Donald Trump refuse les drapeaux LGBT sur les ambassades américaines

Plusieurs ambassades avaient demandé à l’administration Trump l’autorisation d’afficher le drapeau arc-en-ciel à l’occasion du mois des fiertés. Mais le département d’État a refusé lundi 10 juin, créant ainsi la polémique.

La réponse est ferme et définitive : il n’y aura pas de rainbow flag (drapeau arc-en-ciel, ndlr) sur le mât des ambassades américaines. Peu importe que ce soit le mois des fiertés ou non, et que ce fut possible dans le passé. Lundi 10 juin, le département d’État (le ministère des Affaires étrangères, ndlr) a confirmé la décision prise par le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

La polémique a enflé ces derniers jours, notamment lorsque certains médias américains ont rapporté que plusieurs missions diplomatiques des Etats-Unis à travers le monde, qui désiraient faire flotter l’étendard LGBT à l’occasion des différentes Gay Pride, avaient essuyé un refus de Washington. Elles sont en effet obligées de demander une autorisation pour mettre un autre drapeau que la bannière étoilée américaine sur le mât officiel. « Le secrétaire d’Etat estime que, lorsqu’il s’agit du mât, seul le drapeau américain doit pouvoir y flotter », a dit à la presse la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus.

Les ambassades contre-attaquent

Plusieurs ambassades ont toutefois défié le président américain. En Inde, la diplomatie américaine a éclairé sa façade aux couleurs du drapeau LGBT, et en a fait sa photo de couverture sur Twitter.

Les ambassades américaines en Corée, au Chili ou au Népal ont également posté des messages de soutien à la communauté LGBT sur les réseaux sociaux.

« Attaque flagrante »

Même si la mesure est symbolique, elle participe d’une politique ouvertement anti-LGBT menée par le gouvernement américain depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2017. Le sénateur démocrate Ed Markey a notamment dénoncé une « attaque flagrante contre les droits » de la communauté LGBT+, appelant l’administration de Donald Trump à « expliquer pourquoi tant de haine » et à revenir sur sa décision.

Des défenseurs des droits des LGBT+ ont aussi protesté contre cette mesure.

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Mike Pompeo, habitué de la « controverse »

Le chef de la diplomatie américaine n’en est pas à son coup d’essai. Le département d’Etat avait déjà été critiqué pour avoir décidé de ne plus octroyer de visa américain aux partenaires de diplomates étrangers homosexuels qui s’installent ou vivent aux Etats-Unis, à moins qu’ils se marient.

Les positions de Mike Pompeo sur la question de l’orientation sexuelle sont scrutées à la loupe en raison de déclarations passées très controversées. Lors de l’audition pour voir sa nomination au département d’Etat confirmée par le Sénat, le républicain et fervent évangélique qui affiche volontiers sa foi chrétienne avait été sommé, sur la base de propos anciens, de dire s’il pensait qu’être homosexuel était « une perversion ». Mike Pompeo n’avait pas clairement répondu par oui ou non.

(Avec AFP.)

Crédit photo : Angela Weiss / AFP. 

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