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Philippe Corbé : « Sans Roy Cohn, Donald Trump ne serait pas ce qu’il est devenu »

« Un personnage cruel, méprisable et retors. » C’est en ces mots que Philippe Corbé, correspondant de RTL aux États-Unis, décrit celui à qui il consacre son dernier livre, Roy Cohn, l’avocat du diable (Grasset). À paraitre le 9 septembre en librairie, trois ans après J’irai danser à Orlando.

Le diable, en l’occurrence, c’est Donald Trump. Cohn, celui « qui a tout appris » au président américain. Son ancien mentor, avocat et ami, conseiller des grandes oeuvres et des coups bas. Un homosexuel homophobe mort des suites du sida en 1986, bras droit du sénateur McCarthy lors de la chasse aux communistes et aux homos du début des années cinquante. Une figure tutélaire sans qui Donald Trump ne serait pas ce qu’il est devenu. Le journaliste signe une biographie richement documentée et nécessaire, à deux mois de l’élection présidentielle américaine, pour mieux comprendre l’homme le plus puissant du monde.

Comment es-tu venu à t’intéresser à Roy Cohn ?

Il y a très longtemps, par la pièce Angels of America, de Tony Kushner. La pièce de 1991, dont j’avais vu vu l’adaptation en opéra, au théâtre du Châtelet à Paris, en 2004 ou 2005. Ensuite, j’ai vu aussi la série de HBO, dans laquelle Cohn était joué par Al Pacino et il dont il était là en quelque sorte le pivot. Je n’étais pas obsédé par lui, mais il m’avait fasciné. Je l’avais un peu oublié jusqu’au moment où je suis arrivé ici aux États-Unis, quelques jours après la déclaration de candidature de Donald Trump en 2015. Je connaissais Trump, comme tous ceux qui connaissent un peu l’Amérique, parce que c’est un personnage, et je connaissais sa connexion avec Cohn qui est régulièrement revenue pendant la campagne de 2016. Quelques semaines après son investiture, Trump a très vite été rattrapé par des affaires.

"Il y a eu ce jour où lors d’une réunion à la Maison Blanche il a explosé de colère, menaçant de virer son ministre de la Justice et a crié : « Où est mon Roy Cohn !? »"

Il y a eu ce jour où lors d’une réunion à la Maison Blanche il a explosé de colère, menaçant de virer son ministre de la Justice et a crié : « Où est mon Roy Cohn !? » Trump avait la rage d’être rattrapé par ces affaires, illustration à ses yeux d’une revanche des élites qui ne supportaient pas sa victoire. Dans cette explosion spontanée, on voyait que quelqu’un lui manquait, alors qu’on sait que Donald Trump est attaché à assez peu de gens. Dans sa colère, on aurait dit qu’il appelait sa mère ou son père à l’aide. Et puis, quand mon éditeur Charles Dantzig est passé à New York, alors que j’écrivais un autre livre sur lequel je n’avançais pas, il m’a dit qu’il fallait que j’écrive à propos de lui....


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