facebook

« Ce n’est pas mon travail, c’est ma personne qui était visée » : quand les LGBT+ vivent l’enfer au travail

salarié·e·s LGBT

[PREMIUML’orientation sexuelle est un des motifs de discrimination les moins pris en compte au sein des entreprises et des administrations. Pour les fonctionnaires comme pour les salariés du privé, les cadres supérieurs ou les smicards, les LGBTphobies sont pourtant bien présentes et s’immiscent, partout. Il faudrait alors cacher son homosexualité à tout prix, pour "éviter le pire". C’est ainsi que le quotidien de certains employés peut se transformer en calvaire, qui peut aller jusqu’au licenciement sans cause réelle. Enquête.

« Je n’ai jamais caché mon homosexualité. Mais quand j’ai annoncé à mes collègues que j’avais épousé ma compagne, ma vie a basculée. » Après 18 ans de bons et loyaux services en tant que manutentionnaire dans une enseigne de la grande distribution, Céline, 46 ans, a été licenciée. Évidemment, tout a été fait pour que le motif de son renvoi n’ait rien à voir avec son homosexualité. Ce sera finalement pour « inaptitude ». Elle s’était blessée à l’épaule quelques semaines avant son licenciement. 

« On me traitait de lèche moulasse »

En 2018, l’orientation sexuelle peut donc encore être un frein à la carrière. Selon une enquête menée par l'Ifop pour l'association de défense des droits des LGBT dans le monde du travail, l'Autre cercle, 29% des personnes LGBT+ ont constaté en 2017 une inégalité par rapports aux personnes hétérosexuelles dans le déroulement de leur carrière. Toujours selon cette étude, les discriminations subies sont principalement des moqueries de la part des collègues ou de la hiérarchie (60% des répondant.e.s), suivies d'une mise à l'écart de la part des collègues (31%).

C'est le cas de Céline, qui, pendant quatre ans, a subi moqueries et insultes, quasi quotidiennement. « À partir du moment où on s’est mariées avec ma compagne, et que j’en ai parlé au boulot, c’était comme si ça donnait le droit à mes collègues et à mes supérieurs de m’insulter », explique-t-elle à TÊTU. À chaque nouvel arrivant dans l’entreprise, elle était systématiquement "outée" par ses collègues, ou pire, sa hiérarchie. ...


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail