Pologne : une carte recense l’inquiétante progression des « zones sans LGBT »

Depuis un an, des localités en Pologne ont adopté des résolutions pour condamner « toute idéologie LGBT« . Un groupe de chercheurs et militants a créé une carte en ligne pour recenser ces « zones sans LGBT« .

En visite en Pologne, Emmanuel Macron parlera-t-il de la dérive homophobe et transphobe du pays ? Il pourra difficilement dire, en tout cas, qu’il ne savait pas. Le HuffPost a consacré vendredi 31 décembre un article à la rapide expansion des « zones sans LGBT ». Un groupe de chercheurs et militants a créé un « atlas de la haine » (« atlas nienawiści« ), une carte interactive qui permet d’en rendre compte.

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De retour au pouvoir depuis 2015, le parti Droit et justice (PiS), ultraconservateur et très proche de l’Église, a pris pour cible la population LGBT+. Comme le relève Le HuffPost, le dirigeant du parti Jarosław Kaczyński n’a pas hésité à « dénoncer » la « menace » qu’elle représenterait pour l’idéologie polonaise. Mais c’est aussi au niveau local que se joue la haine.

88 localités « sans LGBT »

Depuis janvier 2019, des comtés, municipalités et voïvodies (équivalents des régions françaises) ont mis en place des résolutions qui prétendent s’en prendre à « toute idéologie LGBT« , qualifiées par les militants de « zones sans LGBT« . « L’atlas de la haine » en recense 88, soit une moyenne de 7,3 nouvelles zones par mois. 31 % de la population polonaise vivrait désormais dans une « zone anti-LGBT » Comme le montre la carte, ce n’est probablement qu’un début : dans plusieurs dizaines de localités, des actions de lobbying sont en cours pour inciter les autorités locales à aller dans le même sens.

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« Le processus d’adoption des résolutions locales est très directement lié aux élections, a expliqué au HuffPost le militant Jakub Gawron, l’un des concepteurs de l’atlas. Nous avons observé deux pics : en mai-juin lors des élections au Parlement européen et pendant le mois des fiertés, et aux élections d’octobre au parlement national. Mes premières observations montrent que la majorité écrasante des conseillers votants est issue du parti PiS. » Le 18 décembre, le Parlement européen avait adopté une résolution appelant à agir contre cette vague anti-LGBT+. Sans succès pour le moment.

Emmanuel Macron, en visite officielle en Pologne, ce lundi 3 février et mardi 4 février, est attendu sur cette question. Dans une tribune publiée sur TÊTU, 14 associations ont appelé le président à réagir.

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Crédit photo : capture d’écran atlasnienawisci.pl


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