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Une conversation passionnante sur la danse, la langue, et l’Iran avec Sorour Darabi

Le/la danseur.se iranien.ne non-binaire s’invite à Paris avec Farci.e, une chorégraphie dans laquelle iel interroge la question du genre, en écho à son cheminement intime. Entretien.

En tant que personne non-binaire, Sorour Darabi préfère utiliser les pronoms il/elle ou "iel". Nous avons respecté son identité de genre dans cet entretien. 

Sorour Darabi a 30 ans. Iel est né à Chiraz, au sud de l’Iran, un berceau d’art et de poésie où la danse se révèle à iel au tournant de l’âge adulte. Après des années de pratique « underground », sentant sa créativité condamnée à une impasse, iel décide d’orienter sa trajectoire vers la France où iel intègre, à 23 ans, le Centre Chorégraphique National (CCN) de Montpellier.

Etabli.e dans l’Hexagone depuis cet envol, iel imagine en 2016 le spectacle Farci.e., à l’affiche de la fondation Lafayette Anticipations ces 23 et 24 septembre. Une performance solo entre introspection et sollicitation des regards où cette personnalité charismatique transforme son corps en vecteur de questionnements. Juste avant son entrée en scène, entretien avec un.e artiste transgenre pour qui l’identité, comme la danse, ne se conçoit que dans le mouvement. 

Comment est née l’idée de placer la question du genre au cœur de ce spectacle ? 

Le farsi, ma langue maternelle, n’assigne pas de genre aux personnes, aux objets ou aux idées. Contrairement à la vôtre, elle n’impose pas de se définir en fonction du masculin ou du féminin. Cette différence que j’ai trouvée très frappante a suscité en moi beaucoup de réflexions. Lorsque j’ai commencé apprendre le français, je résidais encore en Iran. Tant que cette nouvelle langue restait abstraite dans mon quotidien, il y avait quelque chose de plutôt drôle dans le fait de se dire : « Tiens, une table est du genre féminin. Pourquoi ? On ne sait pas… » ...


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