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EXCLU TÊTU. On a demandé des explications à Nathalie Loiseau sur la BD polémique

La tête de liste LREM pour les élections européennes, Nathalie Loiseau, s'est défendue auprès de TÊTU des accusations d'homophobie dont elle fait l'objet. En cause, une planche d'une bande dessinée sur l'Union européenne qu'elle a co-signée.

Décidément, la tête de liste LREM aux élections européennes enchaîne les polémiques. Après les révélations de sa présence sur une liste d'extrême-droite quand elle était étudiante, l'ex-ministre est désormais accusée d'homophobie. Le 17 avril dernier, Nathalie Loiseau a publié une bande dessinée pour enfants, L'Europe en BD, dans le cadre des élections européennes du 26 mai prochain. Mais une planche a déclenché la polémique. Repérée le 23 avril par une internaute, elle a été massivement relayée dimanche 28 avril. Et a déclenché les foudres des internautes.

Afin d'illustrer les divergences d'opinion entre les 27 États membres, l'autrice a pris en exemple le mariage pour tou.te.s, autorisé dans certains pays et illégal dans d'autres, comme la Pologne. Dans l'extrait en question, un professeur explique à ses élèves qu'il faut "respecter nos différences" après qu'un enfant a souligné, qu'en Pologne, le mariage entre deux hommes c'est "même pas en rêve", et un autre qu'"en Irlande, on a voté pour et personne ne s'est énervé".

Pour l'internaute ayant repéré la planche, "Nathalie Loiseau encourage les enfants à accepter l'homophobie du petit polonais". Car dans la BD, les images, bien que destinées aux enfants, sont assez choquantes. On y voit un couple d'hommes se tenant la main, purement et simplement barré d'une croix rouge. On ne peut pas faire plus clair.

Et l'emploi de l'expression "même pas en rêve" dans la bouche d'un enfant est particulièrement maladroite et malvenue. Car la situation des LGBT+ en Pologne est catastrophique. En novembre dernier, le président Andresj Duda avait par exemple affirmé envisager d'interdire la "propagande homosexuelle" sur le même modèle que la Russie.

À LIRE AUSSI : Pologne : le président envisage d’interdire la « propagande homosexuelle »

"Polémique fabriquée"

Attaquée de toutes parts, et notamment par des associations de lutte pour les droits des LGBT+ et de nombreux politiques, l'ancienne directrice de l'Ecole nationale d'administration (ENA) a été accusée de "relativiser l'homophobie".

"Le projet européen LREM expliqué aux enfants par Nathalie Loiseau. Triste baffe aux personnes LGBT de toute Europe qui veulent l'égalité", a par exemple critiqué le porte-parole du PS, Boris Vallaud, sur son compte Twitter. Mais pour Nathalie Loiseau, contactée par TÊTU, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une "polémique fabriquée de toutes parts" qui représente "le contraire de ce qui est [son] engagement depuis toujours".

"Le petit garçon polonais de la BD est à côté de la plaque. C’est la réalité. Est-ce que cela veut dire que je suis d’accord ? Evidemment pas ! Je décris le monde tel qu’il est." 

Pas d'excuses

Pas de reconnaissance d'une maladresse, et encore moins d'excuses, donc. Au téléphone, l'ex-ministre s'insurge contre la "caricature" qui est faite de sa personne, et dit n'accepter "aucun procès d'intention". Elle se défend de toute homophobie, estimant n'avoir "aucune leçon à recevoir".

"On est en train de s’amuser à détruire ce que je suis. C’est de la politique de caniveau et chacun juge sans savoir. Je porte mon engagement contre l’homophobie et en faveur des droits des LGBTI depuis des années. Alors venir me chercher, moi, sur ces sujets-là, c'est se tromper de combat." 

Si elle est élue au Parlement européen, cette haut fonctionnaire assure qu'elle plaidera en faveur des droits des LGBTI. Et de préciser : "Est-ce-que c’est la compétence de l’Europe d’imposer le mariage pour tous dans tous les pays de l'Union européenne ? Non. Mais il faut pour autant porter cette voix, et si je suis pour le mariage pour tous, ce n'est pas uniquement pour les Français." 

Pour la PMA et la GPA "éthique"

L'ex-ministre a en effet publiquement pris position en faveur du mariage pour tous et toutes, de la PMA, et à titre personnel, d'une GPA "éthique". Une position qu'elle défend dès 2014, dans son livre "Choisissez tout". Nathalie Loiseau, alors directrice de l'ENA, avait également décidé d'y montrer l'importance qu'elle accorde à la lutte contre l'homophobie en prenant sa relation avec ses "frères" homosexuels, "ni cyniques ni dupes" pour exemple.

"Le Paris de la mode, c'est eux, (...) leur capacité à jouer à fond la comédie de la mode et à en connaître la vanité... J'ai commencé avec eux un bout de chemin que je n'ai plus jamais arrêté", écrit-elle. Un extrait à peine cliché, qu'elle a diffusé sur Twitter, en réponse aux attaques du président d'Urgence Homophobie, Guillaume Mélanie. Et l'ancienne ministre des Affaires européennes d'ajouter : "Quant à la lutte contre l’homophobie, ceux qui me connaissent savent à quoi s’en tenir." Et celles et ceux qui ne la connaissent pas encore attendent désormais des propositions concrètes.

Crédit photo : Ludovic MARIN / AFP. 


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