DécèsDécès de William Higgins, légende du porno gay

Par tetu le 24/12/2019
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Producteur, réalisateur et fondateur des studios William Higgins et Catalina, la légende du X est morte d'une crise cardiaque chez lui, à Prague. Il avait 77 ans.

Vous ne connaissez pas son visage mais vous connaissez peut-être son nom. Le producteur et réalisateur américain de X gay William Higgins est mort d'une crise cardiaque, à Prague, samedi 21 décembre 2019. Il avait 77 ans. C'est le site back2stonewall qui révèle cette information.

William Higgins était une légende du porno gay. Artisan d'une longue et vigoureuse carrière entamée dans les années en 1974 aux Etats-Unis et qui engendra de nombreux films X à succès comme A Married Man (1974), Pacific Coast Highway (1981) ou Pizza Boy: He Delivers (1985).

Gay for pay, donjon SM et gloryholes

Higgins aimait à répéter qu'il s'était lancé dans le X car il "trouvait le porno de l'époque si mauvais qu'il ne pouvait que faire mieux !". Il fit ses débuts de réalisateur et producteur à Fort Lauderdale, en Floride. A l'époque la plupart des distributeurs de films pornographiques, mêmes les studios Falcon, refusaient d'expédier leurs films dans les états du sud, à cause de strictes lois anti-pornographie en vigueur, comme le rappelle cet article de nos confères du magazine Out.

En 1978, Higgins fonde le mythique label de porno gay Catalina qui vit débuter une certaine ChiChi LaRue en tant qu'assistante. Mais dans les années 70, être un pornocrate, c'est être un hors-la-loi. La même année, Higgins est arrêté et ses locaux perquisitionnés par le FBI. Les charges seront plus tard abandonnées. Mais refroidi par un énième épisode judiciaire en 1988, l'Américain entreprit un voyage autour du monde, pour trouver un environnement plus tolérant pour ses activités classées X.

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un modèle de William Higgins prend la pose.

Après plusieurs étapes en Australie, en Thaïlande, puis à Amsterdam où il diriga un temps un sex-shop, Higgins trouva asile à Prague en République Tchèque. En 1993, il ouvrit un club gay au coeur de la ville et fit fructifier un petit empire dans son immeuble du quartier Smíchov, incluant cabines de projection porno, gloryholes, donjon SM et, bien sûr, le siège de son studio porno. Très vite, Higgins devient, avec son homologue slovaque George Duroy, fondateur des studios BelAmi, le spécialiste du porno gay venu de l'est.

Les merveilles du communisme

Lors d'une rencontre avec TÊTU en 2012, le producteur expliquait pourquoi il avait élu domicile dans cet ex-pays du bloc communiste : "C’est plus simple de faire du business ici ! Le communisme a fait des merveilles ! La propagande antireligieuse des Soviétiques a dédiabolisé le rapport au sexe chez les Tchèques. Les gens ont une sexualité bien plus libérée qu’aux Etats-Unis. Tant que tu les paies bien, ils s’en foutent !” De fait, les modèles employés par Higgins sont très souvent de jeunes garçons hétéros, des "gays-for-pay".

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En 2018, dans une longue interview au site spécialisé dans le hardcore AVN, William Higgins dressa le bilan de son existence romanesque. En plus de 40 ans d'une vie pornographique, il défia l'Amérique puritaine, déshabilla des soldats russes croisés dans la rue et fut soupçonné d'être un espion de la Stasi. Il fit tourner des pornostars de renoms comme Jack Wrangler, Kip Noll, Rick Donovan, John Davenport, Jeff Quinn, Jan Dvorak et même la légende du porno hétéro Peter North dans ses premières scènes gays.

Il aura connu les films en 8mm, l'âge d'or de la VHS... Mais son plus grand tour de force aura été de survivre, contrairement à de nombreux studios historiques américains disparus ou en difficulté, à l'ère numérique. Comme le chantait Bernard Tapie, c'est ce qui s'appelle réussir sa vie.

crédits photos : William Higgins, Facebook.