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#JeSuisMila : une jeune lesbienne menacée de mort après une charge contre l’islam

Après avoir critiqué l'islam dans une vidéo sur Instagram, Mila, jeune lesbienne, s'est retrouvée victime de cyberharcèlement. De nombreux internautes s'en sont émus et l'extrême droite a sauté sur l'occasion pour récupérer l'affaire...

Mila a 16 ans. Samedi 18 janvier, elle fait un live sur son compte Instagram consacré au chant. Compte sur lequel elle ne cache pas le fait d'être lesbienne. Dans cette vidéo, répondant à des insultes sur un registre religieux d'un jeune homme qu'elle a éconduit, l'ado aux cheveux courts et teints en violet se met à critiquer avec virulence les religions en réaction à certains commentaires d'insulte, et aborde l'islam : "Je ne me suis pas gênée pour dire ce que j'en pensais. Je déteste la religion. Le Coran est une religion de haine (sic). Il n'y a que de la haine là-dedans, l'islam est une religion de merde. C'est ce que j'en pense."

Elle poursuit plus loin : "Votre religion, c'est de la merde. Votre dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul." Par la suite, les extraits de cette vidéo concernant (uniquement) l'islam ont été publiés sur Twitter par un jeune homme qui appelle à signaler le compte Instagram de Mila : "1 min de haine envers les religions et surtout envers l’Islam on est en 2020 et la communauté multicolore veut se faire respecter mais continuer de cracher sur les autres", commente-t-il.

Cyberharcèlement de Mila

Si le propriétaire de ce compte Twitter précisera ensuite qu'il ne voulait pas appeler à l'insulte et à la violence, le mal est fait. La vidéo a été vue près d'un million de fois sur le réseau social. L'adolescente lesbienne s'est mise à recevoir des centaines puis des milliers de messages d'insultes et de menaces de mort, lui reprochant de critiquer l'islam, assortis de commentaires lesbophobes et sexistes. Un camarade du lycée qui l'a reconnue a même indiqué sur les réseaux sociaux le nom de son établissement. Plusieurs internautes racontent également que des gens ont attendu l'adolescente devant son lycée lundi.

Cette campagne de cyberharcèlement particulièrement violente a provoqué un hashtag de soutien sur Twitter, qui s'est rapidement hissé à la première place des sujets les plus commentés du réseau social : #JeSuisMila. Peu après, un hashtag #JeNeSuisPasMila a également fait son apparition, et a rapidement rejoint le premier dans les trending topics.

Récupération de l'extrême droite

"Je ne peux plus mettre un pied dans mon lycée", a-t-elle confié à Bellica, le seul média à avoir, pour l'heure, parlé de sa situation. À y regarder de plus près, Bellica n'est pas tout à fait un webzine comme les autres. Il a été fondé par Solveig Mineo, figure de premier plan du féminisme identitaire, qui se revendique ouvertement "féministe blanche occidentaliste". Son discours consiste principalement à tenter de démontrer que le sexisme et l'homophobie en France s'expliqueraient par l'immigration. Aux dernières élections européennes, elle figurait sur la liste de Renaud Camus, théoricien du "grand remplacement".

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Pas étonnant, donc, qu'elle se soit précipitée sur l'affaire Mila, comme d'autres figures de la fachosphère, comme Damien Rieu, ou le membre du RN Jean Messiha, qui a sauté sur l'occasion pour critiquer sur Twitter le soutien d'une partie de la communauté LGBT+ aux migrants : "Les assos LGBT s’acharnent à extirper toute LGBTophobie de la société occidentale. Bien. Alors pourquoi diable ces mêmes assos s’acharnent-elles à soutenir l’arrivée massive de migrants provenant de sociétés fanatiquement et cruellement LGBTophobes ?!" Une récupération dont on se serait volontiers passé...

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Crédit photo : Compte Instagram de Mila


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