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Lyon signe une convention de lutte contre les violences homophobes

Les pouvoirs publics et plusieurs associations LGBT ont signé une convention pour lutter contre les violences homophobes à Lyon. Une signature ambitieuse et inédite, alors que les actes LGBTphobes dans la ville du Rhône sont en augmentation.

Alors que la presse locale se fait écho de plus en plus d'agressions dans la capitale rhodanienne, la préfecture du Rhône, les villes de Lyon et Villeurbanne, l'académie, le procureur de la République et plusieurs associations comme SOS Homophobie, Flag et le Centre LGBT de Lyon ont signé ce mardi 11 février une convention locale pour lutter contre les violences homophobes dans l'agglomération lyonnaise.

Contacté par TÊTU, Bruno de Maria, le secrétaire adjoint du centre LGBTI de Lyon, rappelle qu'à Lyon le nombre d'agressions LGBTphobes déclarées est en constante augmentation. "Il y en a eu 63 l'an dernier, contre 56 en 2018" détaille l'associatif, précisant que "seulement 20% des victimes portent plainte". Si les chiffres sont "au même niveau que dans le reste de la France" selon lui, plusieurs agressions particulièrement violentes et relayées dans les médias ces deux dernières années ont encouragé les assos, et notamment le centre LGBT, à se saisir du dossier.

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Ainsi, après un coup de pouce de David Kimelfeld, le président (LREM) de la Métropole de Lyon et une première réunion avec toutes les instances concernées, SOS Homophobie, Flag, le Forum Gay et Lesbien de Lyon et le Centre LGBTI ont fait plus de 60 propositions, dont cinquante-deux ont été retenues. Parmi elles, une trentaine sont dédiées à l'information et la prévention.

Formation et prévention

Ce volet comporte notamment plusieurs campagnes d'affichage et des formations des cadres de la préfecture, des personnels de police, des personnels de santé et des hôpitaux, et des personnels de l'Education nationale et des municipalités concernées : "il faut qu'à tous les niveaux des administrations il y ait une prise en compte de ce que c'est les LGBTphobies. On a pris volontairement l'accueil - du public ou des victimes - comme point de départ car il n'est pas au niveau de ce qu'il devrait être" explique Bruno de Maria.

La convention prévoit également de lutter plus activement contre l'homophobie dans le sport, avec des ateliers de sensibilisation des supporters et dans les clubs auprès des arbitres, des joueurs, des dirigeants et des plus jeunes. Les différents ateliers de sensibilisation auprès des administrations seront assurés par SOS Homophobie "qui dispose déjà des modules et des moyens." Côté sport, le Centre LGBTI de Lyon compte sur les associations sportives LGBT+ adhérentes.

Recenser les agressions

Côté sécurité, la convention a surtout à coeur de recenser le plus précisément possible les agressions, et d'assurer le suivi des plaintes. L'objectif est surtout de "tenir un inventaire des agressions signalées, ainsi qu'une cartographie de celles-ci". Le Centre LGBTI a en effet constaté que 50% des agressions déclarées avaient eu lieu dans le premier arrondissement, entre la Mairie et la Croix-Rousse. "On a demandé à avoir un bilan mensuel des agressions, pour savoir si la police s'est déplacée, si les caméras de surveillance ont été utiles..."

L'objectif principal de cette mesure sera donc de "renforcer la vidéosurveillance" sur les zones "à risque" pour les personnes LGBTI, et d'y renforcer les patrouilles de police et la présence de la gendarmerie. Une application, développée par l'association de policiers LGBT Flag! devra aussi permettre aussi de géolocaliser les victimes d'agressions homophobes.

Suivi des plaintes

Mais l'objectif est aussi d'encourager les gens à porter plainte, et les administrations à assurer un suivi auprès des associations : "On voudrait que la police et le parquet nous transmettent les évolutions sur les dossiers de plaintes en cours" explique Bruno De Maria, qui nuance toutefois : "côté police, on nous dit qu'un renforcement des patrouilles est compliqué, à cause du manque d'effectif. A la préfecture, on nous explique que ce sont les budgets de l'Intérieur. Et côté justice, on nous explique que les logiciels ne permettront pas de sortir un bilan de la progression des affaires.. Il faudrait que le gouvernement mette vraiment des moyens, à tous ces niveaux, dans la lutte contre l'homophobie." 

Les associations signataires espèrent donc surtout que cela facilitera la libération de la parole des victimes et le dépôt de plainte, pour appuyer des demandes concrètes. "Si les chiffres des agressions déclarées sont en augmentation l'an prochain, c'est qu'on a bien fait notre travail, conclut Bruno De Maria. C'est un travail de longue haleine, on ne viendra pas à bout de l'homophobie demain. Mais avec plus de données, on pourra mieux agir, mieux prendre en charge les victimes, et mieux condamner les agresseurs." "Plus aucun cas ne doit rester impuni", déclarait d'ailleurs le président de Lyon Métropole, David Kimefeld, en conférence de presse.

 

Crédit photo : Unsplash


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