MST-ISTLe vaccin contre le papillomavirus désormais recommandé aux garçons

Par Timothée de Rauglaudre le 17/12/2019
papillomavirus

Le vaccin contre le papillomavirus, infection sexuellement transmissible responsable de nombreux cancers, sera bientôt recommandé aux jeunes garçons de 11 à 14 ans.

Ils étaient jusqu'alors exclus de la prévention contre ce virus. Désormais, les jeunes garçons de 11 à 14 ans seront inclus dans la recommandation du vaccin contre le papillomavirus, a annoncé lundi 16 décembre la Haute Autorité de santé (HAS). Cette dernière a ajouté que le ministère de la Santé "souhaite que cette recommandation soit intégrée dans le calendrier des vaccinations 2020 pour une mise en oeuvre d'ici l'été".

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Le papillomavirus humain (HPV), sexuellement transmissible, est à l'origine chaque année de 1 750 nouveaux cas de cancers chez les hommes, contre 4 580 chez les femmes. Il peut s'agir de cancers du col de l'utérus, du vagin, du pénis, de l'anus, voire de la gorge en cas de rapports sexuels bucco-génitaux.

À ce jour, la recommandation de ce vaccin était uniquement ciblée sur les les jeunes filles, les personnes immunodéprimées (notamment séropositives) et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu'à leurs 26 ans. La décision de l'HAS intervient après quatre semaines de consultations publiques auprès de professionnels et d'associations.

Risque plus élevé chez les homosexuels

Cette extension était demandée depuis plusieurs années. L'année dernière, le docteur Jean-Paul Marre rappelait ainsi sur le site Pourquoi Docteur qu' "on doit toujours traiter les deux partenaires lors d'une infection sexuellement transmissible si l'on veut l'éradiquer". En 2016, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) avait déjà étendu la recommandation du vaccin aux HSH, rappelant que ceux-ci étaient vingt fois plus touchés par l'infection anale au papillomavirus que les hommes hétérosexuels.

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La Haute Autorité de santé a estimé que "l'élargissement de la vaccination anti-HPV aux garçons permettrait, sous réserve d'une couverture vaccinale suffisante, de freiner la transmission au sein de la population générale, et ainsi de mieux protéger les garçons et les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle, mais aussi de mieux protéger les filles et les femmes non vaccinées".

 

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