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Ce rapport alarmant risque de vous passer l’envie d’utiliser Grindr, Tinder, et d’autres apps

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Un rapport révèle qu'une dizaine des applis de rencontre les plus téléchargées d'Android - comme Grindr et Tinder - violent la loi européenne sur la protection des données personnelles.

Vos données personnelles ne le sont pas vraiment, sur les applis de rencontre. C'est en tout cas ce qu'a révélé une enquête menée par le Conseil norvégien des consommateurs. Selon un rapport intitulé "Out of control" ("Hors de contrôle"), relayé par le New York Times, pour lequel les chercheurs ont étudié les applications les plus téléchargées sur Android, les applications de rencontre Grindr (gay) et Tinder (pour tout le monde) partageraient certaines informations concernant leurs utilisateurs avec des entreprises de publicité et de marketing, violant ainsi "systématiquement" la loi européenne.

Grindr pointée

Grindr notamment, la plus célèbre app de rencontre gay, a transmis des codes pour suivre ses utilisateurs à des dizaines d'entreprises, en fournissant par exemple le nom des utilisateurs sur l'appli, ainsi que leur adresse IP ou leur âge et, de facto, leur orientation sexuelle. Les entreprises pouvaient donc ensuite leur proposer des publicités ciblées sur l'application. Elle aurait également partagé les données de localisation de ses utilisateurs à plusieurs firmes, qui ont alors pu elles-mêmes partager ces données avec d'autres, selon l'enquête.

"A chaque fois que vous ouvrez une appli comme Grindr, des acteurs publicitaires reçoivent vos données GPS, les identifiants de l'appareil et même le fait que vous utilisez une appli de rencontre gay, dénonce l'activiste Max Schrems dans un communiqué de l'organisme. C'est une violation insensée des droits européens de confidentialité des usagers."

Mais Grindr n'est pas la seule appli à enfreindre la loi. Une dizaine d'entre elles sont pointées du doigt par le rapport, y compris Tinder et OkCupid, très populaire outre-Atlantique qui commence à trouver sa place sur le marché français. Ces deux applications appartiennent à la même entreprise, Match Group, et sont épinglées pour avoir partagé des données utilisateurs entre elles, ainsi qu'avec 45 autres sociétés détenues par le groupe. Parmi les autres applis citées, Qibla Finder, Clue, MyDays ou encore, l'application pour enfants My Talking Tom 2.

La réponse des applis

Dans un communiqué, Grindr a expliqué n'avoir pas reçu le rapport et ne pas pouvoir en commenter le contenu. L'entreprise ont ensuite tenté de rassurer en assurant que la vie privée de leurs utilisateurs était sa priorité, et que figurent dans sa politique de confidentialité toutes les informations relatives à son utilisation des données par des tiers, ainsi les garanties offertes à ses utilisateurs pour protéger leurs informations personnelles.

Du côté du groupe Match, on assure qu'on ne partage que les données strictement nécessaires au bon fonctionnement du service pour les utilisateurs. Le groupe affirme par ailleurs avoir des contrats très stricts avec les entreprises extérieures qui utilisent ces données, afin de garantir la sécurité des données des utilisateurs.

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Ces révélations n'ont toutefois rien de surprenant. Grindr a déjà été sous le feu des critiques concernant la sécurité des données fournies sur l'application. Plusieurs employés avaient tiré le signal d'alarme en 2019, expliquant que depuis son rachat par la firme chinoise Beijing Kunlun, les soins internes relatifs à la sécurité des utilisateurs s'étaient affaiblis. Cette nouvelle affaire ne ferait que confirmer l'adage : "Si c'est gratuit, c'est que c'est vous le produit".

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Crédit photo : Grindr


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