland, Praksis (Grèce) et Salud por Derecho (Espagne).

L’office basé à Munich avait maintenu le 13 septembre le brevet de Gilead, fermant ainsi la porte à la production et à la vente de génériques moins coûteux en Europe. Les six associations avaient annoncé dans la foulée leur intention de faire appel.

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Un traitement très coûteux

Lors de son arrivée sur le marché en France, en 2013, le traitement coûtait plus de 40.000 euros par patient, ce qui avait déclenché une vive polémique.

L’arrivée progressive de concurrents, comme Zepatier de MSD et Maviret d’Abbvie, a tiré les prix à la baisse et le Sovaldi, nom commercial du sofosbuvir, est désormais vendu environ 8.300 euros la boîte de 28 comprimés, soit près de 25.000 euros pour une cure de 12 semaines.

« Les prix excessifs pratiqués par Gilead sur le sofosbuvir sont une barrière très concrète à l’accès à ce médicament pour des millions de personnes, en Europe et dans le monde », déplore Gaëlle Krikorian, de Médecins sans frontières (MSF), citée dans le communiqué.

71 millions d’individus touchés

Le virus de l’hépatite C est transmis par le sang, notamment par le partage de matériel d’injection de drogues, mais peut aussi l’être lors de rapports sexuels. Le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST) facilitent la contamination par le VHC au cours de relations non protégées.

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Plus de 71 millions d’individus sont porteurs chroniques de ce virus dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Et les médicaments antiviraux, tels que le sofosbuvir, permettent de guérir plus de 95% des individus infectés.

Parmi les personnes diagnostiquées, seules 7,4% ont débuté le traitement en 2015, toujours selon l’OMS. Un pourcentage qui ne risque malheureusement pas de progresser avec le maintient du brevet de Gilead.

(Avec AFP)

Crédit photo : capture Twitter/Aides Paris.

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