boris johnsonBoris Jonhson enterre la réforme pour faciliter le changement d'état civil des personnes trans

Par Timothée de Rauglaudre le 15/06/2020
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Le gouvernement britannique de Boris Johnson s'apprête à abandonner la réforme du changement d'état civil. Une conséquence de la polémique autour de J.K. Rowling ?

Un geste politique qui pourrait "alimenter la guerre culturelle qui sévit en Grande-Bretagne", d'après le Sunday Times. L'hebdomadaire britannique a révélé dimanche 14 juin que le gouvernement de Boris Johnson avait abandonné la réforme visant à faciliter le changement de sexe à l'état civil des personnes transgenres. Connue sous le nom de Gender Recognition Act, lancée sous le gouvernement de Theresa May, la réforme devait lever l'obligation faite aux personnes trans de fournir un diagnostic médical pour modifier leur certificat de naissance.

Le Premier ministre conservateur prévoit également de "protéger" les espaces réservés aux femmes, tels que les refuges ou les toilettes publiques, afin d'en empêcher l'accès aux personnes ayant des organes génitaux masculins, même si ces personnes s'identifient comme des femmes. La ministre des Femmes et des Égalités doit prochainement publier les résultats d'une consultation qui a débuté en octobre 2018 qui a reçu environ 100.000 de réponses avec 70% de votes en faveur de "l'autodétermination" des personnes transgenres dans leur processus de changement d'état civil.

Interdiction des "thérapies de conversion"

Cependant, selon des responsables gouvernementaux, les résultats auraient été "faussés" par une "avalanche" de réponses générées par des groupes de défense des droits des personnes trans. Par le passé, Liz Truss avait déjà formulé des positions controversées sur les droits des trans qui faisaient craindre à certains pour l'avenir du Gender Recognition Act. Comme le racontait le site d'information LGBT+ PinkNews, elle avait ainsi affirmé que les personnes transgenres devaient être "libres de vivre leur vie" tant que "les freins et contrepoids appropriés" étaient maintenus, avant de s'engager à "protéger les espaces unisexes pour les femmes et les filles".

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Des déclarations qui lui ont valu d'être accusée de relayer des arguments de TERF ("féministes radicales excluant les trans"), ce mouvement anglo-saxon qui considère que les femmes transgenres ne sont pas des trans. Ce mouvement a encore fait parler de lui récemment à la faveur de nouvelles sorties transphobes de la célébrissime écrivaine J. K. Rowling, condamnées par la suite par des acteurs de Harry Potter et des Animaux fantastiques. Maigre consolation, le gouvernement de Boris Johnson prépare parallèlement, toujours d'après le Sunday Times, l'interdiction des "thérapies de conversion", comme s'y était engagée Theresa May en juillet 2018. Et espère ainsi "apaiser" la communauté LGBT+, selon une source gouvernementale. La carotte et le bâton, donc.

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Crédit photo : Kuhlmann/MSC/Wikimedia Commons