Plusieurs associations dénoncent la transphobie dans les prisons

Diane Leriche Acceptess-T

À l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, plusieurs associations ont publié un communiqué pour dénoncer les conditions de détention des personnes trans’.

« En France des femmes sont enfermées dans des prisons d’hommes. » Voilà le constat fait par les associations Acceptess T, Act-Up Paris et Genepi (Association pour le décloisonnement des prisons) dans un communiqué diffusé le 17 mai. Les trois associations souhaitent alerter les pouvoirs publics sur les conditions de détentions de plusieurs prisonnières au sein de la maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis.

Début mai déjà, 610 courriers ont été envoyés à 55 député.e.s et sénateur.ice.s, les interpellant au sujet des conditions de détention de ces femmes transgenres. Des revendications portées par les femmes trans’ ont également été formulées à la direction de la prison dans une lettre signée par plusieurs associations.

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Des traitements déshumanisants

La situation pour ces femmes trans’ emprisonnées est très grave. Les détenues subissent des traitements imposés qui vont à l’encontre de leurs libertés et de leur dignité. Et le communiqué donne de nombreux exemples de mauvais traitements.

« Au motif de leur sécurité – sans que leur avis sur la question ne soit interrogé – on les enferme à l’isolement : elles ne peuvent croiser aucun autre détenu. Elles n’ont donc pas accès à la cour de promenade, mais uniquement à une salle d’une quinzaine de mètres carrés, dont le plafond est remplacé par d’épais grillages. »

Elles n’ont pas non plus accès au travail, au sport, aux cours, aux formations et aux activités au même titre que les autres prisonniers. Leur suivi médical s’en trouve lui aussi détérioré, notamment parce qu’il n’est pas adapté aux personnes trans’ et en matière de VIH et d’hépatites.

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Revendications

Le problème perdure même au sein des prisons qui « essayent de se racheter une image », écrivent les associations, faisant référence à la prison de Caen. Certes, « les femmes transgenres ne sont pas à l’isolement », mais « le respect de leurs prénoms et l’accès à une cantine de produits féminins n’est pas suffisant et devrait aller de soi ».

Parmi les principales revendications, les prisonnières de Fleury-Mérogis demandent un accès hebdomadaire au sport, un accès à une promenade extérieure et non plus à une salle de taille réduite, l’accès au travail en atelier ainsi qu’aux formations.

Crédit photo : Max K Pelgrims. 


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